Quand la censure s'affiche au cinéma
"La Colline a des yeux 2".
A l’heure où la liberté d’expression semble être un droit acquis et où la censure a pris sa place dans les livres d’histoire, certaines affiches de film continuent de créer la polémique et se voient interdites, comme celles de La Colline a des yeux 2. Sexe, sang, trash, la provocation a toujours été utilisée pour faire parler des films. A cette occasion, ozap vous propose un tour d’horizon des affiches américaines que vous n’auriez jamais dû voir.
Sur celle-ci, un homme tirait un sac dont la forme montrait clairement qu’il contenait un corps humain. Oui mais voilà, une main en sort et s’agrippe au sol comme si l’homme était encore vivant. Un homme vivant ? Dans un sac ? Impensable pour une affiche visant à être placardée partout, le MPAA donna un avis négatif. Que faire, alors ? Retoucher l’affiche, changer la forme du sac et, pour bien comprendre tout de même qu’un corps est à l’intérieur, bien en distinguer la forme. Apparemment, le MPAA utilisa une nouvelle fois son pouvoir, puisque l'affiche disparut très rapidement de la circulation. Plutôt que de tomber dans la facilité et de montrer une famille de télétubbies mangeant des fleurs au soleil, les producteurs ont tenté le pari une troisième fois. L’affiche finale montra ainsi un homme tirant un sac difforme, duquel sortent des pieds n’indiquant aucun signe de vie. Tout est bien qui finit bien : le film a son affiche officielle, les autres circulent sur le net et alimentent la rumeur. Il n’y a plus qu’à compter les entrées.
Sexe, violence, religion : le trio gagnant
Même problème pour le Hostel 2 d’Elie Roth, qui a joué le même filon de la surenchère. Après un charmant étalage de boyaux sur la première affiche (pourtant plus subjective que vraiment effrayante), la seconde montrait une très jolie femme nue tenant… sa tête sous le bras. Le couperet est tombé à nouveau, et l’affiche devrait prochainement disparaître de la circulation. Quant à Saw II, les deux doigts coupés sur l’affiche promotionnelle n’ont pas été du gout de tout le monde. Le puissant organisme américain l’a aussi fait sauter. A côté de ça, une affiche pour le 3 a été réalisée en tirage limité à partir du vrai sang de son réalisateur et vendue au bénéfice du don du sang sans aucun problème. Du vrai sang, oui, des fausses tripes, non. Allez comprendre.
Et pourtant, les films d’horreur ne sont pas les seuls à voir leur campagne de promotion censurée. Autre affiche jugée choquante par le MPAA, celle de Road to Guantanamo, un film sur la célèbre prison américaine. Montrer un homme attaché, la tête encapuchonnée dans un sac, n’a pas vraiment été du gout de l’organisation de classification des films. En prétextant le fait que l’affiche évoquait la torture (et malgré le fait qu’il s’agisse du sujet du film), retour à la case départ. Un intelligent recadrage de la photo sur les poignets attachés du prisonnier a suffi à faire passer la pilule. Quant au film Les lois de l’attraction, la polémique a frisé le ridicule. Si l’affiche montrant de mignons petits nounours s’adonnant gaiement aux joies du sexe est passée inaperçue en France, la MPAA l’a fait interdire aux USA. Et même quand le réalisateur Roger Avary a essayé de la justifier en expliquant qu’ils «..faisaient du yoga..», la blague n’est pas passée.
Mettre en scène la religion, un vrai chemin de croix
Il y a d’autres cas où, si l’affiche passe entre les mailles des censeurs officiels, il n’en est pas de même pour les associations. Les mouvements religieux français n’hésitèrent ainsi pas à monter au créneau contre Larry Flint, de Milos Forman. L’affiche y montrait un homme portant un pagne aux couleurs de l’Amérique en croix sur… un string. Tout le paradoxe du cinéma moderne : comment faire un film sur la liberté d’expression et se voir censurer son affiche ? De procès en procès, Mylos Forma dut reculer pour ne pas choquer les associations confessionnelles et l’affiche qu’il utilisa pour la promotion fut changée pour la mise en salle. A la place, l’homme est «..juste..» bailloné par un drapeau américain. Le message est passé. Pour le Amen de Costa Gavras, l’Eglise a de nouveau fait frémir les sociétés de production. Le mix entre une croix gammée et une croix chrétienne a soulevé la polémique, mais n’a finalement pas été interdit. Que les réalisateurs se rassurent, la censure n’a pas toujours le dernier mot. Mais entre sexe, religion et violence, le trio n’a pas fini de choquer, la censure d’agir et les producteurs… d’en profiter.
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