Brüno : Un Borat sexy, moins naturel... mais toujours drôle
La salle est pliée en deux... En même temps, nous n'étions qu'une dizaine. Pour un premier soir, c'est assez peu. Brüno débarque sur l'écran. Premier sourire dispersé entre les rangs. Et puis, tout s'enchaîne. L'über-star autrichienne (« juste après Hitler ») nous présente son intimité. On pénètre alors dans sa vie de couple. La profondeur d'esprit de ce présentateur raté de l'über-talk le plus regardé dans les pays germanophones (« sauf en Allemagne ») nous fait même regretter les analyses financières de Paris Hilton.
Über-gay inégal
Le film/documentaire consacre d'ailleurs une trop grande partie aux frasques des stars américaines. De la recherche frénétique de cause humanitaire à défendre (« Bono a le Sida, Brüno aura le conflit israélo-palestinien ») à l'adoption d'un enfant africain « échangé contre un iPod U2 », Sacha Baron Cohen se moque (le mot est volontairement enfantin) des über-stars.
Le vrai sujet du film, la dénonciation de l'homophobie ordinaire, arrive beaucoup trop tard. La salle commence d'ailleurs à s'ennuyer... quand « enfin » Brüno décide de « devenir » hétéro. On découvre alors véritablement comment les « convertisseurs » américains s'y prennent pour « soigner » les homos. Edifiante aussi, terrifiante même, la scène finale où Brüno s'est convaincu d'être hétéro et le crie à une foule de l'Arkansas venue assister à un combat de boxe.
SBC arrive à stimuler la haine envers les homos. Elle atteint son paroxysme de folie furieuse... lorsqu'il retrouve son « assistant bof » et l'embrasse au milieu de l'arène. Bronca générale, cris de répulsion, les spectateurs quittent la salle, jettent tout ce qu'ils trouvent sur les deux hommes qui continuent à s'embrasser (coup de chapeau au passage à SBC et son acolyte pour leur courage), une chaise passe même à quelques centimètres d'eux...
Gène et rires...
Face à l'écran, on rit jaune. Certains sont même horrifiés devant une telle bêtise. En tout cas, on aurait préféré que la dernière scène soit la première et que le film commence et se cantonne à son but premier. On regrette également (mais cela aurait été encore plus dangereux certainement) que son voyage au Proche-Orient n'eut pas été l'occasion de dénoncer la condition des gays dans ces pays.
Quelques passages sont désopilants. SBC va parfois très loin dans l'humour. Mais pas forcément lorsqu'il interagit avec le « réel ». Peut-être Borat nous avait-il mal habitué...
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Infos plus ou moins essentielles, condensé de choses lues, vues ou entendues par la rédaction.
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