
'électrochoc n'a pour l'instant pas eu lieu. Les retours de Jean-Paul Baudecroux et de Christophe Sabot aux manettes de NRJ n'ont pas permis d'enrayer la baisse des audiences des stations du groupe. Toutes abandonnent du terrain par rapport à la rentrée 2007 : NRJ perd ainsi 433 000 auditeurs, Chérie FM 295 000 et Nostalgie 340 000. Entretien avec Christophe Sabot, Directeur délégué en charge des médias musicaux du groupe NRJ.
Ozap : Quels sont les premiers enseignements des résultats pour NRJ ?
Christophe Sabot : Il y a plusieurs points. Tout d'abord, la matinale. Elle est un peu en retrait mais j'avoue que mes craintes sont en partie apaisées parce qu'il a fallu créer une matinale de toutes pièces en juillet dernier. Je m'attendais à un bilan un peu plus dur et que nous aurions une baisse plus complexe à gérer. Or, les quarts d'heure moyens, même s'ils sont en retrait, sont plutôt dans une phase de conquête à la vue des différents intermédiaires dont j'ai eu connaissance. Au final, l'exercice qui était extrêmement périlleux est, pour moi, en train de porter ses fruits. Très franchement, je m'attendais à avoir un recul d'audience beaucoup plus fort.
Sur les tranches musicales ensuite. Contrairement à Skyrock, nos tranches horaires ont beaucoup évolué. Nous avons tout changé. Inévitablement, la part de risque que j'avais largement annoncée comportait la possibilité d'avoir un recul. Enfin, au regard des différents intermédiaires, je dirais que NRJ a démarré la saison de façon assez basse mais qu'au fil des semaines, les audiences ont progressé. Nous sommes en train de nous repositionner et de nous reconstruire. J'ai traité une station malade de manière extrêmement violente tout de suite pour n'avoir, après, qu'à faire des ajustements.
Allez-vous remettre en cause votre stratégie ?
Non, je ne bougerai rien. Que ce soit pour la matinale, le choix des animateurs ou le positionnement musical, je ne changerai rien. Nous avons totalement confiance en notre stratégie. Notre travail sur la stratégie musicale de NRJ nous montre que nous sommes dans le bon sens. Simplement, le fait d'avoir autant de mouvements dans notre grille a clairement déstabilisé les auditeurs dans un premier temps. Mais je pense que nous entrons dans une période de re-stablisation parce que nos auditeurs ont retrouvé des repères.
Bref, vous demandez du temps...
Non. J'ai pour habitude d'assumer mes résultats et de ne pas fuir mes responsabilités. Simplement, si on me demande pourquoi je ne suis pas au même niveau qu'à la rentrée 2007, je vois simplement que Fun Radio et nous avons perdu nos deux matinales qui sont allées sur Virgin Radio. Je vois que la matinale de Fun et la nôtre sont moins fortes que les précédentes. Clairement, nous sommes deux maisons qui doivent reconstruire nos matinales. Je vois aussi que l'effet attendu sur la matinale de Virgin Radio n'est pour l'instant pas au rendez-vous... Par contre, avec Bruno Guillon, ça marche un peu plus fort. Pour ce qui est de Skyrock, la station n'a rien bougé, y compris la programmation musicale. La stabilité a payé.
Il parait que vous avez remercié votre équipe de programmateurs musicaux à NRJ...
Oui, j'ai changé l'équipe parce le mix musical et l'application de la stratégie manquaient de rigueur et de méthode. J'avais prévenu l'équipe lors de mon arrivée. Ce que je demandais n'était pas appliqué. A partir de là, j'ai considéré qu'il y avait un désaccord. Je suis manager, j'assume et j'ai donc décidé de changer l'équipe.
Quel est le bilan de vos autres musicales, Nostalgie et Chérie FM, qui sont également en baisse sur un an ?
Pour Chérie FM, je considère que l'hémorragie est arrêtée. En nombre d'auditeurs, l'audience frémit par rapport au printemps. Pour Nostalgie, nous sommes en étude parce nous constatons une érosion de l'audience mais aussi, très certainement, une inadéquation du marketing et de la promotion de la station. Nous sommes quasiment au terme de notre réflexion. Nostalgie évoluera sensiblement en janvier, notamment du point de vue de sa charte graphique. La tâche est immense.