
ans une interview à paraître demain dans
Capital, Xavier Niel, patron de l'opérateur télécom Free, se déclare mécontent de deux projets de loi qui seront bientôt soumis au Parlement.
D'abord, la loi sur l'audiovisuel public. Cette mesure portée par le Chef de l'Etat prévoit de taxer le chiffre d'affaires des opérateurs télécom à hauteur de 0,9% pour financer un France Télévisions privé de ressources publicitaires. « Il n'y a rien de plus injuste », indique Xavier Niel. « C'est une prime au mauvais. En France, on ponctionne les secteurs qui marchent au profit de ceux qui peinent. C'est bizarre, venant d'un libéral comme notre président. On n'a pas eu le courage d'augmenter la redevance, mais ce sont bien les consommateurs qui paieront, avec l'illusion que ce n'est pas l'Etat qui ponctionne » explique-t-il, précisant qu'il prévoie déjà une hausse de la taxe à 1,5 ou 2%.
Ensuite, la loi Hadopi qui prévoit la création d'un organisme qui gèrerait un système de sanctions réprimant les actes de téléchargement illicite sur Internet. « Un organisme destiné à donner des coups de bâton sur les doigts des Français. Économiquement, cela n'a aucun impact sur nous, mais certaines de ses dispositions nous paraissent liberticides (...) C'est bel et bien le flicage systématique de nos abonnés », explique Xavier Niel. Rappelons que ce projet de loi autorise la surveillance des réseaux par les ayants-droit. En cas de piratage, ils pourront fournir les adresses IP des internautes incriminés à l'organisme qui se chargera alors de la collecte des informations nominatives et d'appliquer les sanctions, du mail d'avertissement à la suspension de l'abonnement à internet.