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Comédies made in USA : la nouvelle génération


Adam Sandler dans "Click : télécommandez votre vie".
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Adam Sandler dans "Click : télécommandez votre vie".
Crédits : Gaumont Columbia Tristar Films
              
Publié par David Monmignot
Mardi 3 Octobre 2006 01h50
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Ce mercredi sort Click : télécommandez votre vie, un exemple parfait de la comédie américaine type : un concept pouvant séduire, quelques gags efficaces et une dernière partie lourde de morale. Et surtout, aucune idée de mise en scène ne venant apporter un peu de sel à une formule pré-établie.

Que l'on regarde un film avec Adam Sandler (Click donc), Will Ferell (Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy), Steve Carell (40 ans, toujours puceau), ou Owen Wilson (Serial Noceurs), on retrouve toujours la même mise en scène bêtement illustrative. Tous ces films pourraient avoir un seul et même réalisateur à la barre.
Or, dans la comédie américaine - où une grande différence se crée d'ailleurs avec la comédie française - le seul maître à bord est l'acteur vedette. Les acteurs cités plus haut, ainsi que Jim Carrey, Vince Vaughn, Rob Schneider, Ben Stiller… sont tous scénaristes, producteurs, voire réalisateurs (Ben Stiller avec Zoolander en 2001 et Disjoncté en 1996) d'un projet dont ils sont la vedette. Ils entrent dans plusieurs phases de production, afin d'avoir le contrôle total de leurs films. Ainsi, on ne va pas voir un film avec Ben Stiller, mais de Ben Stiller. Peu importe le nom de celui qui se trouve derrière la caméra.

Jim, Will, Steve, Ben et les autres

Tous ces comiques ont un point commun. Ils viennent presque tous de l'école de Saturday Night Live, émission culte les ayant lancés dans les années 90. Il y a chez eux, un lien, une connection. A tel point qu'aux Etats-Unis, on nomme ce clan : La mafia comique d'Hollywood. Leurs films font des cartons au box-office US, écrasant toute concurrence. Chacun d'eux sont de vraies stars outre-atlantique, alors qu'ils restent plutôt anonyme par chez nous (seuls Jim Carrey ou Ben Stiller sont vraiment reconnus) hormis pour une poignée de fans leurs vouant un culte.
Comme je le disais plus tôt, on ne va pas voir un film avec un de ces comiques, mais un film de ce comique. La condition sine qua non pour aimer le film proposé est d'aimer à la base le comique tenant la tête d'affiche. Fans d'Adam Sandler, Click : télécommandez votre vie est fait pour vous, fans de Will Ferell, Ricky Bobby : roi du circuit (en salles le 6 décembre prochain) sera fait pour vous. Quitte à laisser les autres sur le bord de la route.
Ce schéma constitue la force et la faiblesse de ces comédies, et explique leur immense succès dans leurs pays d'origine, mais aussi leur faible portée chez nous. En France, un film comme OSS 117, Le Caire nid d'espions, Iznogoud ou Incontrôlable est un véhicule pour comiques venant eux aussi de la télévision, mais sa réussite (OSS 117) ou non (Iznogoud, Incontrôlable) est liée au réalisateur et/ou scénariste uniquement. Le comique venant juste faire le service après vente sur les plateaux T.V. des chaînes produisant elles-mêmes le film qu'il vient vendre. Cercle vicieux contribuant au formatage quasi-général des comédies français des ces dernières années…

Politiquement (in)correct

L'autre grande différence entre les films comiques français et américains est sans contexte dans leurs tons. Illustration. Ils s'appellent Matt Stone, Trey Parker, Sacha Baron Cohen. Les deux premiers ont crées la série d'animation culte South Park, charge féroce, hilarante et politiquement très incorrecte tapant sur tout le monde sans tabous. Au cinéma, ils se sont illustrés avec les non moins féroces South Park, le film (1999) et Team America police du monde (2004), deux comédies démontant les valeurs américaines et le système républicain post 11 septembre. Le troisième, comique anglais à l'origine, signant le très controversé Borat (le 15 novembre chez nous), produit par la 20th Century Fox. L'histoire : un reporter kazakh envoyé par son gouvernement aux USA pour venter les mérites du Kazakhstan. Entre le film et la caméra cachée, Borat gratte sous le vernis de l'Amérique pour extraire l'intolérance, le racisme ordinaire et la bêtise de la plus grande démocratie du monde.
Il n'y a qu'à voir la séquence où le reporter s'invite dans un bar sudiste interpréter une chanson antisémite nommée Throw Jew down the well (Jetez les Juifs dans le trou) avant d'être repris en chœur par les piliers de bar. C'est à la fois vraiment drôle dans la forme et glaçant dans le fond. Le film, avant sa sortie, fait déjà parler de lui. Le président Kazakh outré de l'image donné de son pays se fit offrir des excuses par George W. Bush en personne. Imédias vous reparlera de ce film très vite…

Vous regardez trop la télévision, bonsoir…

Il y a chez ces comiques, une envie constante de ne jamais caresser le spectateur dans le sens du poil, de lever un doigt d'honneur aux bien pensants, aux détenteurs du bon goût et aux imbéciles, de n'avoir jamais peur de provoquer pour faire passer un message.
Un esprit que l'on retrouve éventuellement chez nos amis grolandais tous les samedis à la télévision (il n'y a pas de hasard, puisque Borat a reçu il y a quelques jours le grand prix du festival du film grolandais) mais trop rarement au cinéma. OSS 117, Le Caire nid d'espions, et ses quelques touches de politiquement incorrect, fait plaisir à voir et relèvent presque du miracle à l'heure où la provocation ultime semble être Michael Youn et ses fesses à l'air…
Beaucoup de tri, pour quelques vraies bonnes comédies et de véritables pépites, voila comment on pourrait définir le genre comique américain au cinéma. Mais à l'heure où Les Bronzés 3 amis pour la vie et Camping rameutent 10 et 5 millions de spectateurs, où les comédies sont produites par la télévision, vendues par la télévision, et destinées aux primes times (tuant dans l'œuf l'idée même d'une quelconque originalité, parti pris, ou provocation à quelques exceptions près), on peut etre en droit de préférer le modèle américain, certes inégal mais bien plus surprenant que nos produits estampillés TF1, France 2 ou M6.

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