Jena Lee : "Je ne vais pas faire la gueule juste pour le concept"


Jena Lee
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Crédits : Universal Music

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Personne Jena Lee
Publié par Charles Decant
Lundi 23 Novembre 2009 16h11
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Depuis six semaines, Jena Lee domine de main de maître les ventes de singles en France. Numéro un aussi bien des ventes physiques que digitales, la jeune femme, âgée de 22 ans, vient également de réaliser une belle entrée dans les charts albums. Mais elle était déjà en tête des ventes de singles il y a deux ans, puisque c'est elle qui a écrit le premier numéro un de Sheryfa Luna, "Quelque Part".

A l'occasion de la sortie de son premier opus, Jena Lee a accordé un entretien à Ozap, dans lequel elle se présente, et explique son parcours atypique d'auteur-compositeur devenue interprète. De ses influences à l'image de la pop en France, en passant par sa façon d'envisager son "public" (ne lui parlez pas de ses "fans" !), Jena Lee répond avec franchise et simplicité à nos questions.

« Ecrire l'album de Sheryfa, c'était frustrant »

Tu étais d'abord auteur-compositeur avant d'être interprète, si je ne me trompe. Est-ce que c'était par défaut, parce que tu n'avais pas réussi à décrocher un contrat ?
Exactement, oui. Ca s'est fait totalement par hasard en fait.

Et comment on devient auteur-compositeur de profession ? Comment on se retrouve à écrire le premier single de la gagnante de Popstars, Sheryfa Luna ?
Parce qu'en fait, je travaillais sur mon album à l'époque, et j'avais contacté le producteur Sully B Wax, parce que je cherchais des sons. Mais ce qu'il avait fait ne m'a pas correspondu, donc on n'a pas travaillé ensemble. Mais il m'a gardé en tête. Et un jour, il m'a dit "tiens, je vais réaliser le premier album de Popstars, et j'aimerais te tester". Il m'a envoyé l'instru de "Quelque Part", et moi je lui ai renvoyé mon texte. Et il m'a dit "OK, on fait tout l'album ensemble" ! Finalement, il y a d'autres artistes qui ont participé au projet, et j'ai fini par écrire six titres sur l'album du gagnant de Popstars. Je ne savais pas encore que c'était Sheryfa ! Donc je n'ai pas vraiment écrit pour elle, c'était plutôt des commandes.

C'était facile, justement, que tes premières chansons dévoilées au public soient chantées par d'autres ? Comment ça s'est passé ?
C'était pendant les vacances, j'étais dans le sud, dans ma chambre. Et donc toutes les chansons que j'ai écrites pour Sheryfa, je les ai écrites dans ma chambre. Et ça faisait vraiment bizarre de les voir exposées. J'avais l'impression que ça m'échappait un peu, parce qu'à l'époque, je ne m'étais pas vraiment habituée à écrire pour d'autres. Donc j'écrivais avec ce que je ressentais, et il y a une petite partie de moi qui s'est échappée, ça m'a fait bizarre. J'étais un peu frustrée aussi, parce que les personnes qui ne lisent pas les petites lignes dans les livrets, pensaient que c'était Sheryfa qui avait fait le travail. Donc c'est un peu blessant. Mais j'ai aussi gagné un public, grâce à elle...

Ceux qui lisaient les petites lignes, justement...
Oui, voilà. Du coup, ils ont lu "Jena Lee", ils se sont renseignés... Les curieux ont réussi à me trouver, et se sont intéressés à mon projet, mais c'est vrai qu'au début c'était assez difficile.

« C'est Max Martin qui m'a tout appris »

Et comment tout ça a commencé ? Il y a deux ans, quand tu as commencé à travailler sur ton album, tu étais toute seule ?
Je travaillais avec des éditeurs, j'étais signée en maison d'édition depuis l'âge de 18 ans. Mes parents les avaient rencontrés, on avait eu un bon contact, ils faisaient très professionnels. Donc on a signé. Et ils m'ont formée, ils m'ont payé des cours de chant, de danse... Ils m'ont beaucoup appris en fait. J'ai vraiment construit mon identité musicale avec eux. Et on avait déjà travaillé sur l'album en grande partie, on avait les trois quarts des chansons qui figurent sur l'album, quand j'ai gagné un concours d'auteurs. Et c'est à ce moment que j'ai pu signer chez Mercury.

Tu dis que tu as façonné ton son avec eux, comment tu le décris justement ? C'est ça, ce que tu appelles le emo-R&B ?
Oui, c'est ça.

Qu'est-ce que c'est ?
C'est drôle, c'est une question qu'on me pose assez rarement (rires).

C'est vrai ?
(Rires) Non...

Et moi je ne comprends pas le sarcasme ! (Rires)
(Rires) Fais gaffe, je suis très sarcastique ! Donc, en fait, le emo-R&B... Quand j'étais plus jeune, j'avais plein d'influences différentes. J'écoutais aussi bien Linkin Park que Justin Timberlake, Evanescence, Britney Spears, parfois N.E.R.D., donc Pharrell Williams, et Timbaland aussi... et également Max Martin, qui est un compositeur suédois...

Le GRAND Max Martin !
Oui ! C'est rare que les gens le connaissent ! C'est un hitmaker, à chaque fois qu'il sort quelque chose, c'est un tube ! D'ailleurs c'est lui qui m'a instruite, au niveau de la structure d'une chanson, je me suis basée complètement sur lui, au niveau des mélodies aussi, un peu mélancoliques... donc c'est vraiment mon modèle numéro un !

C'est un très bon modèle !
Mais peu apprécié... Quand j'étais dans le sud, on me disait "Oh, Britney Spears, c'est naze... *NSync, tout ça"... Tout le monde se foutait de ma gueule !

La pop n'a pas forcément une bonne image en France, c'est vrai.
Je ne sais pas pourquoi !

« Je n'ai pas voulu choisir entre rock et R&B »

Jena Lee
Et donc tu comptes y remédier ?
Exactement ! Et si j'ai fait le emo-R&B, c'est parce que je ne voulais PAS entrer dans une case, et c'est vraiment un mix de mes influences. A la base, je faisais soit des chansons rock, soit des chansons complètement R&B. Et on m'a demandé de choisir. Et là je me suis dit "merde, qu'est-ce que je vais faire ?". Et finalement, j'ai dit non, je veux mixer les deux genres. Mes éditeurs m'ont soutenue, mon manager Benjamin Chulvanij aussi, il a trouvé l'idée intéressante. Mercury m'a fait confiance aussi dans un style tout nouveau, et c'est très rare pour une major de prendre ce genre de risques. Et c'est même rare en France qu'on tente des choses nouvelles.

Et comment tu le définis ce emo-R&B, alors ?
Si je dois résumer, le emo-R&B, c'est des guitares saturées à la Linkin Park, metal, ou des guitares plus mélodiques derrière, un beat plus urbain un peu Timbaland, avec des synthés, des pianos, des mélodies... c'est un peu le mix de tout ça. Et des textes un peu noirs, quand même !

« On refusait mon titre en radio... avant mon numéro un ! »

Tu as signé il y a presque un an chez Mercury. Qu'est-ce qui s'est passé pendant un an ?
On a travaillé sur l'album. On a vraiment défini l'univers musicalement. Il fallait que les chansons aient des points communs, qu'on reconnaisse la patte Jena Lee, la patte emo-R&B. J'ai travaillé avec Busta Funk, le réalisateur de l'album, qui a trouvé ce son. On a galéré, on a eu dix versions sur "J'aimerais tellement"... comment doser les guitares, pour ne pas que ça fasse pas trop metal, mais il ne fallait pas que ça fasse trop R&B non plus. Et je crois qu'on a trouvé un juste milieu. On verra la réaction des gens !

Elle est plutôt positive puisque tu es numéro un des ventes ! Qu'est-ce que ça t'a fait ?
J'étais assez surprise, parce qu'on n'avait pas de radio nationale en fait. On avait du buzz sur le web, mais je n'étais pas sure que ça suffirait. Parce que, comme c'est des gens du web, ils n'achètent pas en physique, ils téléchargent. Et pourtant, grande surprise : numéro un. Au début je n'étais pas contente... j'étais choquée ! Je n'y croyais pas ! Du coup, la première chose que j'ai faite, c'est de mettre un message sur le facebook pour dire merci d'avoir acheté ce putain de single ! (Rires) Et ce sont eux qui sont numéro un, pas moi. Ils ont vraiment fait quelque chose d'exceptionnel pour moi, parce que c'est très rare aujourd'hui qu'on achète des singles physiques. J'étais vraiment fière de mon public.

Tu n'avais pas de soutien des radios nationales quand le titre est entré numéro un. Comment ça se passait pour toi ? Tu étais tenue au courant des difficultés ?
Je sais tout ! Je suis impliquée aussi dans le côté médias, commercial, tout ça. Mon manager me dit tout. Et c'est vrai que c'était difficile d'apprendre qu'on me refusait en radio. Et là, comme par hasard, numéro un, et je suis rentrée directement sur NRJ et sur Skyrock.

Tant mieux !
Tant mieux, tant mieux ! D'ailleurs ils vont aider à ce que ça dure, peut-être ! J'avoue que j'ai très très peur chaque semaine, je me dis "ça va descendre, on va pas vendre, les gens ne vont pas kiffer, ils ne vont pas acheter".

« Mes textes sont peut-être plus "intelligents" que les autres »

Tu es une nouvelle artiste, et tu arrives sur une scène R&B française féminine qui est assez chargée, entre Vitaa, Shy'm, Sheryfa Luna... Ce n'est pas toujours facile de se différencier... ! Tu comptes beaucoup sur le côté emo ?
Oui, je compte vraiment là-dessus. Sur l'originalité du clip. Sur les textes, peut-être, je ne vais pas me vanter, mais c'est peut-être plus intelligent on va dire, entre guillemets. Je n'essaie pas d'avoir des thèmes d'amour, même si le premier single est un très mauvais exemple ! Il ne représente pas forcément l'album, il n'y a que deux textes d'amour, sur douze.

Et le reste ?
Le reste, c'est vraiment des problèmes un peu plus poussés, comme le mal-être adolescent, la drogue, le suicide... Il y a des petits scénarios aussi, il y a un titre qui s'appelle "Redeviens toi-même", dans lequel je meurs... c'est pas très gai ! C'est sur quelqu'un qui part un peu en vrille, qui fait plein de conneries et que j'essaie de ramener à la réalité. Il y a du style moqueur aussi, notamment sur le côté bling-bling du R&B, il y a "Victime idéale" qui parle d'une fille de 13 ans qui s'habille en femme, et du fait que l'influence des médias peut être dangereuse sur les petites filles.

Tu te vois comme un modèle justement, pour les jeunes ?
Je ne sais pas si je suis un modèle, mais...

Est-ce que ça rentre en ligne de compte quand tu écris tes chansons ?
J'essaie de ne pas être moralisatrice. C'est ça qui est difficile dans les chansons : quand tu veux faire passer un message sans être moralisateur, c'est assez compliqué. Donc j'étale les choses telles qu'elles sont, en gardant une note d'espoir à la fin. Je ne vais pas dire "la guerre, c'est pas bien", c'est cliché, et je n'aime pas les clichés. Donc je n'ai pas envie de dire "donnez aux pauvres". Non ! Je veux juste faire passer un message sans donner de vrai conseil. C'est plutôt sous-entendu.

« Je n'aime pas le mot "fan", ça fait "fanatique" »

Tu es une nouvelle artiste, et tu fais partie d'une génération qui utilise énormément les sites communautaires pour ta promotion. C'est toi qui as créé les comptes Twitter, Facebook, Skyblog... ?
Oui, oui, à part le Twitter. Je ne gère pas mon Twitter ! Mais je suis beaucoup sur Facebook en revanche. J'interagis beaucoup avec les fans - enfin je n'aime pas le mot "fans", j'interagis avec le "public". Je n'aime pas ce mot-là, ça fait "fanatique", et ils ne sont pas comme ça ! Je veux dire, je suis allée voir Justin Timberlake en concert, j'entendais les gens crier autour de moi, c'était horrible. Moi, j'étais sereine, j'étais contente de le voir, c'est tout. Pourquoi tu cries ? Ca sert à rien ! C'est juste une question de respect de la musique pour moi. Je ne pense pas que tu aies besoin de crier pour lui montrer que tu l'aimes !

Donc quand tu seras sur scène, ce sera une marque de respect si personne ne crie ?
Non. (Rires) Après, j'ai dit que moi j'étais comme ça, ça ne veut pas dire que les gens doivent l'être aussi ! (Rires) Moi, ça ne me gêne pas ! Mais je n'aime pas le mot "fan". Je dis "public".

Il y a certains artistes qui sont contre Twitter et ce genre de rapports avec les fans, qui pensent qu'il faut rester mystérieux...
Je suis mystérieuse ! Dans le sens où... Non, enfin je ne vais pas dire que je suis mystérieuse, parce que le fait de le dire, ça enlève tout le mystère ! (Rires) Je pense que j'ai gardé une part de mystère avec les médias, sans l'être forcément avec les... avec le public ! Je peux être très sympa. Je n'ai pas envie de jouer la mystérieuse, à faire la gueule, juste parce que c'est dans le concept emo-R&B. Je suis normale avec eux, c'est tout !

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Les commentaires des lecteurs

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le 23 Nov. 09 à 18h06
Edition
  
merci pour cette itw
 
le 23 Nov. 09 à 21h14
Edition
  
passera comme d'autres je pense !
 
le 24 Nov. 09 à 11h38
Edition
  
Merci ozap pour l'interview.
 
le 24 Nov. 09 à 19h47
Edition
  
shéryfa luna... mouais bof
la chanson de jena lee... mouais très bof
toujours trop mielleux! prenez des risques un peu mince!
 
le 25 Nov. 09 à 10h49
Edition
  
Elle a pas l'air bête et parait assez honnête.
 
le 25 Nov. 09 à 22h37
Edition
  
Je trouve que pour son age elle a une maturité assez surprenante & n'en fais pas des tonnes !
Je suis pas fan de "J'aimerais tellement" mais ça passe bien à l'oreille.
Mais à part ça très bonne interview et très bonnes réponses de la part de l'artiste.
 
le 28 Nov. 09 à 18h13
Edition
  
Jena va faire la première partie le 10 décembre au Casino de Paris de Quentin Mosimann mais elle n aura pas son public car il ne reste plus qu une centaine de place et le public qui a acheté ces places sont les pote fans de Quentin qui ont de 15 à 75 ans d age et qui eux aiment le jazz et son ambiance électro DJ .Espérons qu elle les convainquera ce soir là ?
 
 
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