Alexandre Ruiz (beIN Sports) : "L'arbitrage vidéo sera la grande surprise de cette Coupe du monde"

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Alexandre Ruiz (beIN Sports) : "L'arbitrage vidéo sera la grande surprise de cette Coupe du monde"
Alexandre Ruiz
Alexandre Ruiz © PANORAMIC
A l'occasion de la Coupe du monde de football en Russie, le journaliste de la chaîne sportive payante s'est confié auprès de puremedias.com.

puremedias.com au rythme de Moscou. A l'occasion de la Coupe du monde de football, qui se déroulera en Russie du 14 juin au 15 juillet, les personnalités de l'univers du ballon rond se confient pendant un mois pour parler du mythique tournoi de football et de leurs actualités à la télévision ou à la radio. Ainsi, Alexandre Ruiz, présentateur de beIN Sports, a répondu à notre sollicitation.

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Propos recueillis par Florian Guadalupe. Entretien réalisé le 12 juin.

Partie Coupe du monde

puremedias.com : Quel est votre meilleur souvenir d'une Coupe du monde ?
Alexandre Ruiz : J'en ai deux. Le premier est d'avoir été présent au Stade de France en 1998. J'étais volontaire pour l'organisation France 98 à Toulouse où j'étais en charge des traductions en zone mixte pour les langues hispaniques. J'étais à l'école de journalisme de Toulouse. Fort de cette expérience, avec les personnes en charge du site, j'ai eu la chance de trouver une place pour la finale. Je me souviens que cette place était dans le box de la télé suisse. J'ai donc pu voir il y a 20 ans cette grande finale magique France/Brésil. Le deuxième souvenir est peut-être plus propre à ma profession. C'est celui de la campagne sud-africaine en 2010. C'était un road-trip fantastique. Je bossais à ce moment pour Europe 1. Je commentais tous les soirs l'affiche de 21h. L'Afrique du Sud est un pays très vaste. Les radios n'ont pas forcément les moyens des télévisions. On se baladait dans tout le pays en voiture, en train, en coucou, en camion. On trouvait des moyens pour rejoindre les sites. Pour une première Coupe du monde en Afrique, moi qui suis né en Afrique, et y voir en plus l'Espagne sacrée - car j'ai la double nationalité -, ça a été un sacré moment.

Ils ont dit
"L'arbitrage vidéo sera la grande surprise de cette Coupe du monde"
Alexandre Ruiz

Quel est le plus mauvais souvenir ?
Je vais vous le dire avec un rictus, car ce n'est pas vraiment un mauvais souvenir. C'est toujours lors de cette aventure sud-africaine. On devait rejoindre point par point les sites avec les moyens de locomotion. Une fois, j'ai pris une voiture de location pour faire une grande distance. Le volant est de l'autre côté en Afrique du Sud. La voiture doit aussi être de l'autre côté de la route (rires). Ne connaissant pas certains us de certaines contrées, je roulais et je me suis fait arrêter par un faux policier. Il m'a dressé une fausse contravention. J'ai dû payer sur place cette fausse contravention avec tout ce qui me restait dans ma poche. C'étaient en fait de simples contrebandiers sud-africains. C'est certes un mauvais souvenir. Mais c'est un souvenir qui finalement balise cette aventure.

Quel joueur a marqué ce début de siècle ?
J'imagine que 90% des réponses que vous avez eues tournent autour de Messi et Cristiano. Je choisis Iniesta pour plusieurs choses. En premier lieu, pour ce qu'il est humainement. Je pense que le monde du foot, de la starification et de la communication amène malheureusement quelques écarts dans ce sport. Je trouve que c'est un personnage qui traverse les époques en gardant une attitude et une éducation que je trouve magnifique. Footballistiquement, si "France Football" l'a reconnu il y a peu, je pense que c'est quelqu'un qui méritait en ce début de siècle un ballon d'or. Ô combien de matchs énormes il a su marquer de son empreinte. La finale face aux Pays-Bas en 2010 est un bon exemple.

Qui sera la surprise pour cette Coupe du monde en Russie ?
La vidéo (rires). On n'en parle pas beaucoup, mais ça reste une grande attente. C'est quand même le grand chamboulement. C'est le premier grand tournoi de la planète avec cette nouveauté. Il y aura un avant et un après. C'est pour moi la grande surprise de cette Coupe du monde. Il ne pourra pas y avoir de protestation contre les décisions d'arbitre avec la vidéo. Il ne pourra pas y avoir d'usage de la vidéo de la part des bancs. Les gens vont parfois se regarder pour savoir si l'arbitre arrête le match pour une vidéo ou non. Des sélectionneurs ont demandé à leurs joueurs de finir leurs actions jusqu'au bout quand il y a un doute, car on ne sait jamais ce qui peut se passer.

Les Bleus peuvent-ils aller jusqu'au bout ?
La réponse est dans la question. C'est oui, parce que votre question est au conditionnel. Il n'y a pas de doutes. Ils peuvent. Dans un mondial qui se joue en sept matchs, tout peut se passer. Ca parait du discours bateau. Comme votre question est marquée par du conditionnel, la réponse est oui.

Partie Médias

Ils ont dit
"Je me sens privilégié"
Alexandre Ruiz

Comment abordez-vous cette Coupe du monde sur beIN Sports ?
Au top ! On est encore la seule chaîne sur le territoire français à proposer les 64 matchs en direct et en intégralité. Ce n'est pas rien. C'est une prouesse. On est arrivé sur la pointe des pieds en 2012, avec tout de suite l'Euro dans ce même type de conditions. Entre temps, on a proposé une Coupe du monde et un autre Euro, ce n'est pas rien ! Je me sens privilégié. Vous l'avez vu avec les dernières échéances des droits sportifs, aujourd'hui, tout est découpé, tout est compartimenté. Ca fait partie de l'évolution des droits télé. A date, ce type de grand tournoi, on peut encore le proposer sur beIN dans son intégralité. Je crois que l'abonné beIN est content. On marche pour eux. Je leur dis merci de leur fidélité.

Quelle sera votre place dans ce dispositif ?
Moi, je vais orchestrer la grande affiche du soir, le match de 20h. Ce sera comme lors des matchs de Ligue des champions. Il y aura l'expertise de ma petite brigade avec Robert Pirès, Marcel Desailly et entre autres Sony Anderson. Puis, on sera là, la cerise sur le gâteau, pour tous les matchs des Bleus. On analysera l'équipe de France avec notre expert guest, Arsène Wenger, qui sera à nos côtés, comme lors de l'Euro.

Outre les matchs de football, comment beIN Sports va se démarquer des autres chaînes en clair ?
On fait du 24 heures sur 24. Les autres diffuseurs officiels de la Coupe du monde ne le seront pas. Nous le serons. On va démarrer dès la matinale, avec le retour de "L'Expresso" présenté par Thomas Villechaize et Vanessa Le Moigne. beIN Sports proposera toute la journée du contenu avec l'escouade de reporters, une petite armée d'une vingtaine de journalistes, pour être au plus près des sélections. On aura l'émission spéciale pour l'Equipe de France, "beIN Bleus". Il y a aura également des émissions spéciales en mode Coupe du monde avec Claire Arnoux. Quelles sont les autres chaînes qui proposent du 24 heures sur 24 aujourd'hui ? Aucune.

Ils ont dit
"Il reste encore des conflits animés dans les pays limitrophes à la Russie"
Alexandre Ruiz

Pour vous, il est nécessaire d'être sur une chaîne qui dispose des images pour suivre une compétition comme la Coupe du monde ?
Je ne me pose pas la question car nous avons les droits. Je suis sur le rythme de beIN depuis 2012 avec la disposition de ces droits, que ce soit pour l'Euro ou pour la Coupe du monde. La réponse est dans votre question. beIN est diffuseur, j'ai toujours eu accès à la diffusion en intégralité. On cherche surtout à donner la meilleure antenne possible à l'abonné pour qu'il trouve un produit de qualité à n'importe quel moment de la journée sur beIN Sports.

Lors de l'Euro 2016, vous aviez dénoncé les débordements des supporters anglais et russes. Avez-vous peur que ça se reproduise lors de la Coupe du monde en Russie ?
Les notions de peur et de crainte, on ne peut jamais les oublier. Ca fait aussi partie de ce métier, même dans le football. Nos équipes sont envoyées dans un pays avec certaines agitations politiques. C'est un pays très vaste avec notamment une histoire et un découpage géopolitique qui reste assez récent dans notre ère moderne. Il reste encore des conflits animés dans les pays limitrophes à la Russie et des conflits dans lesquels la Russie est elle-même actrice et impliquée. Il peut y avoir des choses qui pourraient se passer sur des plans géopolitiques. C'est à suivre. Maintenant, peur de ça ? Non, il faut être armé pour pouvoir informer en cas de débords qui sortent du cadre sportif.

Quel bilan tirez-vous de cette saison sur beIN Sports ?
Un très bon bilan. Il a été animé par une campagne européenne fabuleuse. Ce n'est pas rien, la Ligue des champions. C'est un exercice fantastique avec un travail d'équipe génial. Nous avons parcouru tout le continent européen avec une équipe soudée depuis plusieurs années, Robert Pirès, Marcel Desailly, Sony Anderson, Jean-Pierre Papin, et entre autres Daniel Bravo. On est devenu une sorte de petite famille. C'est sincère. Quand on sait que l'un n'est pas bien, on peut se reposer sur l'autre.

Ils ont dit
"La perte de la Ligue des champions n'est pas une bonne nouvelle"
Alexandre Ruiz

Retenez-vous un moment marquant de cette saison en tant que journaliste sur beIN Sports ?
Les moments qui me marquent toujours, ce sont les moments lors des avant-matchs - on a une position particulière sur les bords de la pelouse - où les joueurs coupent un échauffement de Ligue des champions pour venir nous saluer et nous passer un petit mot. Ce n'est pas rien. On est à 30 minutes d'un match de Ligue des champions et les gars viennent prendre le temps de vous saluer deux minutes. Il y en a eu beaucoup des moments comme ça.

Sur beIN Sports, vous présentez les grandes émissions des soirées européennes, mais vous endossez également le costume d'intervieweur. Quelle fonction préférez-vous ?
Les deux m'animent. Je ne vois pas mon métier comme un vrai métier. Je m'accomplis par mon travail. Je trouve cet accomplissement par ces soirées que je présente et où j'ai la chance d'être le maître d'orchestre. Mais j'aime aussi me retrouver en face d'un interlocuteur et échanger avec lui sur sa vie. J'adore ça. Mais je ne peux pas mettre l'un au-dessus de l'autre. C'est une complémentarité.

Parlons de la saison prochaine. Serez-vous toujours sur beIN Sport à la rentrée ?
Aujourd'hui, le 12 juin, je vous réponds oui. La rentrée s'annonce intéressante avec le "Game of the Week" et les matchs européens du week-end où on retrouvera les championnats d'Espagne, d'Italie, d'Allemagne, de la Turquie et de la France également. On offrira des affiches de folie. Autour de ça, on verra ce qu'on pourra faire. On sera là à la rentrée.

RMC Sport diffusera les compétitions européennes à la rentrée. Est-ce que ça ne sera pas un handicap pour votre chaîne de ne plus disposer de ces droits ?
Non, le terme handicap est lourd de sens. Quand beIN Sports est arrivé sur la scène nationale, on ne nous a pas annoncé un brillant avenir ou quelque chose de très bon. Six ans sont passés et aujourd'hui, beIN est devenu une marque. Les gens m'interpellent parfois dans la rue en disant "Monsieur beIN", c'est marrant. Effectivement, la perte de la Ligue des champions n'est pas une bonne nouvelle. Mais il faut avoir des moments plus difficiles pour se relancer et continuer la construction. Aujourd'hui, on va continuer avec le portefeuille de droits de beIN qui est quand même très cohérent, avec le foot français, espagnol, italien, allemand et turc. On y ajoute les coupes d'Angleterre et tous les autres sports qui sont à l'antenne. La NBA est un sport de fou furieux, c'est fantastique. On a aussi la natation, le tennis, le handball, la NFL, le rugby. Il y a beaucoup de choses quand même. Oui, c'est un coup dur. On ne va pas se cacher derrière des faux-semblants. Mais ça permet de rester en veille. Puis aujourd'hui, il y a une particularité. Les droits sont de plus en plus courts. Les cycles vont vite. Dans peu de temps, les droits seront sur la table. On rediscutera et on repartira à la bataille.

Ils ont dit
"J'aime bien ce nouveau découpage de la Ligue 1"
Alexandre Ruiz

Comment jugez-vous le résultat pour beIN Sports de l'appel d'offres de la Ligue 1 ?
Bon. On a deux affiches de qualité. J'aime bien ce nouveau découpage avec ces matchs ainsi répartis. Offrir cette soirée du samedi soir, ça sera pas mal du tout. Il y aura aussi ce dimanche, avec le match à 17h qui viendrait en premier tempo d'une belle soirée. Dans la continuité, on aurait un match étranger de qualité avec le Real, le Barça, la Juve, le Bayern, Milan et compagnie. Je pense que ça a de la gueule. Je trouve que pour beIN, c'est un bon positionnement. Puis, il va se passer beaucoup de choses d'ici à deux ans, avec les autres acteurs présents dans cet achat que ce soit le nouvel arrivant Mediapro ou nos amis du groupe Canal, qui aujourd'hui en sont délestés mais qui seront certainement dans des négociations.

Vous avez été journaliste à la radio. Est-ce que vous aimeriez en refaire à la rentrée ?
J'ai toujours aimé la radio. J'ai été élevé à la radio espagnole. Je ne vivais pas en Espagne mais j'étais empreint de cette culture-là. C'est une musique qui a bercé mes oreilles. Mon aventure sur Europe 1 avec Alexandre Bompard m'a offert une richesse incroyable, notamment sur le plan humain avec Michel Drucker, Marc-Olivier Fogiel, Jean-Pierre Elkabbach. Ces trois années et demie à Europe 1 m'ont apporté énormément professionnellement. Elles m'ont conforté dans cet amour que j'avais de la radio. C'est un média qui m'a toujours attiré. Donc, à suivre !

Avez-vous été approché par Europe 1 ?
Non, à date, rien de précis là-dessus.

commentaires
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guilem2

regardez l'URL ^^



guilem2

Hahhaha mais on le voit toujours sur le lien du coup.



Super Power

Quel était le titre original ?



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