
'est ce qu'on appelle une fausse bonne idée. Celle de Domenech, hier soir. Il ne s'agissait pas de la composition de l'équipe de France, de ses choix tactiques. Mais de sa demande en mariage d'
Estelle Denis, en direct, devant les caméras de M6. Non pas après une victoire triomphante, un match fabuleux, ce qui aurait offert, avouons-le, un écho plus flamboyant à son geste.
Mais seulement quelques minutes après l'élimination des Bleus en première phase de cet Euro 2008. A la fin d'un lamentable 2-0, suivi par plus de 13 millions de Français, Raymond Domenech préfère le romantisme à l'auto-critique, la déclaration aux explications, le ridicule au profil bas.
La presse ne le rate pas
Alors, bien évidemment, la presse s'interroge ce matin.
Libé chute sur un « No comment » glacial,
Le Parisien compare ce moment à une vulgaire « scène de télé-réalité trash ». Analyse similaire pour le correspondant du
Figaro à Zurich qui dénonce une « exposition de son bonheur personnel alors qu'il vient de décevoir 60 millions de Français. La pirouette de trop ».
La plume acerbe d'Eric Zemmour fait le parallèle de ce moment cathodique avec une autre séquence aussi improbable, celle de Nicolas Sarkozy et de son « C'est du sérieux » à propos de sa relation avec Carla Bruni. Preuve s'il en fallait une que cette demande en mariage était hors sujet hier soir, l'AFP se fend d'un communiqué ce matin, 10 heures : « Domenech demande Estelle Denis en mariage plutôt que de répondre sur son avenir ». Un « mélange des genres », « une déclaration incongrue » pour Sports.fr.
Plus virulent encore, les Internautes. Déçus, révoltés sur les forums spécialisés. C'est un retour direct à l'envoyeur pour le faire-part du sélectionneur adressé à 13 millions de Français hier soir. Beaucoup s'interrogent sur ce déballage médiatique alors que « le sélectionneur a toujours cultivé le secret autour de cette équipe de France de football pour la préserver ».
Puis enfin, au-delà de l'anecdote, cette demande en mariage publique à la télévision est vraisemblablement le pire service qu'il pouvait rendre à la femme de sa vie,
Estelle Denis, qui se bat quotidiennement pour affirmer son indépendance journalistique.