Les Herbes Folles : Film déliré et délirant, qui vieillira très atypique
Si les herbes sont folles, Alain Resnais est complètement taré. Ce qu'il nous propose là, c'est de l'inédit, du hors-concours, du cinéma à part. Un cinéma sur un homme, un pète au casque, qui tombe sur un portefeuille. Il va donc le rendre à sa propriétaire. Oui, mais notre monsieur (ancien criminel, artiste, fou ?) trouve enfin, dans ce petit morceau de cuir, un but dans sa vie là où sa femme se contente de lui demander de repeindre les volets.
« Va t'acheter une K7 ! » Bien sûr pépé, pense à prendre ton gramophone aussi !
Quand les sentiments débordent, les couleurs aussi. L'utilisation systématique des filtres rend l'image graphique et dégoulinante, une idée de mise en scène parmi d'autres, plus ou moins bonnes. Ainsi, le film « se termine » deux fois avec le mot « Fin » en gros sur l'écran, musique de 20th Century Fox par-dessus. A côté de ça, il ose le cinéma de papa, incrustation en caméo sur l'écran d'un kitsch absolu. Flashbacks et accélérés. Scènes coupées avant la fin. Des trouvailles par dizaines qui donnent un rythme que les dialogues brisent.
Car papa, il est surtout dans les répliques. Si les situations cocasses rendent le film léger à plus d'un point, la façon de parler des acteurs semble tout droit sortie des années 70. Phrases alambiquées et expressions qui n'existent plus, Resnais semble avoir pris un train de retard. On n'ose pas lui dire que, non, en 2009, tout le monde n'a plus forcément une ligne de téléphone fixe inscrite dans l'annuaire et que, non, les jeunes ne dépensent plus leur argent en cassettes car le magnétoscope est sur le point de rentrer dans les musées. L'originalité ne sauve pas tout.
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Ce matin à Cannes, Alain Resnais et l'équipe de son film ont répondu aux journalistes lors d'une...
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