Laurence Ferrari : « Je suis convaincue d’avoir fait le bon choix avec Canal »
Epanouie. Laurence Ferrari semble l’être totalement depuis qu’elle a lancé en septembre Dimanche +, un rendez-vous politique hebdomadaire sur Canal+. La journaliste a su faire oublier Karl Zéro et son passé sur TF1. Pour imédias, elle dresse un premier bilan de sa rentrée.
Il est très positif. Je crois que je m’épanouis vraiment sur cette chaîne. Je suis convaincue d’avoir fait le bon choix et d’être sur la bonne chaîne, au bon endroit, au bon moment et avec la bonne équipe. Je suis vraiment heureuse et épanouie.
On vous connaissait assez peu dans le registre de l’interview politique. Qu’est-ce qui est le plus difficile dans cet exercice ?
Je prends beaucoup de plaisir à interviewer les politiques. La difficulté, ce n’est pas quand on va les chercher là où ça fait mal. Au contraire, c’est quand on a des gens en face de soi qui ne veulent pas répondre, qui manient la langue de bois. C’est extrêmement dur de ne pas trop les secouer, de ne pas trop les agresser pour qu’ils sortent des phrases normales et qu’ils soient concrets. Mais tous les journalistes sont confrontés à cette langue de bois.
Mais c’est très différent des autres types d’invités ou pas du tout ?
C’est très différent. En même temps, il faut distinguer ceux qui sont candidats et ceux qui ne le sont pas. Le niveau d’exigence face à ceux qui sont candidats n’est pas le même que pour les gens qui font partie de l’état major par exemple ou qui passent la parole du candidat. Mais en tout cas, je m’amuse beaucoup et je crois que c’est la posture qu’il faut avoir : poser les bonnes questions tout en gardant un certain recul et une certaine forme d’humour.
Tout le monde accepte de répondre à vos questions ? On avait beaucoup parlé de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal pour les premières émissions et puis finalement rien…
L’émission s’installe. On a battu notre record d’audience le 19 novembre. Je suis très satisfaite. Les gens viennent pour l’émission et pas pour l’invité car l’émission est très structurée, il y a des reportages très forts (le château, campanet, la caméra embarquée). Les téléspectateurs ont trouvé leurs repères à l’intérieur de l’émission donc je serai évidemment ravie quand les poids lourds de la campagne viendront mais en attendant, on continue. Encore une fois, l’émission ne se fera pas sur le nom d’un invité. Elle se fait sur la qualité des reportages et j’y tiens beaucoup et c’est très valorisant pour les équipes.
Libération critiquait violemment récemment votre ton laissant entendre que votre impertinence était un peu fabriquée. Qu’avez-vous à répondre ?
Rien du tout.
Et si vous deviez faire un bilan de vos interviews : êtes-vous moins satisfaite de certaines vis à vis du ton, du questionnement ?
L’interview est une matière vivante. On est en direct en plus donc c’est effectivement assez compliqué de se dire si on a réussi ou raté une interview. Moi, j’aime bien les interviews où on peut aller sur plusieurs registres. Celle de Laurent Fabius était très intéressante car il était très ému au début, très en colère à un moment. Donc, ce qui est agréable, c’est quand on a quelqu’un qui n’est pas monocorde, complètement lisse en face de soi. A ce titre là, j’étais particulièrement fière de cette interview de Laurent Fabius.
L’émission est conçue comme l’émission de la campagne présidentielle. Est-ce que ça veut dire qu’elle est vouée à disparaître au bout d’un an ?
Non car elle sera là pour une deuxième saison avec toujours le même concept politique et autant de reportages. Il y a d’autres élections prévues en 2007-2008 comme les municipales. Je ne pense pas que la vie politique va s’arrêter après la présidentielle, bien au contraire. Une première année de gouvernement, quelqu’elle soit, est passionnante à suivre et toutes les émissions politiques du PAF ne sont pas liées uniquement aux dates électorales !
Sur Canal, vous êtes devenue productrice. Outre Dimanche +, avez-vous des projets ou des envies d’émissions que vous pourriez produire ?
Pour l’instant, non. J’avoue que je suis très heureuse d’avoir monté cette société qui est une agence de presse qui ne fait que des reportages d’information. Notre gros challenge, c’est Dimanche + et on est très concentrés là-dessus.
On produit aussi des Lundi investigation pour Canal, des 52 minutes. Ça fait déjà beaucoup. On produit aussi ce que fait Thomas Hugues sur 13ème Rue. Ça fait déjà pas mal de choses pour une toute petite boîte qui vient de démarrer. On va déjà essayer de se stabiliser pour la première saison et après on verra. On a plein de projets de développement : on veut travailler sur le net, on travaille beaucoup sur le site de l’émission qu’on va rénover dans quelques semaines, mais aussi sur le mobile… On a plein de projets.
On a parlé de la possibilité pour Canal+ de se lancer dans les soirées électorales. Vous pourriez en être la maîtresse de cérémonie ?
Je ne sais pas, on réfléchit. On n’a pas encore de projet très précis. C’est vrai que je ne souhaite pas regarder cette élection à la télé : je n’ai pas très envie d’être devant mon poste mais plutôt dedans. Maintenant, il faut trouver la bonne idée. Canal a un niveau d’exigence fort. Toutes les grosses généralistes seront en direct avec des envoyés spéciaux dans le monde entier. Il faut donc trouver une bonne idée : on est à la recherche mais je ne désespère pas de la trouver.
On peut imaginer le retour du duo Thomas Hugues / Laurence Ferrari à cette occasion ?
Non, je ne pense pas (rires).
Vous avez quitté TF1 en de bons termes, votre mari un peu moins… Quels sont vos rapports avec TF1 aujourd’hui ?
Ils sont très bons. Je continue de revoir tous les amis que j’y avais. Maintenant, j’ai tourné la page. Je suis dans une entreprise qui me porte par son modernisme et son dynamisme donc c’est totalement différent. Encore une fois, je suis ancrée désormais dans Storybox press donc j’ai un tout petit peu plus de recul. Mais j’ai de très bons rapports avec les gens avec qui j’ai travaillé pendant une dizaine d’années à TF1.
On critique beaucoup l’arrivée de Edouard Boccon-Gibod dans l’état-major de l’info de la Une. Clairement, cette nomination vous fait-elle dire que vous avez vraiment fait le bon choix ?
J’avoue que je ne me mêle pas des affaires internes qui ne me regardent pas. Tout ça ne me regarde pas.
Finalement, vous vous dites que c’était incompatible pour TF1 d’avoir Thomas Hugues chez eux et Laurence Ferrari chez l’ ennemi Canal+ ?
On a espéré que ça le soit et la réalité s’est imposée. A un moment, c’était l’idée et que j’aille « vivre ma vie »…
Ça ne vous manque pas de ne plus avoir un magazine comme Vis ma vie qui était plus léger ?
J’ai « le journal inattendu » sur RTL et c’est vraiment ma bouffée d’air. Dimanche + est très focalisé sur la politique. Là, je suis vraiment heureuse avec le Journal inattendu car j’ai accès à un côté culturel que, forcément, ne permet pas Dimanche + par sa spécialisation. J’arrive à faire plein de choses différentes dans ce journal et c’est vraiment ma fenêtre, ma respiration. Et c’est quand même une tranche mythique de RTL avec des invités que j’ai envie de recevoir et qui m’intéressent. Je suis hyper heureuse d’avoir mes deux pôles que sont RTL le samedi et Canal le dimanche.
Ça a été difficile de prendre ses marques quand on reprend « Le journal inattendu » ?
Ce n’est pas simple parce que c’est pratiquement l’émission la plus ancienne de la radio, 40 ans que ça existe ! Les plus grands noms de la radio se sont succédés sur cette tranche. Je voulais à la fois revisiter les classiques mais pas tout révolutionner. Je suis très respectueuse de ce qui a été fait et de la fidélité des auditeurs. J’ai repris le système qui est de recevoir un invité qui est le rédacteur en chef avec moi. Et on amené notre petite touche avec des surprises au cours de ce journal qui doit être « inattendu ».
Vous avez eu connaissance des chiffres d’audience, comment ça se passe ?
Honnêtement, les audiences sont stables. RTL est redevenue la première radio de France : je m’en félicite et on est tous portés par ça.
Mais sur une grosse radio comme RTL, y a t il une grosse pression de l’audience comme on peut l’imaginer en télévision ?
C’est très différent car les résultats tombent tous les trimestres. La pression de l’audience existe car on est radio leader donc il faut faire attention. Honnêtement, Axel Duroux m’a toujours dit que j’avais le temps d’installer les choses et il le prouve. Il m’a renouvelé sa confiance à plusieurs reprises.
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