Axel Duroux : « RTL est en phase avec les attentes de ses auditeurs »
Axel Duroux
RTL, première radio de France sans aucune restriction. La station généraliste a retrouvé son leadership sur tous les critères de mesures. Pour imédias, Axel Duroux, le président du directoire du groupe RTL, revient sur les raisons de ce succès. Entretien inédit.
Aujourd’hui, le programme est devenu cohérent avec l’image de ce qu’a toujours été celle de RTL. Je ne dirais pas qu’il ne l’était pas mais il s’était peut être un petit peu étiolé. On est revenu à l’essentiel : c’est un renouveau par les fondamentaux que sont l’information, le divertissement et la proximité avec l’auditeur. Ce sont les principaux vecteurs de l’image de RTL. Philippe Labro avait une très belle image, il disait que RTL, c’était « Rire, Tendresse et Liberté ». Le rire, le divertissement ; la tendresse, l’approche car RTL n’est pas une radio qui agresse les auditeurs mais qui est au plus proche d’eux et la liberté, c’est l’indépendance. La parole est libre sur RTL.
En matière d’information, une des innovations a été l’interactivité comme avec le succès de « RTL Matin ».
En fait, toute la grille progresse. Le matin est très bon mais nous sommes leaders quart d’heure après quart d’heure de 5h à 14h30 et de 15h30 à 18h45. Et il ne faut pas réduire l’information à l’intéractivité, qui a toujours été assez présente sur RTL. Il y a aussi la structure de la grille du matin avec deux animateurs principaux dont Christophe Hondelatte, la validation de Laissez vous tenter à 9 heures qui marche très bien, Julien Courbet ensuite qui démarre plus tôt… C’est une grille où les passages de témoins sont beaucoup plus fluides.
Vous pensez donc que c’est un véritable renversement de tendance ou un agréable effet de curiosité qu’il va falloir consolider ?
Il n’y a pas d’effet de curiosité. La radio est un média d’habitude donc l’effet de curiosité dure deux heures et les gens passent à autre chose. Je pense qu’on est en phase avec les attentes qu’avaient les auditeurs de RTL. Après, il y a un petit bouche à oreille qui est né et qui nous a permis d’obtenir de nouveaux auditeurs. Je pense vraiment que c’est une grille en adéquation avec l’image de RTL.
Ça veut donc dire qu’il y avait des choses l’an passé qui ne correspondaient pas à l’image de RTL ?
Oui mais ce n'est pas spécifique à l’an passé. Avec le temps, il y avait peut être un besoin de renouveau et on l’a fait à partir des fondamentaux de la station.
Le renouveau a consisté à allonger les grands succès de la marque…
Oui et toute notre campagne repose sur « Plus de RTL ».
Et malgré le tapage médiatique, il n’y a pas eu d’effet négatif après le départ de Nagui. Ça vous conforte dans votre choix, il ne faisait plus partie des piliers ?
Je ne personnaliserai pas. C’est la vie d’une station que des animateurs arrivent et repartent. Je n’ai absolument aucune inimitié particulière, et encore moins RTL, vis à vis de Nagui. C’est un animateur qui a eu une longue carrière à RTL et il fait partie de l’histoire de cette maison et je lui rends totalement hommage. En l’occurrence, on n’a pas réussi à s’entendre au moment de la constitution de la grille et ce sont des choses qui arrivent. Aujourd’hui, ce n’est plus le problème. On avait fait un choix et à cette heure là, on voulait quelque chose qui soit plus en rapport avec la tranche d’infos. Ce n’était pas destiné contre Nagui mais destiné pour quelque chose, c’était un choix de programme.
Après ces résultats, quelles sont les tranches qui sont par contre à améliorer ?
Franchement et sans langue de bois, il n’y en a pas beaucoup. Presque tous les clignotants sont au vert. C’est la grille en elle-même qui est montée, un seuil a été passé à tous les niveaux. On a des croissances partout et parfois même à deux chiffres comme sur Les auditeurs ont la parole, la première heure et demie de Julien Courbet… On refait le monde de Nicolas Poincaré marche très bien aussi. Et je ne parle pas des « Grosses têtes » : la demie-heure supplémentaire enregistre + 45% d’audience. Il n’y a pas de point noir et on est plutôt sur une dynamique très positive.
RTL a 40 ans et pendant longtemps, on a assisté à un affrontement frontal avec Europe 1. Aujourd’hui, Europe 1 accuse une forte baisse d’audience. Qui est votre concurrent aujourd’hui ?
Quand on est leader, je pense que toutes les autres radios sont des concurrentes. Après, si je regarde aujourd’hui le premier concurrent généraliste, c’est plutôt France Inter. Mais on ne travaille pas comme ça ne serait-ce que parce que la radio est leader et a un tel niveau d’audience. Ce qui est spectaculaire, c’est qu’on ait repris le leadership en audience cumulée mais on a toujours ce leadership très fort en part d’audience. C’est pour nous le principal et je vous le dis aujourd’hui alors qu’on est redevenu leader en audience cumulée. L’audience cumulée n’est ni pour nous, ni pour le marché, le critère le plus significatif. La question est donc plutôt de savoir comment maintenir cette part d’audience vis à vis des autres. Il y a bien évidemment des radios émergentes comme RMC mais ils sont encore très loin de nous. On regarde bien évidemment ce qu’ils font, ce que fait Europe 1 ou France Inter mais on ne peut pas se caler sur des concurrents qui sont derrière nous. On se cale sur nos propres performances : nous sommes en tête et nous devons tenir jusqu’à la ligne d’arrivée.
Dans le reste du groupe, Fun Radio enregistre également une forte progression…
C’est d’autant une grosse progression quand on voit les performances des autres musicales. C’est une progression constante pour Fun car elle avait déjà progressé l’an passé. Il y a un vrai travail de fond et le programme musical porte ses fruits.
Vous estimez que Fun a réussi aujourd’hui à se repositionner, à se retrouver une identité ?
Oui. Je pense qu’on tire aujourd’hui les fruits d’un travail souterrain sur la programmation et l’identité musicale de la station qui s’était peut être un peu perdue.
Et Fun Radio, c’est aussi plus de starification avec l’arrivée de Jamel…
Quand on sait qu’il a eu mercredi soir 10 minutes d’ovation au concert de Diam’s, on voit qu’il est quand même le symbole d’une génération, celle de Fun. Je pense qu’il va y avoir une adéquation entre son discours et ce qu’il va faire sur l’antenne et les attentes des auditeurs. Pour nous, c’est plus qu’un événement d’image mais c’est vraiment un plus de contenu. Je pense que ça va attirer de nouveaux auditeurs vers Fun.
Après ces bons résultats, quel est l’objectif de la saison ?
Ça va être de ne pas baigner dans l’euphorie. Je me méfie beaucoup d’une sorte de paresse intellectuelle : chaque époque est différente et les sondages se suivent et ne se ressemblent pas forcément. Il y a un élément fédérateur pour l’équipe et une sorte de fierté retrouvée pour cette maison. J’en suis particulièrement heureux pour tous les gens qui m’entourent et RTL. Il va falloir essayer de transformer l’essai. C’est un objectif et ce ne sera sans doute pas facile : maintenant qu’on a montré qu’on l’avait fait, les concurrents vont réagir. Néanmoins, je pense que c’était important de montrer qu’on pouvait le faire car ce n’était pas forcément le sens de l’histoire.
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