Diary of the Dead - Chronique des Morts vivants : Le pape du film de zombie bégaye
La Nuit des morts vivants - Episode 5
George A. Romero est un héros pour tout amateur de série B qui se respecte. Il est l'homme qui créa le concept du film "ticket de métro" : ça coute le prix d'un ticket de métro, le scénario tient sur un ticket de métro, mais ça rapporte un sacré pactole. Le réalisateur, qui a le mérite d'être resté indépendant, n'a jamais lâché ses chers amis cannibales : il en a carrément fait le concept de sa carrière.
Le roi du mort-vivant
Rappelons les faits pour ceux qui ne suivent pas de près les aventures des joyeux cadavres mangeurs d'hommes de l'ami Romero. En 1968, l'équipe de tournage de La Nuit des morts vivants braque une boucherie pour les besoins des effets spéciaux d'un quasi-huis clos engagé et terrifiant. En 1978, Romero pousse le bouchon plus loin : Zombie est un choc, une satire saignante de la mondialisation et du matérialisme. Plus tard, il réalisera [personnalite_ozap%]Le Jour des morts vivants[/personnalite_ozap%], plus drôle mais moins convaincant.
C'est alors qu'en 2004, le maître George ressurgit avec un quatrième opus, Land of the Dead. Le discours ne varie guère, mais le film se regarde avec plaisir. Le revoilà donc aujourd'hui, bien décidé à nous faire bouffer du mangeur d'homme.
Nouvelle victime du syndrome "Projet Blair Witch"
Romero surfe sur un thème en vogue : la manipulation des images. De Palma nous a déjà fait le coup il y a quelques mois avec son Redacted. Un apprenti réalisateur et son équipe d'ados prennent sur le vif un monde au bord du gouffre, envahi par des zombies féroces et sanguinolents. Le résultat, c'est donc ce que l'on voit dans la salle de cinéma. Avec la voix off de l'un des personnages féminins qui surligne le message au cas où on ne l'aurait pas compris.
Le faux documentaire, à la mode ces derniers temps, est un concept roublard et casse-gueule, pratique pour ne pas se prendre la tête sur la manière de filmer un plan séquence. Incapable d'assumer de filmer tout le métrage sur une seule caméra (ce qui peut se comprendre), le scénario fait apparaître une seconde caméra comme par magie. Les clichés abondent, façon "chacun a sa propre vérité, l'image est trompeuse", les personnages n'ont aucun relief (ce qui, d'une certaine manière, renforce le réalisme), et les vieilles réflexions de Zombie sont remises au goût du jour, à coup de "l'espèce humaine mérite-t-elle le salut" ? A d'autres.
Pourtant, malgré le manque de maturité du propos (étrange vu l'expérience du bonhomme), on ne s'ennuie pas une seconde. Le plus grand talent de Romero est de dépeindre un monde au bord de la fin, un début d'apocalypse terrifiant. La courte durée du métrage permet au spectateur de ne pas s'ennuyer une seconde, et au réalisateur d'accoucher d'un nouveau film qui, s'il est loin d'être vraiment flippant, a au moins le mérite de ne pas faire bailler le spectateur.
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