120 mn inside : "Le prime doit rester événementiel"
Ce soir, et pour la première fois, TF1 proposera en prime time une déclinaison de 50mn Inside présenté par Nikos Aliagas et Sandrine Quétier. Pour cette première, le magazine propose de revivre dix années d'actualité people à travers des témoignages de stars comme Isabelle Adjani, le clan Hallyday ou encore Yannick Noah. Entretien avec un des producteurs du programme, Guillaume Lacroix.
Guillaume Lacroix : On est surtout très fiers de se dire qu'on va décliner l'émission en prime pendant les fêtes, c'est juste génial. On a tous des souvenirs de famille et ça m'éclate de savoir qu'on fait un prime pour cette période de l'année. Après, on le voit aussi comme une récompense du travail accompli car l'émission marche bien. Après, on ne voulait pas passer en prime à n'importe quel prix. Ce qui était intéressant, c'est de se pencher sur la décennie : ça nous a permis d'aller chercher de grands témoins et de diffuser des documents exclusifs. On a voulu s'assurer que les stars nous parlent et parlent aux téléspectateurs. Dans ce prime time, il n'y a pas de spécialistes, comme le samedi soir, mais uniquement des stars qui nous parlent.
« C'est important que la déclinaison en prime time reste événementielle »
Et en plus des témoignages de stars, il y aura aussi des surprises en plateau.
On a fait un gros sujet sur la télé-réalité et on s'est intéressé au Loft et à la trajectoire de Loana qui revient sur son expérience. On s'est dit que ce n'était pas mal de réunir Loana et Benjamin Castaldi sur le plateau. Ce sont plus des clins d'oeil qu'autre chose.
Vous insistez sur l'aspect exceptionnel de cette émission. Vous ne voyez pas l'émission revenir de façon récurrente en prime time ?
Ce n'est pas à moi de vous le dire mais pour nous, c'est important que la déclinaison en prime time reste événementielle. Ca pourrait l'être à condition qu'on est tous les acteurs de l'année, toutes les personnalités qui ont fait l'actualité.
A la base, 50 mn Inside a une image d'émission people. Est-ce difficile de convaincre les personnalités de vous répondre ?
Non. On a développé de vraies relations de confiance avec beaucoup de gens. Ce qui est difficile, c'est qu'il faut s'y prendre longtemps à l'avance pour expliquer aux gens et s'inscrire dans leur agenda. Entre le sommaire qu'on avait imaginé en mars-avril et l'émission de ce soir, on a quasiment tout ce qu'on avait imaginé, donc on est plutôt contents de nous !
Certains choisissent même de vous parler comme Jean-Luc Delarue, pourtant rare en interviews.
Quand on l'a fait, ça s'est fait parce qu'on a des contacts avec lui, qu'on le connait et qu'il connait nos équipes. Ce qui est important pour nous à chaque fois, c'est que le contrat soit clair. Quand on parle à Delarue, on lui explique vraiment ce qu'on compte faire. Soit il dit oui et on y va, soit non. On est assez cash et des relations de confiance s'instaurent.
« L'autopromo est synonyme d'échec d'audience »
Et comment gérez-vous le fait de devoir parler de personnalités de TF1 dans l'émission ?
On le gère très bien. Si un animateur de TF1 fait l'actu de la semaine, on le fait. Si ça a un sens, on y va. Si c'est pour faire de l'autopromo, ça n'a aucun intérêt : ce n'est pas bon pour les gens et pour nous, c'est synonyme d'échec d'audience. Les téléspectateurs ne sont pas dupes.
Quand un animateur de TF1 est dans la tourmente, pouvez-vous travailler normalement, au risque d'égratigner une personnalité de la chaîne ?
On travaille très librement. Ce qu'on s'interdit de faire, c'est d'aller sur le terrain de l'atteinte à la vie privée. Nous n'avons eu aucun procès et n'avons jamais révélé un couple etc. Je n'ai pas le souvenir que la chaîne nous ait empêché de faire quoi que ce soit. Si la chaîne était interventionniste, ça se saurait et ça se verrait vite.
Il y a beaucoup de fantasmes autour de la presse people. Comme certains titres de presse, avez-vous recours à des informateurs ?
Pas du tout. On s'appuie beaucoup sur l'actualité de la semaine donc on n'en a pas besoin, d'autant plus qu'on n'est pas sur le terrain de la vie privée. On préfère avoir les gens concernés qui nous parlent plutôt que de sombres informateurs.
« On préfère avoir les gens concernés qui nous parlent plutôt que de sombres informateurs »
Au départ, vous présentiez l'émission avant de céder votre place à Nikos Aliagas. Pas de regrets ?
Aucun. Quand vous êtes attachés à l'émission que vous avez lancé, vous avez envie que ça marche. Entre Guillaume Lacroix que personne ne connait et Nikos, vous vous dites que c'est une vraie force pour l'émission. En plus, il a été adorable avec moi et on est devenus les meilleurs amis du monde. A l'époque, Sandrine Quétier était un peu moins connue qu'aujourd'hui et l'arrivée de Nikos nous a permis de commencer à pouvoir faire de grosses interviews de stars américaines... Ça nous a aidés à gagner en crédibilité.
Vous avez aussi produit 10H le mag qui s'est finalement arrêté. Quel bilan en tirez-vous ?
Très bon, c'est une super expérience. Je suis ravi parce qu'on a réussi à proposer une émission de qualité avec des budgets serrés. Je suis très fier du travail accompli et humainement parlant, on a gardé beaucoup de monde et notamment des journalistes qui venaient d'arriver, et qui ont fait 100 sujets ! Ils se sont améliorés fortement et on est heureux de les avoir à TF1 Production.
Le Parisien/Aujourd'hui en France en a fait un bilan moins glorieux en parlant de production low-cost et d'équipes surmenées...
Je remarque qu'ils ne nous ont pas demandé de nous exprimer. Ca me fait rire parce que ce n'est pas parce que vous avez des budgets serrés que vous faites une production low-cost : quand vous sortez six sujets inédits par jour d'une durée de six à huit minutes avec des interviews éclairées, une vraie qualité d'image, un habillage très poussé... On n'aurait jamais fait ça si c'était low-cost ! Quant au rythme de travail, il est intense quand vous devez produire quarante minutes d'images inédites par jour.
Les chaînes cherchent à renouveler le genre des variétés à la télévision. Réfléchissez-vous à de nouveaux formats et une façon de mêler le people aux variétés ?
On réfléchit intensément à ce qu'on pourrait faire. On a développé un vrai carnet d'adresses avec les stars et on réfléchit aussi avec elles vers quoi on peut aller. La clé de la réussite, ce sera la réelle implication des célébrités dans le programme. Après, je pense qu'on ira vers des choses hybrides qui vont peut-être réunir le magazine et le divertissement. On aimerait pouvoir proposer des choses en prime time.
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