
l y a moins d'une heure se terminait l'avant-dernière conférence de presse de la commission Copé chargée de plancher sur l'avenir de la télévision publique en France. Ozap.com était présent.
Un président nommé par le conseil d'administration
« On a bien avancé ! » Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, Hervé Chabalier semble satisfait. Et comme les autres membres de la commission, il était au côté de Jean-François Copé pour présenter la conclusion des derniers travaux.
Première annonce importante : le CSA perdrait le pouvoir de nomination du président de France Télévisions. « Nous allons regrouper les 49 sociétés qui composent France Télévisions en une entreprise unique au commandement unique », a annoncé Jean-François Copé. Et au cœur de cette révolution à la tête de la direction du groupe public, le président ne sera plus nommé par le seul CSA mais par le conseil d'administration lui-même.
Le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel proposera entre trois et cinq noms au conseil d'administration de France Télé qui tranchera et nommera son président pour cinq ans. Le CSA continuera évidemment à jouer son rôle de contrôle sur les antennes du groupe public.
Le conseil d'administration sera composé de douze membres dont un commissaire du Gouvernement qui possédera un droit de veto (sauf sur la nomination du président) et de huit « personnalités qualifiées », une nouveauté, nommées par le Gouvernement parmi seize noms que lui soumettra le Parlement.
France 3 : un réseau régional avec décrochage national
La commission Copé a également réfléchi à une nouvelle redéfinition de l'identité des chaînes. France 2 restera la chaîne premium du groupe, « chaîne fédératrice et populaire ».
Le plus gros chantier restera à faire du côté de France 3. La chaîne des régions sera un véritable « réseau de chaînes régionales » avec un décrochage national de quatre à cinq heures par jour. Jean-François Copé a renouvelé son idée de réduire à sept entités régionales les treize existantes aujourd'hui. Le but étant de fédérer les moyens techniques et humains afin de retransmettre plus d'événements locaux. Et tout cela « sans supprimer d'emplois ». En tout cas, c'est toute la philosophie de France 3 qui sera revue. Les décrochages ne seraient plus régionaux mais nationaux.
France 4 devrait être la "chaîne-test" du groupe : « Des programmes novateurs seront testés avant de les voir éventuellement sur d'autres chaînes. » La vitrine jeune et culturelle de France Télé devrait devenir à terme la chaîne de « l'innovation, des nouvelles générations et des nouvelles écritures ».
France 5 reste « la chaîne du savoir et du décryptage ». RFO celle « de la culture et de la diversité ».
Mutualisation de l'info et élargissement de l'assiette de la redevance
A noter que si les propositions de la commission sont votées par le Parlement, une direction de l'information pour France 4 et France 5 sera créée. Elle permettra à ces deux chaînes d'offrir « un bulletin d'information adapté à leur identité » et à leur public. Jusqu'à présent, France 4 et France 5 n'avaient pas de journal télévisé.
La publicité devrait être supprimée après 20h dès le 1er septembre 2009. La commission préconise également un élargissement de l'assiette de la redevance aux nouvelles technologies permettant de recevoir la télévision (Internet) et d'indexer la redevance sur l'inflation.
La commission sur l'avenir de l'audiovisuel devrait rendre ses conclusions au président de la République le 25 juin après une dernière séance plénière le 18. Jean-François Copé espère que le Parlement étudiera le texte à l'automne.