
es temps sont durs pour les chaînes "historiques", confrontées à un effritement de leur audience avec l'avènement de la TNT et son cortège de nouvelles chaînes gratuites. TF1, France 2 et M6 souhaitent à tout prix conserver leur auditoire, surtout en soirée au moment où les téléspectateurs sont les plus nombreux et les espaces pubs très rémunérateurs.
M6 sur la voie de la reconquête
Ainsi, mise à part France 3 (avec son 19/20) et Canal+ (avec le succès historique de
Michel Denisot), chaque chaîne cherche à muscler son avant soirée, l'access prime-time. M6 semble avoir trouvé sa formule magique avec la programmation de deux nouvelles émissions depuis la mi-février. Ainsi, la semaine dernière,
Un dîner presque parfait et
100% Mag ont réalisé des audiences inédites depuis plus de 2 ans dans la tranche 18/20H.
Reste le pari de la tranche 19h50/20h40, une case sinistrée pour M6. Selon nos informations, la chaîne réfléchit toujours à l'installation d'un talk-show quotidien animé par un animateur emblématique et intégrant un journal télévisé d'un nouveau genre présenté par une journaliste.
France 2 : à la recherche d'un nouveau concept
Du côté de France 2, la succession de
Laurent Ruquier aiguise les appétits. Depuis l'annonce de l'arrêt de sa quotidienne, le tout-Paris médiatique est sur les dents… et sur les rangs.
Catherine Barma tout d'abord. La productrice de
Laurent Ruquier a l'expérience et la légitimité : c'est elle qui a permis à France 2 de redresser ses audiences en access après les échecs successifs de
Julie Snyder et de
Qui est qui ?. Mais selon nos informations, France 2 lui a notifié il y a quelques jours qu'elle n'avait pas retenu son projet de magazine porté par
Jean-Marc Morandini, journaliste sur Europe 1. Une information que nous a confirmée la principale intéressée ce matin.
Catherine Barma perd ainsi une source de revenus importante : la quotidienne de
Laurent Ruquier permettait à sa société "Tout sur l'écran" de générer un chiffre d'affaires de 18 millions d'euros. Elle pourra toutefois se consoler avec la production d'une nouvelle émission hebdomadaire présentée par
Frédéric Lopez,
Panique dans l'oreillette. Des spéciales d'
On n'est pas couché en prime time sont par ailleurs en discussions.
Parmi les autres projets, on retiendra le challenger :
Christophe Hondelatte avec son producteur fétiche, Christian Gerin. Le duo, à l'origine de
Faites entrer l'accusé, l'un des plus grands succès de France 2, travaille sur un nouveau magazine mêlant actualité et divertissement à l'image de ce que peut faire
Michel Denisot chaque soir sur Canal.
Stéphane Bern, produit par Jean-Louis Remilleux, a lui aussi déposé un projet mais son échec l'été dernier dans cette case, refroidirait les cadres de la chaîne publique.
Enfin, la chaîne publique pourrait opter pour une solution de facilité en programmant un jeu, format plus facile à déprogrammer en cas d'échec d'audience. Selon
Le Journal du Dimanche,
Nagui ferait figure de favori mais la chaîne prendrait le risque d'user un animateur déjà présent au quotidien.
Patrick Sébastien aurait aussi été consulté. A moins que France 2 ne crée la surprise en débauchant un animateur vedette du privé. Hypothèse plus difficile à envisager en ces périodes d'économies.
TF1 veut muscler son access
Quant à TF1, la chaîne n'entend pas laisser les audiences de son access poursuivre leur érosion. La Une prépare ainsi activement sa grille de rentrée pour inverser la tendance. Depuis
Star Academy et
La Cauetidienne, la case du 18/19H connaît quelques difficultés.
Un contre 100 est ainsi talonné par
Un dîner presque parfait et est largement battu sur le terrain des ménagères de moins de cinquante ans. Plus alarmant, son jeu
Qui veut gagner des millions ?, considéré pourtant comme une valeur sûre de la chaîne, commence lui aussi à montrer quelques signes de faiblesse, notamment sur cette fameuse cible des ménagères de moins de cinquante ans, une cible très prisée par les annonceurs.