Les Grands Frères : Une comédie plus intelligente qu'elle n'en a l'air
Seann William Scott et Paul Rudd dans "Les Grands frères"
Un film qui suit une formule prévisible n'est pas un mauvais film en soi. Du moment que le scénario est suffisamment efficace et que les personnages sont crédibles, il y a plus de plaisir à prendre à suivre l'histoire qu'à arriver au bout. Les Grands Frères, qui s'inscrit dans le nouveau courant de la comédie américaine, est incroyablement prévisible, mais la force de toutes les personnes impliquées est de parvenir à nous emmener avec elles sans que cette prévisibilité pose problème ne serait-ce qu'une seconde.
Un scénario simple mais travaillé
Porté par un Paul Rudd impeccable en trentenaire amer et paumé, et un Seann William Scott parfait en ado attardé, Les Grands Frères a tous les ingrédients d'un film écrit ou au moins produit par Judd Apatow, sans que ça soit pour autant le cas. Danny (Rudd) et Wheeler (Scott), meilleurs amis et collègues se retrouvent contraints, à la suite d'un pétage de plomb du premier, de participer à un programme d'aide aux enfants. S'ils refusent, ils iront tout droit en prison.
Danny se voit confier Augie, un ado de 16 ans, coincé et accro aux jeux de rôles médiévaux, tandis que Wheeler devient le "grand frère" de Ronnie, un garçon de dix ans, d'une vulgarité qui n'a d'égal que sa prétention d'être obsédé par les femmes. Oui, à dix ans ! Evidemment, on sait dès le début comment tout cela va se passer : des premiers pas difficiles, un rapprochement avec les enfants, une boulette, et un happy end. Mais le soin apporté au détail, aussi bien au niveau des personnages que des situations fait passer la pilule sans qu'on s'en rende vraiment compte.
Un mélange des genres et un casting réussis
L'autre force de ces Grands Frères est aussi le mélange des genres que réussissent plutôt bien les scénaristes. Car outre la simple comédie, le film s'aventure sur le terrain de la comédie romantique (Danny tente de reconquérir son ex qui l'a abandonné, fatiguée de ses sautes d'humeur), une comédie de geeks (Augie et son monde féodal virtuel) et une histoire d'adultes qui ont du mal à grandir.
Le film bénéficie par ailleurs d'un cast solide. Outre les deux acteurs principaux, les deux jeunes sont des révélations : Christopher Mintz-Plasse, repéré dans Supergrave, est brillant dans le rôle d'Augie, ado pas si pathétique que ça, tandis que Bobb'e J. Thompson est hilarant dans la peau du petit Ronnie. C'est lui qui délivre certaines des phrases choc du film, et son interprétation est parfaite. Du côté des actrices, Elizabeth Banks fait ce qu'elle peut avec le seul personnage pas drôle du film, mais c'est Jane Lynch qui mérite la palme pour son interprétation complètement délurée de Gayle Sweeny, ex-droguée qui dirige le programme d'aide aux enfants.
Grands Frères n'est au final ni innovant, ni original dans son sujet, et l'humour est parfois vulgaire pour être vulgaire, mais il y a suffisamment de bons moments et de belles trouvailles - notamment dans le monde féodal d'Augie - pour passer un bon moment. On va voir le film sans grandes attentes, et on en ressort le sourire aux lèvres.
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