
ier soir, LCI cassait son antenne à 21h20 pour annoncer la libération d'
Ingrid Bétancourt. Avant de réaliser la spéciale pour TF1 dès 22h35 avec
Patrick Poivre d'Arvor aux commandes. Interview de Laurent Drezner, directeur adjoint de la rédaction, qui nous raconte les coulisses de cette couverture médiatique.
Ozap.com : A quelle heure l'information a-t-elle été reçue à la rédaction, quelle en était la source ?
Laurent Drezner : L'AFP, comme souvent, entre 21h15 et 21h20. On a cassé l'antenne immédiatement, vers 21h20, et ce jusqu'à 1h30 du matin. Dans un premier temps, nous n'avions pas de confirmation de l'Elysée donc nous avons pris toutes les précautions qui s'imposaient à l'antenne.
La source principale d'information tout au long de la soirée, c'était la télévision colombienne ?
Plusieurs sources, dont les agences de presse. On a un canal de l'AP (Associated Press, ndlr) qui retransmet en direct les grands évènements d'actualité. Ils se sont connectés sur la télévision colombienne donc nous avons repris le flux des images qui montrait l'opération de la libération ou encore les déclarations du président Uribe et du ministre de la Défense.
Vous aviez un traducteur espagnol ?
Non, mais une jeune journaliste arrivée il y a un an, bilingue, a réussi à assurer la traduction simultanée. Elle n'avait jamais fait ça, je me suis assuré qu'elle pouvait le faire. Et finalement, c'était encore mieux qu'avec une traductrice : elle a réussi à avoir un ton journalistique. Et quand elle a parlé, notre journaliste a vraiment réussi à jouer
Ingrid Bétancourt. C'était parfait.
PPDA a pris l'antenne sur TF1 des studios de LCI dans la soirée, comment s'est mis en place le dispositif ?
De manière très simple et fluide. Vers 22 heures, la direction nous a informés que TF1 voulait faire une spéciale dans les studios de LCI. C'était une première, on s'est débrouillés pour rendre l'antenne quelques minutes avant la mise en place du nouveau plateau. Les journalistes et techniciens de TF1 sont arrivés pour nous fournir des images. Cela s'est remarquablement bien passé, nous avons utilisé les méthodes et les moyens de LCI pour cette spéciale. A 22h35, nous étions en direct sur TF1.
Un avant-goût de la fusion des rédactions entre TF1 et LCI…
Oui, cela tombait très bien dans le calendrier. Nous avons des méthodes différentes. Mais hier, on a prouvé qu'on pouvait faire un excellent travail ensemble.
Patrick Poivre d'Arvor a été exceptionnel, il a géré cette spéciale de main de maître.
La spéciale sur TF1 n'a pas duré jusqu'aux images de sa sortie de l'avion. C'était un choix de la direction de ne pas trop bousculer les programmes ?
Je ne sais pas. Au départ, nous n'avions prévu qu'un flash de 15 minutes sur TF1 ! Mais suite à l'annonce de l'intervention de Nicolas Sarkozy, nous avons décidé d'attendre. Et son allocution est arrivée assez tard, vers 23h15. Elle était enregistrée mais nous l'avons retransmise dans les conditions du direct.
Une équipe est toujours en veille pour traiter dans l'urgence ce genre d'évènement ?
Non, pas du tout. Tout le monde arrête ce qu'il est en train de faire, comme la préparation des journaux du lendemain. Tout le service étranger a rappliqué. Le rédacteur en chef, parti à 20h30, a été rappelé. Et toute l'équipe s'est mise en place naturellement.
Les invités ont-ils été difficiles à joindre ?
Non, nous avons fait ça essentiellement par téléphone. Il y a eu une phase de trois quarts d'heure où nous n'étions pas sûrs. Puis on a lancé nos demandes, nous avons une base de données de contacts énorme sur
Ingrid Bétancourt. Je demandais à mes journalistes de faire du travail de secrétaire, d'appuyer sur bis, bis, bis jusqu'à obtenir les personnes que nous cherchions à joindre ! Nous avons été ainsi les premiers à avoir l'ex-mari d'
Ingrid Bétancourt au téléphone.
Beaucoup de sujets sur Ingrid ont été diffusés dans la soirée : sur sa captivité, son parcours politique. Il s'agissait de sujets en boite prêts à être diffusés en cas de libération ?
Oui, c'est le cas dans toutes les chaînes. Nous avions un sujet en stock en cas de libération positive d'Ingrid. De son côté, TF1 en avait trois. Un a été remanié puis nous les avons diffusés.
Le retour d'Ingrid Bétancourt sur le sol français est imminent. Quelle va être selon vous sa stratégie de communication, une conférence de presse à l'attention de tous les médias ou une exclusivité pour une chaîne ?
Je n'en n'ai aucune idée, je pense qu'elle fera les deux, qui ne sont pas incompatibles. Mais elle devrait faire à son arrivée une conférence de presse commune à tous les médias.