
i les audiences de la radio sont bonnes pour Europe 1, elles le sont aussi pour France Inter qui voit sa part d'audience progresser fortement pour retrouver son niveau de 2004. La radio est écoutée chaque jour par plus de 5,2 millions d'auditeurs. La station a progressé sur l'ensemble de la journée, soirée mise à part, grâce notamment aux seniors. Entretien avec Frédéric Schlesinger, directeur délégué de France Inter.
Ozap : Quelles sont vos premières impressions au vu des audiences de France Inter à la rentrée ?
Frédéric Schlesinger : Nous sommes très heureux de ces résultats. Ce qui me marque le plus c'est que, depuis septembre, il y a eu beaucoup de "tam tam" sur la bataille de l'info (Fogiel, Parizot, Demorand) et que, finalement, nous sommes leaders à 8H, 13H et 19h, les trois carrefours de l'information. Nous avons connu à ces heures-là de très fortes progressions d'audience. Je remarque aussi que Nicolas Demorand, Stéphane Bern, Yves Calvi et Isabelle Giordano progressent. L'émission de Vincent Josse (9h/9h30) fonctionne étonnamment bien, tout comme l'émission média de Colombe Schnek. C'est une grille très homogène, tout fonctionne bien.
Quel regard portez-vous sur les autres matinales des stations généralistes ?
Elles ont eu des rentrées réussies. En ce qui me concerne, je n'ai jamais douté que Marc-Olivier Fogiel était un professionnel. Je vous rappelle qu'il était autrefois sur France Inter, on a pu s'apercevoir de ça par nous-mêmes. Ensuite, je ne suis pas étonné des bons résultats d'Europe 1 parce qu'ils partaient de loin et aussi parce que la station ne méritait pas ses 9 points d'audience cumulés. Ce n'était pas sa vraie valeur compte tenu de la marque. Il y a eu aussi un énorme travail de re-conceptualisation.
Vous êtes toujours leaders en soirée ?
Oui, nous sommes leaders avec une émission culturelle et exigeante alors que toutes les autres font du sport à cette heure-là. Le week-end, "Le masque et la plume" est également leader. On peut concilier exigence, qualité et rencontre avec le public.
Cet été, vos talents ont été très courtisés... Comment les avez-vous retenus ?
Nous préférons que nos talents soient courtisés que l'inverse (sourire). Je pense qu'ils bénéficient d'une énorme liberté éditoriale d'une part. Ensuite, sans parler de rémunération, ils bénéficient de moyens radiophoniques importants. Par exemple, Stéphane Bern anime une émission en direct et en public. Il va même se déplacer sur des festivals. Ca ne se voit pas ailleurs.
Cet été aussi, certains journalistes de la rédaction d'Inter s'étaient interrogés sur la capacité de Nicolas Demorand à être à la radio le matin et être à la télévision le soir. Sont-ils rassurés ?
Je ne parlerai pas au nom de mes journalistes mais, lorsqu'il me l'a annoncé, j'ai estimé que c'était une bonne nouvelle pour lui. Il a la capacité et le talent pour mener deux émissions de front. Comme il dit souvent : "Quand je me lève à 4h du matin et que je vois que la lumière est allumée chez mon boulanger et qu'il travaille depuis minuit, personne n'en parle. Je trouve que c'est dérisoire qu'on parle de moi alors que j'exerce ma passion et que j'ai été formé pour beaucoup travailler".
Quels sont les objectifs de France Inter ?
Garder un bon niveau d'audience. Nous sommes une radio publique, ce n'est donc qu'un indicateur pour nous, mais il nous permet tout de même de mesurer la satisfaction de notre public.