"Jacqueline Sauvage" sur TF1 : Un téléfilm fort, engagé et sans nuance

Partager l'article
Vous lisez:
"Jacqueline Sauvage" sur TF1 : Un téléfilm fort, engagé et sans nuance
Bande-annonce de "Jacqueline Sauvage : C'était lui ou moi" © TF1
En s'emparant de l'affaire Jacqueline Sauvage, TF1 propose ce soir un téléfilm militant.

Quand l'une des affaires judiciaires les plus médiatisées de ces dernières années devient une fiction télévisée. Ce soir, à 21h10, TF1 proposera à ses téléspectateurs de suivre "Jacqueline Sauvage : C'était lui ou moi", téléfilm adapté de l'affaire judiciaire éponyme qui a fait grand bruit en France. Réalisé par Yves Rénier, ce film en 2x52 minutes est directement adapté de "Je voulais juste que ça s'arrête", l'ouvrage dans lequel Jacqueline Sauvage raconte les violences conjugales qu'elle a subies ainsi que la mort de son compagnon, abattu de trois coups de fusil dans le dos en 2012.

À lire aussi
"Hey le prolo ! Parler, tu sais ce que ça veut dire ?" : Quand le débat de BFMTV dérape complètement...
TV
"Hey le prolo ! Parler, tu sais ce que ça veut dire ?" : Quand le débat de BFMTV...
"Morbide", "navrant", "indigne"... : Catherine Deneuve flingue son "Un jour, un destin" et Laurent Delahousse
TV
"Morbide", "navrant", "indigne"... : Catherine Deneuve flingue son "Un jour, un...
"C'est pas une manifestation, c'est la guerre !" : Jean-Jacques Bourdin bouche bée face à la colère d'un auditeur de RMC
TV
"C'est pas une manifestation, c'est la guerre !" : Jean-Jacques Bourdin bouche bée...

Côté cast, c'est Muriel Robin qui prête ses traits à celle qui est devenue un emblème de la lutte contre les violences faites aux femmes. Condamnée deux fois à 10 ans de prison par des jurys populaires, Jacqueline Sauvage avait finalement été graciée par François Hollande en 2016. Se basant exclusivement sur le récit de celle-ci, TF1 épouse totalement sa vision dans ce téléfilm. Les magistrats sont prévenus : ce soir, c'est l'histoire de Jacqueline Sauvage par Jacqueline Sauvage qui est racontée. Dans une interview accordée au "Parisien", Muriel Robin, qui s'est mobilisée en impulsant notamment un appel pour défendre le droit à une "légitime défense différée", assume d'ailleurs "un film citoyen et militant".

De la nécessité de matérialiser la violence

Selon ses propres dires, la comédienne s'est d'ailleurs investie sans compter pour ce rôle. Et cela se voit. Douze ans après "Marie Besnard", Muriel Robin est méconnaissable, livrant une interprétation particulièrement forte de son personnage. En contraste avec la femme soumise qu'interprète la comédienne, Olivier Marchal incarne, sans demi-mesure, Norbert Marot, l'époux de Jacqueline Sauvage. Poivrot et bourreau, son personnage est monstrueux. Quant aux scènes de violences physiques et verbales, elles sont souvent insupportables à regarder.

Et c'est en cela que ce téléfilm est nécessaire. Il est indispensable de montrer la violence, de la matérialiser par l'image et le son et de marteler qu'en France, une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon. Comme le dit justement Muriel Robin dans "Le Parisien", "on n'en parlera jamais assez". Trois ans après "L'Emprise", qui racontait l'histoire d'Alexandra Lange, acquittée après avoir tué son mari alors qu'il la battait, on ne peut que se réjouir de voir la première chaîne s'engager à nouveau, par le prisme de la fiction, contre les violences faites aux femmes.

Le téléfilm décrit d'ailleurs remarquablement le phénomène d'emprise vécu par les femmes battues qui se murent dans le silence. Le combat des avocates, et la façon dont elles ont contribué à faire de Jacqueline Sauvage le symbole d'une cause, est également intéressant.

Une occasion manquée d'ouvrir le débat

La seule vraie réserve que suscite ce téléfilm, c'est son manque total de nuances. Les magistrats risquent ainsi d'être irrités par la représentation caricaturale donnée de l'institution judiciaire, à travers une présidente de cour d'assise et une présidente de cour d'appel manquant franchement d'humanité. En épousant le point de vue de Jacqueline Sauvage, TF1 laisse aussi de côté de nombreux aspects du dossier, quitte à transformer la réalité. Par exemple, Jacqueline Sauvage s'est contredite à plusieurs reprises devant les gendarmes, ce qui n'apparaît pas dans le téléfilm. Elle n'a pas non plus découvert durant son procès que ses filles avaient été violées par leur père, contrairement à ce que montre la fiction.

Il aurait ainsi été plus juste de représenter le personnage fictif de Jacqueline Sauvage avec la part de nuances du personnage réel qui était par exemple, décrit comme froid et antipathique par certains jurés lors des deux procès d'assises, comme l'ont souligné plusieurs documentaires ainsi qu'un ouvrage sur l'affaire.

TF1 fait corps avec l'émotion de l'opinion publique

Prendre l'affaire dans sa globalité, sa complexité et sa réalité concrète, n'aurait rien enlevé à la gravité des faits de violence subis par Jacqueline Sauvage. Car cette histoire ne raconte pas que cela. Elle pose aussi une vraie question de société, occultée par TF1 et son parti pris de faire corps avec l'émotion suscitée dans l'opinion publique par cette affaire. Peut-on se faire justice soi-même ? Le cas de Jacqueline Sauvage, victime et coupable à la fois, doit ouvrir ce débat. Dommage que le téléfilm de TF1 ne le fasse pas.

À noter que ce téléfilm sera justement suivi à partir de 23h d'un documentaire baptisé "Jacqueline Sauvage : Victime ou coupable ?", produit par Elephant.

commentaires
Veuillez désactiver votre bloqueur de pub (Adblock) pour ce site afin d'afficher l'intégralité des commentaires et en publier.
walter

C'est vrai qu'on pourrait avoir de plus en plus tendance à acheter des pulls à une seule manche.
Eh bien pas moi et je continuerai à écrire tous ces cas, pas si particuliers que ça, avec un s et tant pis si ça choque certains yeux ou certain oeil parce qu'il faut aussi penser aux borgnes. ;)



Solal

Un crédit sans AUCUN intérêt vu qu'il n'y en a pas
Un pull sans aucune manche
Être sans nulle nouvelle de sa famille
Un téléfilm sans aucune nuance
Oui... Moi perso ça me semble très laid "sans + (.)s"



Solal

Je trouve ça d'une laideur sans nom (ou sans noms? mdr)



Eyacoulator

Et voilà, carton : près de 8 millions de téléspectateurs.



Nonos

Cela semble très logique, pour autant la règle est beaucoup plus nuancée.
Si vous ne voulez pas vous tromper, il faut écrire "un crédit sans aucun intérêt", sinon, il faut mettre un mettre un "s". Idem pour sans manches, etc...



walter

Pour l'audience, sans doute, pour la crédibilité, non, pas pour moi.



Nonos

Simplement parce que Muriel Robin, très "bankable" en télé, est une sacrée caution pour l'audimat.
Une "actrice anonyme" aurait été une erreur.



walter

Pas sûr d'avoir compris "rien ne s'accorde". Tu veux dire qu'en aucun cas, on ne doit marquer un pluriel après "sans " ?
Et que donc tu écris "Un crédit sans intérêt", "Un pull sans manche", "Être sans nouvelle de sa famille", "Un téléfilm sans nuance"... ?



Ysabel

faux sur toute la ligne !



Ysabel

C'était vraiment très bien ! Je regarde rarement ce que propose la télé le soir, mais là j'ai fait l'effort, et je ne l'ai pas regretté..... mention spéciale pour Muriel Robin qui a très bien tenu le role, très juste.



Solal

La règle est qu'après sans, rien ne s'accorde. Tout simplement parce que "sans accord" signifie "sans aucun accord", "sans nul accord qui soit". "Sans difficulté" = "sans grande difficulté".



Guillaume Pau

"Elle n'a pas non plus découvert durant son procès que ses filles avaient été violées par leur père, contrairement à ce que montre la fiction." Faux!! Ce n'est pas ce qui est dit dans le téléfilm!



Mario Mario

Je me suis dit la même chose. Bravo à Ozap. Peut-être est-ce en regardant le documentaire d'Elephant que Pierre 2.0 (bravo aussi à Baudouin) a découvert un contre champ ?



tout_le_toutim

Je veux bien regarder... J'espère qu'elle nous refera son sketch de l'addition.



Bernard59

#metoo



manubr11

Oui pour un film sur ce sujet
Non pour s'inspirer de ce cas précis qui est sujet à toutes les controverses puisqu'il n'y a aucun élément matériel de circonstance atténuante ...
je vous conseille de lire en ligne l'article le culte des coupables innocents de Régis de Castelnau. Vous apprendrez la réalité de ces 2 procès et pourquoi elle a été condamné par 2 fois à 10 ans sans réel circonstances atténuantes.
Rien de moi l'idée de dire qu'elle n'a rien subi , mais les faits sont que le dossier est vide et qu'il faut la croire sur parole.



LeMoi

C'est surtout ce que fait F2 dans ce genre de cas ;)



MauriceO

MASH sur Arte ce soir.



MauriceO

Et ben, du coup le ramdam est moins fort ?



Rafael Diraz

Pas d'hommage à Charles Aznavour sur TF1, si j'ai bien compris...



Rafael Diraz

Bugier, il est pas plutôt sur la 2 ?



caline27 35

sans moi!



REDJOHNLEROUGE

Peut être mais moins que prévu à cause de la disparition d'Aznavour. France 2 déprogramme sa série US pour une soirée Aznavour



REDJOHNLEROUGE

Ramdam à cause du mouvement MeToo et l'intéret enfin de Schiappa sur les violences conjugales.



bigtv

Tous ces horribles faits divers qui deviennent des films ds le but " d’éduquer " le public , sans moi merci , je n'ai pas besoin de voir des acteurs ( aussi bons soient ils ) interpréter des bourreaux , des victimes pour cerner le probleme .



comments powered by Disqus
Sur le même thème
l'info en continu
"Tous les voeux sont permis" : Eric Antoine fête Noël sur M6 le 26 décembre
Programme TV
"Tous les voeux sont permis" : Eric Antoine fête Noël sur M6 le 26 décembre
L'année médias 2018 vue par... Pascale de La Tour du Pin
Année médias
L'année médias 2018 vue par... Pascale de La Tour du Pin
C8 : Catherine Laborde fait un retour surprise à la météo
TV
C8 : Catherine Laborde fait un retour surprise à la météo
Article 13 : Accusé d'une "campagne de désinformation", Youtube se défend
Internet
Article 13 : Accusé d'une "campagne de désinformation", Youtube se défend
Audiences : BFMTV deuxième chaîne de France, nouveaux records historiques pour CNews, LCI et franceinfo
Audiences
Audiences : BFMTV deuxième chaîne de France, nouveaux records historiques pour...
"Acte IV" des Gilets jaunes : Plusieurs journalistes blessés à Paris
Presse
"Acte IV" des Gilets jaunes : Plusieurs journalistes blessés à Paris
Vidéos Puremedias