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16H20 Le 28/12/09 News 20 publié par Charles Decant
Vitaa : "Je n'ai pas compris les attaques des gens"

Vitaa : "Je n'ai pas compris les attaques des gens"


En janvier 2007, Vitaa créait l'événement dans les charts avec son premier album, [musique:42992 "A Fleur de Toi"]. Avec plus de 60..000 ventes en première semaine, l'album réalisait le meilleur démarrage de l'histoire pour un album de musique urbaine, porté par la ballade mélancolique [musique:43002 "A Fleur de Toi"]. Trois tubes suivirent, ainsi qu'un duo avec Diam's. Puis, plus rien ou presque.

Trois ans plus tard, revoilà donc celle qui a ouvert la voie à une nouvelle vague de chanteuses R&B, de Shy'm à Sheryfa Luna, en passant par Lea Castel ou Jena Lee. Vitaa dévoile en effet cette semaine son deuxième opus, [musique:346426 "Celle que je vois"], introduit par un single uptempo et impeccablement bien produit, [musique:340708 "Une fille pas comme les autres"].

A l'occasion de la sortie de l'album, Vitaa a reçu Ozap et nous parle de ce nouvel opus, bien sûr, mais aussi de son côté garçon manqué, des erreurs qu'elle a faites et des attaques dont elle a fait l'objet. Elle revient également sur la presse people, de la façon dont cette dernière a traité la conversion de son amie Diam's, et de sa désolation face à des émissions comme Secret Story. Entretien.

« Je ne fais pas de la musique pour être n°1 »



Pourquoi avoir attendu si longtemps pour revenir ?
Parce que je suis auteur-compositeur, j'écris tout ce que je vis. Mon premier album était très introspectif et très intimiste, et il y a eu un tourbillon médiatique autour de cet album, et moi, j'ai eu besoin de faire une coupure. De partir, de rentrer dans ma ville - parce que je suis lyonnaise- , de m'enfermer et de vivre pendant un an et d'écrire, parce que je n'écris que sur ce qui me touche et ce que je vis. J'ai eu besoin de revenir à la vie normale, de redevenir personne, et vraiment de vivre et écrire. C'était une volonté de ma part de revenir avec un deuxième album encore meilleur que le premier. Je ne fais pas de la musique pour être numéro un. Je fais de la musique pour que les gens kiffent et parce que les gens se sont tellement identifiés à moi dans le premier album, je me suis dit « je leur ai donné ça, faut que je leur donne quelque chose d'encore meilleur ». Et j'ai eu besoin de temps pour ça.

Tu n'as pas eu peur que les gens t'oublient ?
Bien sûr qu'on a peur que les gens nous oublient. Maintenant, je ne pense pas que les gens nous oublient vraiment. Pendant l'absence, il y a plein d'autres choses qui sortent, et c'est un métier où il y a plein d'artistes, et comme tout le monde, on aime des choses qui sortent, qui sont nouvelles, et les gens vous écoutent moins, vous voient moins... Mais quand tu reviens, et que tu reviens bien, les gens se disent « ah ouais, c'est pour ça que j'aimais bien ». Donc je pense que c'est mieux de prendre le temps de revenir avec un bel album, que d'enchaîner et que les gens ne sachent même pas que c'est un deuxième album. C'est vraiment voulu.

« Je voulais montrer mon côté garçon manqué »



Tu reviens avec un single uptempo. Ca aussi, c'était volontaire ?
Oui, alors ça, le choix du premier single qui est assez différent du contenu de l'album et des influences de l'album, c'était vraiment un délire. Parce qu'il y a un truc que je n'ai pas réussi à mettre en avant sur le premier album, c'est cette dualité entre ma sensibilité, qui a été très très mise en avant, et le côte nana, femme forte indépendante, garçon manqué dans ma tête... Des trucs que les gens ne soupçonnaient pas ! C'était l'occasion sur le premier titre, de faire quelque chose de très différent de là où les gens m'attendaient. Et le thème, c'est vraiment un délire par rapport à tout ce que j'ai vécu depuis un an, parce que je suis vraiment un garçon manqué, qui aime les courses de vitesse, la moto... Et je me rendais compte que j'étais souvent un OVNI dans les conversations, et donc j'ai écrit un morceau là-dessus.

Et du coup, qu'est-ce qu'on doit attendre de cet album ?
Disons que dans cet album, je suis allée plus loin. J'ai fait une vraie recherche musicale, je me suis entourée de producteurs pointus dans le hip-hop, dans la house et dans d'autres styles, et on a essayé d'emmener l'album plus loin, de prendre des risques, de proposer des morceaux plus forts. Vraiment, musicalement, il y a une vraie évolution par rapport au premier.

Et au niveau des thèmes ?
Au niveau des thèmes, il y a juste six ans d'écart entre l'écriture de certains titres, et ça s'entend. J'ai 26 ans aujourd'hui, je suis devenue une femme, j'étais une adolescente à l'époque quand j'ai signé en maison de disques. Il y a d'autres choses qui m'intéressent. Je me suis ouverte aux autres parce que j'ai rencontré beaucoup de gens, j'ai voyagé, j'ai fait plein de choses. Et j'ai aussi vécu des choses pas faciles, donc j'en parle dans cet album. Les thèmes sont plus variés, toujours très personnels, mais moins tourné sur moi. Il est plus tourné sur moi qui regarde les autres et qui pars à leur rencontre.

« J'étais une victime »



Tu as ressenti la pression au niveau des ventes après le succès du premier album ?
J'ai une pression tout court en fait. Forcément, c'est mon deuxième album, j'ai mis longtemps à le faire. Et aujourd'hui j'ai une telle fierté vis-à-vis de cet album, parce que j'ai pris le temps de faire un album que je voulais à ma couleur, qui est conforme à mon évolution en tant que femme, que franchement, ma pression était plus en termes de qualité encore une fois, et par rapport à mon public. Et ma plus grande hâte, c'est la sortie de l'album, les débriefs des gens sur internet qui me soutiennent. Je serai dégoûtée si les gens sont déçus, alors que je serai moins dégoûtée si l'album vend moins mais que les gens l'aiment. Après, je suis consciente que le milieu est plus difficile aujourd'hui, que les ventes sont différentes, que j'avais un buzz au moment de la sortie du premier disque que je n'ai pas aujourd'hui. Donc je ne m'attends pas à faire un démarrage phénoménal. Maintenant je suis consciente que c'est un album que je peux travailler sur la longueur, parce qu'il y a matière.

Tu parlais de choses difficiles depuis trois ans... Tu as fait l'objet d'attaques assez faciles et violentes sur internet, de groupes sur Facebook...
Oui... A l'époque, j'étais une petite meuf normale, j'allais beaucoup sur le net, je regardais. Mais à un moment donné, quand tu te rends compte qu'aujourd'hui, c'est devenu un métier de faire des blogs méchants, de critiquer les gens, d'attaquer... j'ai arrêté d'aller sur internet il y a bien longtemps. Enfin, à part pour mon MySpace, mon espace VIP et mon blog que je gère moi-même, ça fait bien longtemps que je n'y vais plus, parce que quand on est jeune, qu'on est projeté sur le devant de la scène... j'étais une fille quand même hyper sensible... j'ai eu mal. Je n'ai pas compris les attaques des gens. Mais, sincèrement, il y a des choses qui m'ont blessée à l'époque et qui aujourd'hui me font rire, d'autres qui m'ont rendue plus forte, et je sais qu'aujourd'hui, je vais aborder les choses différemment. Que ce soit le succès ou l'échec. On prend du recul, on grandit en deux ans et demi, trois ans d'exposition, on rencontre des gens, on change. Aujourd'hui, franchement, je suis plus forte.

Ca tranche à nouveau avec cette image de fille très fragile qu'on avait de toi...
Oui, c'est vrai ! Sur "Ma soeur", il y avait un peu plus de force, mais "A fleur de toi", c'était vraiment mon histoire, ma vie. De toute façon, il y a cette sensibilité en moi, et sur l'album, on la retrouve beaucoup. Mais aujourd'hui, ma sensibilité, elle va avec ma maturité. Elle va avec le fait qu'avant, j'étais dans des histoires où je souffrais, et je restais. Et j'aimais rester, et j'aimais souffrir, et je me disais « mais t'es une pauvre fille ! » Aujourd'hui, je me suis rendue compte de mes erreurs. J'ai encore souffert récemment, mais j'ai eu la force de me dire « OK, tu n'es pas faite pour ça, maintenant tu prends tes affaires et tu t'en vas ». Et ça, c'est la maturité des 26 ans, c'est le fait que j'ai envie de me marier et d'avoir des enfants, et que je vis différemment. Il y a la sagesse qui me fait évoluer, alors qu'avant, j'étais une victime, j'aimais me faire souffrir.

« J'ai un peu une vie de vieille ! »



Le fait d'aller te ressourcer à Lyon, c'est ça qui explique qu'on te voie pas dans la presse people ?
Non, parce que je vis sur Paris. Dès que je suis en période de travail, je suis sur Paris. Tout simplement parce que je pense que, quand on ne veut pas être dans la presse people, on peut ne pas y être. Et moi, je ne tiens pas à y être ! Après, à côté de ça, j'ai aussi la chance d'être une fille sauvage et casanière. Ca veut dire que je ne sors jamais ! Les rares fois où je suis allée dans les soirées parisiennes, c'était peut-être pour des avant-premières de films qui m'intéressaient, mais c'est très rare. Ca doit m'arriver une à deux fois par an. A côté de ça, je vais beaucoup au cinéma, je suis comme tout le monde. Mais je n'aime pas le milieu de la nuit, je ne bois pas, je ne sors pas beaucoup... Mes amis sont pour la plupart sur Lyon, donc à Paris j'ai essentiellement une vie professionnelle.

Tu es si casanière que ça ?
Oui ! J'ai un peu une vie de vieille ! Je suis une nana qui aime bien rester chez elle, devant la télé, à regarder des bons films avec mes copines. A partir de là, je pense que je ne les intéresse pas, premièrement. Et deuxièmement, ma vie privée ne regarde que moi, et je ne suis pas une fille qui va s'afficher avec son mec. Je suis une fille très pudique et très discrète, donc je pense que je n'ai aucun critère qui les intéresse. Je ne pense vraiment pas que je me retrouverai là-dedans. Ca m'est arrivé une fois ou deux, par hasard, mais je sais très bien que je ne les intéresse pas, et j'en suis contente. Et je suis persuadé que si on ne veut vraiment pas y être, on n'y est pas. Ou alors il faut avoir très peu de chance.

« Pour moi, la presse a violé la vie privée de Diam's »





Et comment tu as trouvé le traitement, par cette presse, de la conversion de Diam's, qui a été très médiatisée ?
Bah moi je trouve ça dramatique, et triste, de violer l'intimité de quelqu'un comme ça - surtout quand on touche à la religion et ces choses-là. Moi je suis triste en fait, quand je vois ça, parce que c'est grave de rentrer dans l'intimité des gens à ce point-là. Pour moi c'est un viol de sa vie privée ! On n'a pas à savoir ça ! Et je trouve ça vachement bien qu'elle n'en parle pas, parce qu'elle n'a pas à le faire. Ca la regarde.

Si tu restes souvent devant la télé, c'est pour y regarder quoi ?
Je suis une grande, grande fan de séries. Il fut un temps où je ne pouvais pas m'endormir sans séries. Je me suis tuée à tout ! Desperate Housewives, Gossip Girl, Prison Break...

Prison Break ? Les quatre saisons ?
Oui, les quatre !

Tu as du courage, quand même !
Oui, c'est vrai que j'ai été déçue par la fin... J'ai décroché. Sinon il y a aussi Californication, qui est une de mes préférées... Et puis sinon, je regarde aussi beaucoup de films. Mais j'aime bien plein de choses ! J'aime bien les documentaires la nuit...

Chasse et pêche ?
(Rires) Non, surtout pas ! Mais j'aime bien les Envoyé Spécial qui repassent la nuit, je suis très noctambule donc je regarde beaucoup ces trucs-là. Je regarde aussi les chaînes de voyages, j'aime bien faire ce qui se passe dans le monde.

« Les émissions comme Secret Story, ça me désole »



Tu n'es pas cliente de télé-réalité ?
Très peu ! J'ai, pour la première fois de ma vie, un tout petit peu suivi Secret Story cet été, par intermittence. J'ai dû regarder dix minutes de quatre primes. En fait, ça me désole, cette télé-là. Parce que le tourbillon médiatique m'a fait du mal, et j'ai essayé de m'en extraire. Ca rejoint ce que je disais sur la presse people. Je suis super heureuse aujourd'hui d'être heureuse et de pouvoir vivre de ma passion, mais limite j'aurais aimé pouvoir le faire sans qu'on me connaisse. Je n'aime pas être mise en avant, je n'aime pas quand je rentre dans un restaurant et qu'on me regarde. Et quand je vois des émissions comme Secret Story, où il n'y a aucun but artistique, je me dis que ce sont des gens pour la recherche du tourbillon médiatique uniquement. Et je me dis que c'est catastrophique pour eux, parce qu'ils vont en souffrir, et qu'on n'y gagne rien à part du mal. Je n'arrive pas à comprendre, en fait, que des émissions comme ça soient populaires. Je ne comprends pas.

En termes de télé-réalité, ils ont lancé cet automne X-Factor. Est-ce que tu as été contactée pour être jurée, et est-ce que ça t'aurait intéressée ?
Pas du tout. A l'époque, on m'a proposé d'autres trucs, comme Popstars je crois. Mais ce n'était pas pour moi, déjà parce que je n'aurais pas pu faire une émission comme ça, j'aurais flippé de devoir chanter devant des gens qui te jugent. C'est déjà assez dur de chanter devant ton public ! Après, chanter les chansons des autres, c'est un truc que je déteste, et juger les gens sur les chansons des autres... non. Ce n'est pas pour moi ! Je n'aime pas le jugement, tout simplement. Et puis on est qui pour juger ? Après il y a des cours, tout ça, moi-même je prends des cours de chant, je progresse, mais le jugement, les jurys, les trucs comme ça... Attention, après ce sont des supers écoles pour le live, pour avoir fait beaucoup de télé et tout, quand j'ai fait la Star Academy, j'ai vu à quel point ils étaient professionnels, les gamins, les petits, de faire des primes tous les samedis. Mais moi, je n'aurais jamais eu le courage de faire ce qu'ils ont fait. Et jury, encore moins, parce que je n'ai pas à leur donner de conseils.

Si tu devais présenter une émission de télé, ce serait quel genre alors ? Un documentaire sur les voyages ? Une émission de cuisine ?
Ce serait un mélange entre la cuisine et D&co. Parce que j'adore, je suis casanière, j'adore faire des trucs chez moi, j'adore faire les brocantes, chiner, j'adore cuisiner.

Finalement, tu n'es pas si garçon manqué que ça !
Ah non, attention, j'ai un côté femme ! Mais à côté de ça, j'aime les voitures, je regarde Turbo la nuit. Vraiment, il y a tout ça en moi. Et je voulais qu'avec cet album, les gens le sachent.


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