
epuis plusieurs mois,
Dove Attia est très occupé. Le producteur de spectacles est actuellement en pleins préparatifs pour la comédie musicale
Mozart, L'Opéra Rock, qu'il a montée avec le réalisateur
Olivier Dahan, et dont la première représentation aura lieu le 22 septembre prochain au Palais des Sports de Paris.
Mais Dove Attia est aussi connu pour avoir occupé une place dans le jury de la Nouvelle Star lors des cinq premières saisons du télé-crochet de M6. Et deux jours après la victoire de Soan à Nouvelle Star, il donne son point de vue sur l'émission et sur la sortie prématurée de Camelia-Jordana, même s'il avoue n'avoir pas beaucoup eu le temps de regarder la télé cette saison.
« Mozart, mon projet plus difficile »
Ozap : Vous êtes très occupé, où en êtes-vous actuellement sur Mozart ?
Dove Attia : On en est à la réunion de tous les puzzles ! C'est à dire que là, aujourd'hui, pendant que moi je continue la musique,
Olivier Dahan et son équipe sont en plein constitution de la mise en scène, c'est-à-dire le découpage tableau par tableau des décors, des costumes. Après, les répétitions démarrent le 20 juillet.
Qu'est-ce qui a été le plus difficile depuis le début du projet ?
Tout (rires) ! C'est sûrement le projet plus difficile que j'ai fait, parce qu'il réunit tout ce qu'on avait avant, si on prend par exemple
Les 10 Commandements ou
Le Roi Soleil, mais en plus on est plus solides au niveau comédie. Au niveau de la qualité des dialogues, du rythme, des comédiens... Et puis à la mise en scène il y a
Olivier Dahan, qui vient du cinéma. Donc l'ambition est autre. Deuxièmement, musicalement, c'est compliqué. Il a fallu prendre des risques, pour ne pas être dans une sorte de pop-variété, et plus dans un esprit opéra rock, et que ça colle après avec la musique classique qu'on utilise, parce que la plupart des oeuvres viennent de Mozart. Il fallait qu'au bout du compte on obtienne une vraie cohésion.
« Le succès de "Tatoue-Moi" a été une énorme surprise »
Vous n'avez pas fait l'objet d'un buzz aussi conséquent que Cléopâtre, annoncé des mois avant qu'on entende quoi que ce soit, et pourtant "Tatoue-Moi" a été un énorme succès single. Comment l'expliquez-vous ?
Franchement, je n'ai jamais d'explication au succès... En tout cas, c'est sûr que ça a été une surprise. La plupart des réactions au début étaient négatives. Le son, la structure, ce n'est pas ce qu'on écoutait en radio d'habitude. Il y avait quelque chose d'un peu spécial, c'était un gros risque, et ce n'était pas le choix le plus évident pour le premier single. Mais on était quelques uns à y croire, on pensait qu'il fallait montrer la couleur tout de suite, même si ça ne marchait pas... Au final, ça a été une surprise pour tout le monde, et ce qui vous diront le contraire sont des menteurs (rires) !
Le deuxième single "Vivre à en crever" fonctionne plutôt bien, l'album aussi... est-ce que ça vous rassure pour le spectacle ?
On est contents que la partie musicale fonctionne aussi bien, mais ça met plus de pression, car on ne veut pas décevoir au niveau du spectacle. Rien n'est jamais gagné, c'est ce que j'ai appris depuis que je fais ce métier, et je ne saurai que le 22 septembre si on a réussi à fournir quelque chose de bon. Après, la qualité peut être là et pas le succès. Il y a tellement d'éléments à assembler, que quand des gens me disent "c'est bon, c'est gagné", je leur dis "mais pas du tout". On peut avoir les meilleurs ingrédients du monde, et parfois la mayonnaise ne prend pas. Personne n'a le secret du succès !
D'ailleurs, au niveau du spectacle, où en sont les réservations ?
Plutôt bien, on est supérieurs à ce qu'on avait à la même époque sur le Roi Soleil, avec un spectacle un peu plus risqué et une situation de crise... Donc avoir un niveau de réservations supérieur dans ces conditions, c'est une bonne nouvelle. Ce qui est drôle, c'est que les jeunes ont été les premiers à accrocher !
« Kamel Ouali a un peu fait Cléopâtre pour Sofia »
Pour Cléopatre, Kamel Ouali est allé chercher une candidate de la Star Academy qu'il connaissait bien... Vous n'avez pas eu envie d'aller piocher dans les ex-candidats de Nouvelle Star ?
Pour défendre un peu Kamel, il n'a pas été "chercher" Sofia. Kamel, je le connais très bien, et depuis le premier jour où il l'a rencontrée, il m'a dit "un jour je ferais un spectacle avec elle". Pour moi, Kamel a un peu fait
Cléopâtre pour Sofia. Je ne pense pas qu'il ait été cherché sa notoriété, je n'y crois pas une seconde. Sinon, pour les spectacles, on irait chercher des anciennes stars, ou même des stars actuelles !
Vous n'aviez donc pas rencontré de candidat dans Nouvelle Star qui vous avait donné cette envie ?
Non, je n'ai pas eu un candidat qui m'a donné envie de monter un spectacle autour de lui. Je répète une chose, à
Nouvelle Star, il y a des gens qui ont énormément de talent, et quand je pense à des candidats comme
Amel Bent,
Julien Doré ou
Christophe Willem, ce sont des personnes qui sont rares, qui sont trop marquées pour être dans un spectacle. La star, c'est le spectacle, ce n'est pas ceux qui sont dedans. Après, ils deviennent célèbres, mais il ne faut pas qu'ils cannibalisent le spectacle. Et puis ces candidats de
Nouvelle Star ont des belles carrières individuelles. On ne va pas leur dire de tout arrêter pendant trois ans et de venir se sacrifier pour un spectacle !
« La sortie de Camelia-Jordana en demi-finale ? C'est classique ! »
Quand vous voyez les critiques très dures dont l'émission a fait l'objet cette année, vous êtes content de ne pas avoir fait partie du jury ?
Je ne savais pas qu'il y avait des critiques sur l'émission... ! J'ai regardé deux-trois émissions, seulement, parce que je n'ai pas eu le temps de regarder la télé ces derniers mois. Je sais que j'avais été agréablement surpris par la qualité du jury, que je trouvais nettement meilleur que la première année, un peu comme nous pour notre première année d'ailleurs. Et je sais que j'avais été assez frappée par une candidate, je ne sais même pas si elle a gagné... Camila, je crois ?
Camelia-Jordana ?
Oui, c'est ça ! Elle et une autre candidate dont j'aimais bien la personnalité,
Leila.
Leila est allée en finale, et Camelia-Jordana a perdu en demi-finale.
Et qui a gagné ?
C'est Soan qui a gagné...
Ah...
Soan !
Ca a surpris beaucoup de téléspectateurs...
Ah mais ça, je sais pourquoi ! C'est classique ! Tout le monde pensait tellement fort que
Camelia-Jordana allait gagner, que les gens n'ont pas voté pour elle. J'avais vu un peu le buzz sur elle, tout le monde disait qu'elle allait gagner... au moment des votes, ceux qui l'aimaient bien ont préféré voter pour sauver les autres.
« Soan ne m'avait pas marqué »
C'est quelque chose que vous preniez en compte quand vous faisiez partie du jury ?
Ah oui, bien sûr, on était très conscient du danger. On savait, quand on aimait bien un candidat, que déclarer qu'il allait gagner, pouvait causer son élimination. Et celui ou celle qu'on mettait en danger par des mots, par des commentaires... il était sauvé. On savait que c'était très dangereux de dire "c'est sûr, il a gagné". Les téléspectateurs veulent que leur vote soit utile, donc ils ne vont pas voter pour quelqu'un qui est sûr de gagner, ils préfèrent sauver quelqu'un qui est en danger. C'est ce qui s'est passé, j'en suis sûr ! Je me souviens pas très bien de
Soan, mais il ne m'avait pas marqué...
C'était votre angoisse, quand vous faisiez partie du jury, d'avoir un casting où il n'y avait pas de vraie star ?
Complètement. Nous avons toujours cette angoisse. Ce n'est pas une génération spontanée, le talent ! Il faut vraiment de la chance, ça ne se reproduit pas spontanément tous les ans ! Donc lors de la préselection, il faut prendre plusieurs directions, ne pas prendre trop de gens qui ont les mêmes points forts, prendre des risques, pour avoir la surprise. On est obligé de faire un peu fi de nos goûts, parce que si on va toujours sur ce qu'on aime, au bout d'un moment, ça s'assèche. Mais ça, personne ne peut le contrôler. Des
Julien Doré,
Christophe Willem, ou même des gens comme
Christophe Maé qu'on découvre, il n'y en a pas tous les ans... Pour Mozart, j'ai été les chercher un au Canada, l'autre en Belgique...
« Pour un spectacle, il faut avoir du métier »
Justement, vous avez dû repasser par l'étape du casting. C'est très différent pour une comédie musicale et un télé-crochet ?
Ce ne sont pas du tout les mêmes critères. En spectacle, il faut un certain professionnalisme, il faut quelqu'un pour chanter tous les soirs devant 4 000 personnes. Il faut du métier en plus. On peut avoir beaucoup de talent, mais il faut aussi du métier, de l'expérience. Ca ne s'improvise pas. Il faut des années d'expérience, il faut avoir eu des galères, avoir pris des claques dans la vie...
On le sait, les comédies musicales sont des tremplins pour les artistes. Vous pensez que ce sera le cas pour des membres de votre troupe ?
Je vais être franc : pour moi les six ont le potentiel, sinon je ne les aurais pas pris ! Mais il n'y a pas que le talent qui détermine ça. Après il y a une question de chances et de choix qu'ils vont faire dans leurs chansons, dans leur image... Le potentiel, les six l'ont, chacun dans un domaine différent.
Et le fait que leur notoriété ait déjà commencé à augmenter, avant même que le spectacle ne commence, ça vous fait un peu peur ?
C'est vrai que c'est parti un peu trop vite. On essaie de les tenir pour leur faire comprendre que ça peut s'arrêter du jour au lendemain, que ce n'est pas la réalité. Je pense que, de tous nos spectacles, c'est celle pour laquelle la notoriété est partie le plus vite, et je sais que ce n'est pas bien. Il faut leur rappeler sans cesse que la star, ce n'est pas eux. C'est le spectacle. C'est pour ça que lors des castings avec Olivier Dahan on a été très attentifs aux valeurs humaines. Ce n'est pas un boys band qu'on a pris, ce sont des gens qui ont un certain âge, une certaine expérience... donc c'est beaucoup plus facile que des personnes qui ont à peine 18 ans ou 20 ans. Là, ça aurait été la catastrophe !
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