Bandes-annonces : comment titiller un spectateur en 5 leçons
Un buzz créé à partir d'une simple bande-annonce de qualité, une méthode toujours efficace pour faire monter la tension avant la sortie d'un film. Les films d'horreur sont experts dans le genre, et Rec, sorti il y a quelques jours, n'a pas dérogé à la règle. Mais avant lui, et dans d’autres styles, beaucoup ont tenté l’originalité, avec plus ou moins de succès. Rétrospective.
En 1980, Stanley Kubrick tente le trailer minimaliste pour The Shining. Un plan fixe sur un couloir et des ascenseurs au bout, une musique effrayante et un bruit sourd et entêtant. Quelques informations essentielles qui défilent, et la tension qui monte. Quand la minute trente de bande-annonce est passée et que le spectateur voit l'écran submergé par le sang s’écoulant de l’ascenseur, il ne sait rien de l'histoire du film. Il ne connaît que son réalisateur, son titre, et son acteur principal. Suffisant pour qu'il cherche à en découvrir plus.
Le concept du film était original, la bande-annonce devait l'être aussi. Le Projet Blair Witch, en 1999, avait réveillé les peurs des spectateurs avant même le début du film. Texte blanc sur fond noir résumant l'histoire de la bande vidéo trouvée, une voix effrayée, une image crade, un visage « so scared ». Là encore, on ne sait rien de ce qu'il se passe, mais quelque chose se passe. Moins on en dit, plus on veut en voir.
Malgré ces quelques exemples cités ici, les bandes-annonces se ressemblent souvent toutes. C’est ce qu’a compris H2G2 : le guide du voyageur galactique, en poussant la caricature jusqu’au bout. La bande-annonce du film est donc un mode d’emploi de la bonne bande-annonce, avec « présentation du héros », « une situation tellement incroyable qu’on n’a pas pu s’empêcher d’en faire un film », une « série d’explosions et des jolies files en bikini », commentée bien sûr par la voix grave d’un homme de 2 mètres 15 qui fume trois paquets de cigarettes par jour. Tout simplement.
New-York est attaqué ! Rien de bien étonnant, au cinéma. Mais par qui, par quoi ? La bande-annonce n’en dit rien. Elle passe en une seconde sur le nom du réalisateur (un inconnu) et celui des acteurs (là aussi fraîchement arrivés dans le giron d’Hollywood). Quand le producteur, J. J. Abrams, n’a que son nom et quelques images pour faire vendre un film, il joue le jeu jusqu’au bout et laisse planer le suspens. Non, vous ne saurez pas par quoi est attaqué New York dans cette bande-annonce, ni même qui sont les personnages et ce qu'ils font ici. Une seule information : tout explose.
Une salle de cinéma pleine, des spectateurs vus en infra-rouge et la peur. La peur qui se lit sur leur visage, leurs réactions angoissées et leurs expressions qui se figent à chaque rebondissement. On ne sait pas ce que montre cette bande-annonce de Rec, et pourtant, on regarderait bien le film.
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