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15H53 Le 31/12/09 News 4
Les Echos Liés (Incroyable Talent) : "Gilbert Rozon ne pensait pas qu'on pouvait gagner"

Les Echos Liés (Incroyable Talent) : "Gilbert Rozon ne pensait pas qu'on pouvait gagner"


Les Echos Lies
Les Echos Lies


Quelques heures seulement après avoir remporté la finale avec ses quatre complices des Echos Liés, Jérôme Ortega, le leader du collectif, a pris le temps de répondre à nos questions sur cette aventure qui les a vu remporter 100..000 euros et une tournée avec Arturo Brachetti. La philosophie de son groupe : être drôle athlétique et surprenant. Si la nuit a été courte et les émotions plutôt fortes, Jérôme Ortega livre à Ozap son avis sur cette quatrième saison de La France a un Incroyable Talent, le jury, la tournée et leur avenir... Entretien.

Ozap : Réalisez-vous que vous venez de remporter la finale ?
Jérôme : C'est encore trop frais, on ne réalise pas ! Et puis, on est une bulle, on est un groupe et les choses extérieures ont du mal à percer cette bulle, même quand c'est aussi intense que ça. Je pense qu'on va réaliser tout ça d'ici ce soir ou demain.

Comment avez-vous vécu cette finale, hier soir, avant même qu'on annonce les résultats ?
C'était une super soirée, surtout que la demi-finale avait été très difficile pour nous. J'avais été blessé, donc on n'avait pas répété. On avait une énergie, peut-être pas négative, mais on avait beaucoup plus de pression. Alors que pour la finale, on était sereins, positifs, on avait envie de s'amuser et c'est ce qu'on a fait tout au long de la soirée. Donc c'était génial !

« On se définit en trois mots : drôles, athlétiques et surprenants »



Et quand vous avez entendu votre nom, vous vous êtes dit « Ca y est, c'est fait » ou plutôt « maintenant, tout commence » ?
Moi j'ai eu des flash-backs de toutes ces années difficiles passées entre les spectacles de rue et les entrainements. C'est la fin et le début de quelque chose, vraiment. Pourtant, je ne le pensais pas. Jamais je ne me suis dit : « si on gagne, est-ce que ça va changer quelque chose pour moi, dans ma tête et dans l'équipe ? ». Non, réellement, on s'est pris une baffe hier !

Vous n'aviez pas tenté de participer à l'émission lors les éditions précédentes ?
Non, c'est la première fois qu'on participait, même si on a suivi l'émission depuis qu'elle a été créée. Là, ça s'est fait au feeling, c'est un artiste de rue qui a participé à l'émission il y a deux ans qui nous a dit : « Les gars, faites Incroyable Talent, c'est le casting en ce moment, faut y aller ! ». Donc ça s'est fait du tac au tac.

Comment définiriez-vous le style de votre collectif ?
On se définit en trois mots : drôles, athlétiques et surprenants. Alors pourquoi ? Parce que si on ne nous dit que "sport", ce n'est pas vrai, si on dit "humoriste", ce n'est pas que ça... On ne peut pas dire de nous danseurs, acrobates, circassiens, comédiens... Donc on s'est limité à drôle, athlétique et surprenant plutôt que de ne parler pour ne rien dire.

« On s'était proclamé favoris ! »



Cette année, M6 a fait la promotion de l'émission en annonçant vouloir trouver la nouvelle Susan Boyle française. Céline et Agnieszka semblaient avoir ce profil, est-ce que vous pensiez justement que vos chances étaient compromises ?
Non, pas du tout, parce qu'on chante aussi... (Rires) C'est peut-être difficile à croire, mais on n'était pas du tout dans cet univers de compétition où on regarde les autres candidats pour savoir qui pourrait gagner. On n'était pas dans ce mode-là. On était dans le mode « amusons-nous et donnons le maximum ». Après, il y a eu cette demi-finale très difficile et pour la finale, on s'est dit qu'il ne fallait pas "que" s'amuser. On voulait montrer aux gens que la demi-finale était une erreur de parcours. On a voulu montrer qui on était vraiment, faire passer une énergie pendant le spectacle. C'est ce qu'on a voulu prouver tout au long de cette aventure.

Est-ce cette énergie et cette fraîcheur qui ont fait selon vous la différence auprès du public ?
Je ne sais pas, mais je pense que tous ces gens qui nous ont rencontrés dans nos spectacles de rue ont retrouvé notre authenticité à la télé et il se sont dits : « Tiens, on les soutient ! ». Parce que dans le spectacle de rue, il y a une vraie interaction avec le public. Et les gens qui ne nous connaissaient pas avant ont peut-être eux aussi apprécié cette fraîcheur, ce côté authentique. En tout cas j'espère !

Sur le web, les internautes donnaient plutôt Skorpion et Florian comme favoris, le ressentiez-vous ?
Non, je ne savais pas qu'ils étaient favoris ! On ne s'était pas trop renseignés sur qui l'était. Nous, on s'était proclamé favoris ! (Rires) Comme tout le monde d'ailleurs ! Evidemment, on avait nos idées là-dessus. On avait bien sûr pensé à Skorpion, aux So United Crew, à Florian aussi qui est très très fort. On n'a pas été surpris de voir Skorpion terminer deuxième. On n'a pas non plus été surpris que ce soit nous !

« Le Jury a toujours été très objectif avec nous »



Que vous a dit le jury après votre victoire ?
Gilbert Rozon nous a dit qu'il était très content, mais il nous a dit aussi qu'il était très surpris. Pour lui, c'était impensable que des humoristes gagnent cette émission. Il nous a confié qu'il ne pouvait pas être plus content que ça, même s'il aimait beaucoup Skorpion aussi. Il voulait que ce soit nous, mais il ne pensait pas que ce serait possible. Valérie Stroh est quelqu'un de très sympathique donc elle était très contente pour nous et nous a pris dans les bras. Et puis Smaïn nous a dit : « Ca y est, ça commence, vous allez faire une grosse carrière ».

Le jury vous a toujours soutenu, même s'il avait trouvé votre performance en demi-finale moins réussie...
Et c'était vrai ! Je trouve que le jury a toujours été très objectif avec nous, que ce soit la première, la deuxième ou la troisième fois. On les a trouvés justes tout au long de l'émission.

Etiez-vous libre de faire le numéro que vous vouliez ou y avait-il des contraintes de la production ?
Bien sûr, on a eu des contraintes techniques parce qu'on a l'habitude de faire beaucoup de choses et que sur un plateau télé, on ne peut pas tout faire ! Il y a des effets visuels qui ne rentrent pas à la télévision, donc il y a des choses qui était impossibles, évidemment. Mais on a quand même été assez libres et j'ai envie de dire aussi qu'on s'est beaucoup imposés. On avait envie d'être fidèle à notre univers et on l'a été. On a réussi à faire passer ça.

« Gilbert Rozon et Gérard Louvin vont nous tester à Bobino »



Vous êtes-vous imposés vous-même des limites ?
On a surtout essayé de doser l'énergie, parce que c'est vrai que sur un plateau télé en direct, c'est différent. On est issu de la rue et la rue, c'est l'improvisation, c'est tout de suite rebondir sur quelque chose, c'est communiquer avec les gens et partager l'énergie. Quand on a commencé l'aventure, on s'est dit : « Les gars, il ne faut pas péter un plomb, on ne peut pas rester une heure sur scène ! ». Par rapport à la production, par rapport aux candidats, on a quand même un certain respect. Donc on peut déjanter un peu, mais pas trop. Il y avait une certaine retenue par rapport à tout çà.

Comment s'annonce la suite pour vous ? Vous avez annoncé après votre victoire vouloir louer la plus grande salle de France pour faire un spectacle d'une heure et demie !
Oui, exactement ! C'est notre objectif depuis six mois, essayer de faire une tournée nationale. Avec l'émission, on a voulu faire une date en choisissant l'Olympia, la salle la plus mythique ! On a aussi le projet d'un DVD et bien sûr la tournée avec Arturo Brachetti. On a également le spectacle à Bobino le 26 janvier prochain qui est fait avec tous les candidats d'Incroyable Talent. Ce spectacle sera en fin de compte un show case pour Les Echos Lies. C'est un test que nous font passer Gérard Louvin et Gilbert Rozon. On leur a proposé de leur montrer notre spectacle d'une heure et demi et ils ont décidé de louer la salle pour l'occasion afin de nous tester. Tous les candidats d'Incroyable Talent sont invités pour faire un soirée sympa. Mais si le test fonctionne pour nous, on sera tous les lundis et mardis à Bobino !

Votre vie va changer complètement... !
C'est génial, on passe de spectacle de rue, dans le froid sur des pavés - mais je ne critique pas, puisqu'on adore ça - à une salle magnifique avec du parquet et des spots. (Rires) C'est un vrai chamboulement, tout a basculé. Même si on avait déjà fait des grosses scènes. On a fait du théâtre, un show à Bercy, d'autres pendant des matchs de basket, mais ça change complètement quand on se retrouve à Bobino et qu'on peut maintenant avoir l'optique de faire un DVD à l'Olympia.

« On ne fera pas la première partie d'Arturo Brachetti, on fera partie de son spectacle »



Vous êtes professeur de danse, est-ce que vous allez pouvoir continuer à jongler avec votre métier et votre nouvelle vie ?
En fait, on avait pris les devants. L'année dernière, on faisait 25 heures de cours par semaine et cette année, on ne donne plus que 8 heures qu'on a regroupées sur une journée. On avait prévenu tout le monde avant en espérant que ça se passe bien pour nous, qu'on puisse être remplacé si on n'était pas là. Donc en fin de compte, tout va bien s'accorder ! Mais il faut dire aussi qu'on a tout fait pour !

Vous avez gagné une tournée avec Arturo Brachetti, savez-vous déjà comment cela va se passer ?
Précisément non, mais je crois que la tournée commence en juillet. Ce qui est excellent, c'est qu'on ne va pas faire la première partie d'Arturo Brachetti : on va participer à son spectacle ! Ce sera une tournée internationale avec Montréal, Chicago, Toronto...

Votre humour est aussi basé sur les textes, est-ce que ça ne va pas être trop compliqué de conquérir un public non-francophone ?
On s'était déjà testé et mis en péril par rapport à la langue en se produisant en Espagne. Moi, je parle espagnol couramment, mais pas mes amis. De toute façon, quand on change de pays, l'humour et les jeux de mots sont différents et en fin de compte, c'est l'énergie qui prime. Je pense que ça va très bien se passer et s'il y a des jeux de mots à faire, on traduira ça en anglais !

Vous avez gagné la tournée, mais vous avez aussi gagné 100..000 euros. Vous allez les partager entre les cinq membres du groupe ?
Non, on investit tout dans notre projet, le DVD, la tournée, l'Olympia... Même avant, tout ce qu'on gagnait avec nos métiers ou l'argent de la rue, on l'investissait pour notre passion. Ca a toujours fonctionné comme ça dans notre collectif. S'il y a de l'argent qui rentre, c'est pour faire grandir le collectif et monter des spectacles.


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