Home : Beau mais lent, indispensable mais déjà vu
L’événement était mondial. Luc Besson, PPR et France 2 y vont de leurs poncifs habituels : « historique », « planétaire », « unique ». Pour une fois, peut-être que les adjectifs sont justifiés. Au moins sur le font.
« Il est trop tard pour être pessimiste »
Peu d’images d’usines, de forages, de pollution, de pauvreté. Yann Arthus-Bertrand préfère filmer les conséquences et laisser aux commentaires les causes honteuses. Car pour lui, comme pour la quasi-totalité des chercheurs et des scientifiques, l’Homme est véritablement au cœur de son destin. Il est lié, comme tous les éléments de la nature sont liés, à sa Terre. Qu’il influe en bien ou en mal, tout change en fonction de ses moindres faits et gestes. C’est la thèse, la théorie du film. Menée avec force chiffres et statistiques, qui manquent toutefois d’être sourcés.
Yann Arthus-Bertrand n’est pas pessimiste : « Nous n’avons plus le temps d’être pessimiste ». Il croit en l’Homme, malgré tout. En son intelligence : pour lui, la véritable solution pour sauver notre planète se joue en ce moment sur les bancs des écoles. En sa mesure : il croit en l’héritage et aux leçons de l’Histoire. En son partage : YAB en appelle à la solidarité entre les peuples, citant le commerce équitable, l’éco-tourisme et le micro-crédit.
Ce genre de documentaire pédagogique reste utile. La forme choisie par Al Gore avec Une vérité qui dérange, reprise par Leonardo DiCaprio (Un jour sur Terre) convient certainement mieux à un public anglo-saxon. Yann Arthus Bertrand reprend le concept d’Ushuaia (Nicolas Hulot prépare d’ailleurs son propre film) et de son émission… Peut-être à outrance…
Best-of de "Vu du Ciel"
Une thèse magnifiquement illustrée, mais malheureusement trop déjà vue. La plupart des images proviennent des derniers épisodes de l’émission de Yann Arthus-Bertrand, Vu du Ciel. Un début trop lent aussi. L’histoire de l’eau, certes essentielle dans la compréhension de notre présent, prend trop de place pour entrer dans « l’histoire ».
Le film prend un tournant un quart d’heure avant la fin avec une brève synthèse de toutes les données distillées durant le film, avec des images encore plus marquantes et plus rythmées. Le spectateur se réveille enfin. Non pas que Home soit soporifique, mais il manque certainement un peu d’aspérité. Les images sont certainement un peu trop lisses, trop lentes. On aimerait qu’enfin l’avion se pose pour partir à la rencontre des gens qui vivent dans des conditions proches de l’enfer. On aimerait sentir vraiment l’odeur des forêts en feu, des rivières asséchées, des banquises effritées. On prend trop de hauteur, dans le sens prosaïque du terme. On reste sur la Terre, mais on n’est plus sur Terre.
Home est donc un événement que l’on espère planétaire. Pour la planète. Mais que l’on aurait aimé plus terre à terre.
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