Bérégovoy : le documentaire polémique sur France 3
La double mort de Pierre Bérégovoy
Ce soir France 3 diffuse un documentaire qui fait beaucoup parler tant le sujet qu'il évoque touche à l'affaire politique la plus mystérieuses de ces 15 dernières années. Dans [documentaire:3816], le journaliste Francis Gillery remet en cause la thèse officielle du suicide de Pierre Bérégovoy. Le 1er mai 1993, le corps de l'ancien Premier ministre est retrouvé au bord d'un canal dans sa ville de Nevers. Mais déjà à l'époque, des bruits circulent : Bérégovoy aurait été assassiné !
Une thèse vieille de 15 ans
Francis Gillery reprend l'enquête de zéro, se penchant plus sur la personnalité de [personnalite_ozap%]Pierre Bérégovoy[/personnalite_ozap%]. Un mois avant sa mort, il démissionnait de son poste de Premier ministre suite à la victoire écrasante de la Droite aux législatives. On le dit alors dépressif, il prend des médicaments, consulte un psy. Une affaire de malversations immobilières aurait fini par le pousser au suicide.
Un postulat que rejette d'office le documentaire de France 3. Déjà parce que des parts d'ombres continuent à masquer certaines évidences : des témoins auraient entendus deux coups de feu ; le corps semble avoir été déplacé ; deux hommes mystérieux qui empêchent les témoins de se rendre sur les lieux de l'accident ; la nature de l'arme. Francis Gillery reprend les thèses d'il y a 15 ans en apportant toutefois un nouvel élément au dossier. Le documentariste a en effet retrouvé le témoin direct des événements, Pascal Mornac ; témoin «gênant» puisqu'il n'avait jamais parlé auparavant.
Réunion de crise à France 3
Le documentaire, même s'il n'est pas le premier à démonter les nombreuses incohérences de l'enquête judiciaire, a fait réagir au sein même de la rédaction de France 3. Diffusé dans le cadre de la série documentaire [magazine%]Passé sous silence[/magazine%], la rédaction de la chaîne a décidé d'organiser une réunion de crise le 18 avril dernier. La direction a pris toutes les précautions nécessaires pour lever les interrogations d'une partie des journalistes : une batterie de juristes et d'avocats a été invité à valider les affirmations de l'enquête de Gillery.
Il faut dire que le sujet reste sensible, 15 ans après les faits. A la fin du mois d'avril, France 2 diffusait elle-aussi une contre-enquête sur «l'affaire Bérégovoy» dans Un jour, un destin. Le reportage faisait la démonstration de ce qui se révélait être des incohérences et expliquait pourquoi, par exemple, il y avait eu deux coups de feu : le premier était pour tester l'arme et le second aurait été fatal.
Ce qui est sûr, c'est que le mystère autour des affaires de politique et de meurtres fera toujours fantasmer des générations d'enquêteurs.
*[documentaire:3816], ce soir à 22h55 sur France 3.
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