Harry Roselmack : "Avec RTL, on se parle depuis 4 ans"

Ozap : Après trois semaines à la tête du Journal inattendu, quel premier bilan tirez-vous ?
Harry Roselmack : Premièrement et comme je l'imaginais, je prends beaucoup de plaisir à refaire de la radio. Il me semble aussi qu'on a trouvé une formule qui fonctionne, avec un retour aux fondamentaux de l'exercice, qui est de faire réagir un invité aux faits d'actualité. Ensuite, on a une deuxième partie marquée par plusieurs rubriques : un portrait et une chronique sur l'actualité de la semaine, qui sont des exercices très écrits et très incarnés par ceux qui les font, à savoir Monique Younès et Frank Moulin. On est content de la qualité de ces rubriques et de la formule. Après, il y a encore un peu de calibrage parce que ce n'est pas toujours simple de rentrer dans les clous, notamment quand on a un invité volubile !
On a l'impression que vous avez vraiment voulu remettre l'invité au centre de l'émission...
Le but, c'est plutôt de remettre l'actu et l'info au centre de l'émission. Parce que ces derniers mois, l'invité était au centre du Journal inattendu. Il invitait lui-même des personnalités qui parlaient de lui. Ce qu'on a voulu faire, c'est que l'invité reparle de l'actualité et qu'on le découvre à travers ça.
« On a remis l'actualité au centre de l'émission »
Et dans quelle mesure l'invité s'implique-t-il dans la préparation de l'émission ?
Pour l'instant, on n'a eu que des gens qui ont joué le jeu. Ils s'impliquent en amont avec un reportage, un invité qu'ils choisissent et interrogent en direct sur RTL. Et à la fin de l'émission, ils participent à "La dépêche" (l'invité doit alors faire une déclaration susceptible d'être reprise dans les médias, NDLR). Enfin, il y a un peu de présentation dans le rappel des titres où l'invité donne les rendez-vous sportifs.
C'est dur de les convaincre ?
Non, pas du tout.
Et ça vous étonne ?
Non, ça ne m'étonne pas parce que je trouve que c'est un exercice intéressant à faire, même en tant qu'invité. Nous, ce qui nous importe, c'est d'avoir des invités qui sont avant tout intéressés par l'actualité et pas forcément en promotion. On est surtout là pour découvrir leur personnalité, leurs goûts et parfois leurs convictions.

Pour moi, ça a été de longues discussions pendant plusieurs années avec Jacques Esnous, le directeur de l'Information à RTL. On avait une envie réciproque de faire des choses mais on ne trouvait pas le bon créneau, la bonne formule. Quand il m'a proposé Le journal inattendu en fin de saison dernière, j'ai tout de suite dit "oui" parce que non seulement, c'est un créneau emblématique de la station et c'est très valorisant ; et, en plus, je savais que je pourrais faire vivre cet exercice de façon un peu originale, tout en respectant le cadre de l'émission.
Plusieurs années de discussions... Il y avait donc clairement une envie de venir travailler à RTL tout particulièrement ? Vous êtes venus les voir en leur disant "Je vous écoute depuis des années et je veux travailler ici" ?
Ça ne s'est pas passé exactement comme ça. J'ai rencontré Jacques Esnous pour la première fois il y a quatre ans. J'étais encore à i>Télé et on avait eu une discussion un peu informelle où je lui avais fait part de mon envie de refaire de la radio. Et je lui avais aussi dit que j'étais un auditeur de RTL. Tout ça mis bout à bout a fait qu'il a gardé mon nom dans un coin de sa tête.
« Je n'envisage pas de refaire une matinale à la radio »
Justement, quand vous étiez plus jeune et que vous écoutiez RTL, y-avait-il des noms emblématiques qui vous ont donné envie de la radio ?
Oui, évidemment. A l'époque, on écoutait Jean-Jacques Bourdin à 13 heures, qui a depuis changé de maison. Il y a aussi des animateurs comme André Torrent, des journalistes comme Philippe Labro. Même ceux qui sont aujourd'hui à la tête de la rédaction, Jacques Esnous et Hervé Béroud, sont des journalistes que j'écoutais aussi.
Le rêve d'un journaliste radio est, le plus souvent, de présenter la matinale. Dans votre tête, vous vous dites que vous aimeriez le faire un jour ?
Je l'ai déjà faite sur France Info. C'est un exercice passionnant parce que le carrefour d'audience de la radio est le matin. Mais, en même temps, c'est un exercice qui demande tellement de sacrifices dans sa vie, qu'aujourd'hui, vu mes activités par ailleurs, je ne l'envisage pas du tout. C'est un sacerdoce et je tire d'ailleurs un coup de chapeau à Vincent Parizot.
Mais dans ce cas, vous pourriez arrêter la télé pour ne faire que de la radio ?
Dans l'absolu, oui. Maintenant, en l'occurrence, je n'ai pas du tout envie d'arrêter ce que je fais à la télé parce que c'est passionnant. Mais dans l'absolu, ça ne me poserait aucun problème.
Et qu'est-ce qui pourrait alors vous faire prendre cette décision ?
De ne plus être bien dans ce que je fais. Si je ne suis plus bien dans ce que je fais à RTL, on conviendra qu'il faut arrêter. Et si je ne suis plus bien dans ce que je fais à TF1, j'arrêterai aussi. Ce n'est pas plus compliqué que ça.
Vous avez demandé des conseils à Laurence Ferrari et Christophe Hondelatte qui étaient avant vous au Journal inattendu ?
Non, pas du tout.
Pourquoi ?
J'avais une idée assez précise de ce que je voulais. J'ai évidemment écouté ce qui se faisait, mais je n'en ai pas parlé avec eux.

C'est ça, mais je ne peux pas vous en dire plus. Je vais être assez laconique sur le sujet. L'information a déjà été diffusée et on est en tournage d'une nouvelle émission, d'un nouveau format documentaire, qui devrait être diffusé à la mi-novembre sur TF1.
En seconde partie de soirée...
Très vraisemblablement.
Vous dites que l'information a justement été diffusée. Ça veut dire que ça complique votre tournage sur le terrain ?
Très honnêtement, on pensait que les conséquences seraient pires que celles qu'on constate sur le terrain. Ca ne nous empêche pas de travailler mais, dans ces cas-là, c'est toujours mieux, quand vous êtes en immersion plusieurs jours par semaine pendant quatre semaines avec des gens, de pouvoir le faire à l'abri de toute effervescence médiatique.
Et le titre, Harry Roselmack en immersion ?
Ecoutez, le titre, moi-même je ne le connais pas encore.
« Je ne vais pas dire que je ne regarde pas les chiffres d'audience »
Vous êtes aussi joker du 20 Heures de TF1. Vos audiences ont été très élevées cet été. On les compare donc à celles de Laurence Ferrari en disant qu'elles sont supérieures. On remarque aussi que vous êtes plus populaire qu'elle dans les sondages d'opinion. Comment vous l'analysez ?
Je ne l'analyse pas. Je pense déjà que ce n'est pas un bon calcul de comparer des audiences sur des périodes complètement différentes. Les gens ne consomment pas la télé de la même façon en été, pendant les vacances, que le reste de l'année. Pour le reste... Je ne vais pas dire que je ne regarde pas les chiffres. J'ai pris l'habitude de les regarder depuis que je suis à la télé mais je n'y accorde pas une importance démesurée. Ce qui compte, c'est la qualité du journal et le 20 Heures est fabriqué par la même rédaction, quelque soit son présentateur.
Et j'imagine que vous avez regardé le 19.45 de M6...
Oui, je l'ai regardé deux fois. C'est un peu court pour émettre un avis définitif. D'autant plus que j'ai regardé au début, et je m'en rends compte ici au micro de RTL que les débuts ne sont pas toujours les plus faciles (rires). Mais je crois que c'est un journal qui répond à son ambition, si son ambition est de séduire un public assez jeune, friand d'une information assez succincte, qui va vite et qui ne rentre pas trop dans le fond des choses. A partir de ce moment-là, le principe fonctionnera bien.
Pour terminer, en préparant l'interview, je me suis demandé si on devait encore vous parler de minorités visibles, de représentativité...
Il faut toujours en parler en étant réaliste. Actuellement, la situation économique générale ne favorise pas la diversité. Les entreprises n'embauchent pas donc on ne peut pas leur demander de faire de la diversité. Parce que je rappelle que le principe n'est pas de remplacer des gens déjà présents par d'autres gens qui répondraient aux critères de diversité. Telle que je la conçois, la discrimination positive se passe lorsqu'on recrute des collaborateurs où on décide de mettre ce critère de diversité parmi les critères de choix. En attendant, il faut continuer à en parler pour que ça puisse se faire lors de la reprise des embauches.
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