Frank Lanoux: 'Il faut excuser RMC de rattraper son passé'
En cette rentrée 2009, RMC a poursuivi son ascension. 2,5 millions à la rentrée 2006, 3 millions en 2007 et 2008 et près de 3,4 millions cette année. Un succès dû à la grille des programmes de la station, selon RMC, alors que les concurrents pointent du doigt les nombreuses nouvelles fréquences accordées par le CSA. Entretien avec Frank Lanoux, directeur général de RMC.
Ozap : C'est un nouveau sondage à la hausse avec une forte progression du nombre d'auditeurs sur un an. Comment l'analysez-vous ce matin ?
Frank Lanoux : C'est le 33ème sondage à la hausse, on commence à atteindre une constance exceptionnelle. C'est unique dans le paysage radiophonique français. RMC monte une nouvelle fois de façon forte. Cette progression est la plus forte du paysage et c'est totalement anachronique.
« Il faut du temps pour construire une audience »
Et justement, comment l'expliquez-vous ?
La première chose, c'est notre constance dans les programmes de RMC. On a un format totalement établi, une équipe totalement en place. Il n'y a pas d'errance. Au fil des ans, les gens le comprennent et se fidélisent. Se construire lentement était un élément majeur. C'est une leçon pour beaucoup alors qu'on attend souvent, aujourd'hui, des résultats rapides. Il faut du temps pour construire une audience, encore plus pour une radio d'information, car il y a un contrat très fort avec l'auditeur. Ce contrat est parfois historique et familial. RMC arrive à faire rompre ce contrat pour qu'il y ait, à chaque fois, de nouveaux auditeurs.
Dans quelles familles allez-vous puiser vos nouveaux auditeurs ?
Notre format cible en particulier les hommes actifs de moins de cinquante ans. RMC s'est installée comme la première radio de France sur cette cible. On est le pendant de la ménagère de moins de cinquante ans. Et aujourd'hui, sur cette cible, on creuse l'écart avec la deuxième radio qui est RTL. RMC a 22% d'avance sur cette cible par rapport à RTL. On domine donc le marché sur cette cible. C'est donc là qu'on recrute naturellement le plus, là où on est les meilleurs et les plus forts.
« Sur la moitié nord, il y a un phénomène de rattrapage »
Vos concurrents pointent aussi le fait que votre hausse résulte des nouveaux émetteurs dont vous bénéficiez.
L'audience se développe à la fois dans des régions où on est anciens, globalement sur la moitié sud de la France. Et sur la moitié nord, il y a un phénomène de rattrapage où on a pu enfin émettre depuis 2007-2008. A l'évidence, notre format est original donc on a apporté quelque chose dans ces villes. C'est un rattrapage de ce qu'on n'a pas eu pendant des années et j'ai encore le droit de me plaindre pendant 15 ans car on a une légitimité historique faible dans certaines régions donc on peut encore y gagner de nouveaux auditeurs pendant des années. Il faut excuser RMC de rattraper son passé et compenser les circuits de distribution que nous n'avons pas eu pendant cinquante ans.
Vous ne revenez pas à votre record de part d'audience de 6%, atteint en avril-juin.
Je ne suis pas de nature à critiquer l'outil de Médiamétrie mais on se rend compte qu'il y a parfois un manque de précision de l'étude. Tout le monde l'assume très bien mais il faut aussi savoir la commenter. En avril-juin, tous nos critères étaient au top. C'est mécaniquement impossible : un nouvel auditeur ne peut pas vous consacrer d'un coup toute sa vie. En général, quand vous recrutez de nouveaux auditeurs, on a plutôt tendance à voir la durée d'écoute baisser. Je suis très content que Médiamétrie publie ça mais on sait forcément qu'un élément est anachronique. On verra donc dans un temps, ce qui se passera en avril-juin 2010.
« Il n'y a pas de raison de changer »
Comptez-vous faire des ajustements sur la grille ou rester fidèle à l'idée que les programmes doivent rester très stables ?
RMC séduit donc il n'y a pas de raison de changer des choses importantes. Après, la radio est un chantier permanent et c'est tous les jours différents. Les mêmes personnes sont à l'antenne mais on travaille pour créer des événements. Ce sera le cas notamment l'an prochain avec les Jeux Olympiques de Vancouver et la Coupe du monde de football en Afrique du sud.
Vous dites que c'est votre 33ème sondage à la hausse. Appréhendez-vous le jour où un sondage sera à la baisse ?
Pas du tout. Très sincèrement, la progression est lente et RMC en a encore sous le talon. Par exemple, on n'a pas un seul émetteur en Alsace-Lorraine. Ce sont des régions où on est encore pénalisées et il y a encore des auditeurs qui vont rejoindre RMC. La seule chose qui risque d'arriver, c'est un accident, qui sera plutôt lié à un élément statistique. Tant que ça n'arrive pas, je n'ai pas de raisons de cacher ma joie. On est totalement en rattrapage donc le point de forme de RMC va se placer entre 8 et 10 points, c'est sûr.
- Génial0
- Incroyable !0
- Prévisible0
- Déprimant0
- Rien à faire0
