Laurent Boyer : « Sur M6, l’innovation est toujours présente »


Laurent Boyer
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Crédits : M6 - Robert

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Personne Laurent Boyer
Publié par Julien Mielcarek
Mardi 6 Mars 2007 07h00
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In-con-tour-nable. Présent depuis les débuts de M6, Laurent Boyer est très présent pour fêter les 20 ans de « sa » chaîne. Pour imédias, l'animateur revient sur 20 ans de fidélité et de succès.

Vous étiez animateur lors des débuts plutôt « délicats » de la chaîne. Quel regard portez-vous sur son évolution industrielle assez incroyable ?
Ça m'étonne beaucoup justement ! Au départ, je n'étais là que pour deux mois et on travaillait avec des bouts de rien, comme on pouvait. L'évolution de la chaîne est assez incroyable. On fait aujourd'hui un bénéfice presque égal à TF1 avec trois fois moins de chiffres d'affaires. La diversification de cette chaîne représente aujourd'hui 49% du chiffre d'affaires (51% par l'antenne) : on se rend compte que le bateau a été bien mené. Si M6 en est là, c'est grâce à une direction commune depuis vingt ans (Jean Drucker, Nicolas de Tavernost, Thomas Valentin). Ils sont là depuis le début et donnent une stratégie à la boite.

La stabilité des équipes, c'est la recette de ce succès selon vous ?
Je pense que c'est une grosse partie du succès. L'idée de la diversification vient de Tavernost : aller chercher des recettes en amenant son produit, sa marque, son enseigne sur d'autres périmètres… Il y a aussi la malignité de la programmation, c'est à dire être en contre-programmation depuis le début avec des émissions de niche qui font beaucoup d'image (Capital, Zone interdite, Turbo, Fréquenstar, E=M6, Culture pub). Ces émissions de niches très appréciées sont devenues des émissions populaires, ce qui a permis à la chaîne de s'identifier très tôt avec des formats intéressants. Pour le reste, on diffusait des séries B car il n'y'avait pas assez d'argent. Et à l'arrêt de La Cinq, qui a donné un appel d'air d'audience à la chaîne, M6 a pu évoluer et mettre l'argent dans le programme pour qu'il soit plus identifiable.

Même si M6 est maintenant un gros navire, cette mentalité de la prise de risques est toujours d'actualité ?
Oui, ils l'ont fait en 2000 avec Le Loft. Ils ont aussi tenté le football en récupérant 31 matchs de la Coupe du monde alors que personne ne s'y attendait, c'est très malin. Il y aussi le fait de mettre une femme à la tête d'une émission de foot, monter la Nouvelle Star, amener la cuisine sur l'antenne avec Cyril Lignac, amener la déco en prime en allant jusqu'à tailler des croupières le dimanche soir à TF1… L'innovation est toujours présente.

Vous présentez un zapping pour ces 20 ans. Quelles sont les images qui vous ont le plus marqué ?
Il y en a beaucoup. Elles seront dans ce zapping thématisé où je reçois tous les gens de l'antenne. Il y aura 50% d'images inédites. En tant qu'animateur, j'ai bien sûr beaucoup de souvenirs dans Fréquenstar et à Graine de star avec Jean Dujardin où j'ai réellement vu naître le personnage de Brice de Nice. Ce sont des moments formidables.

Graine de Star a été une émission pionnière pour des émissions de type Nouvelle Star ou Star Academy. Cette émission, c'est une de vos plus grandes fiertés ?
Oui, vraiment. Quand on a proposé Graine de star, on nous a répondus que ça ne marcherait jamais de mettre des inconnus à 20h30. On voit ce qui s'est passé dix ans après : il y en a partout. Ça a été la première émission dans le genre de télé-crochet : il faut se souvenir que personne ne voulait de ce genre de format à l'époque.

Et vous personnellement, on vous voit depuis quelques années dans des choses un peu plus académiques…
Jour J n'est pas tellement si académique. Ce qui m'intéresse, c'est de faire des formats de création. Ça me prend beaucoup plus de temps de faire des formats originaux. Il faut beaucoup de conviction mais on n'a aucune certitude d'audience car le format n'a jamais été fait. C'est aussi plus difficile à vendre. Et quand on lance Le grand classement en 2003, personne n'en faisait à l'époque. On a arrêté très vite car on était débordé par la multiplicité des formats. On lance des formats et on abandonne car on est rattrapés par les autres avec beaucoup plus de moyens. On travaille actuellement sur de nouveaux formats avec la chaîne.

Si vous débutiez votre carrière aujourd'hui, vous pensez qu'il serait possible de rester 20 ans sur la même chaîne ?
Sûrement. Et il y a plus de possibilités aujourd'hui qu'il y a vingt ans où il n'y avait que quatre chaînes ! Aujourd'hui, il y a des centaines de chaînes avec en plus la TNT qui va prendre de plus en plus de place. C'est difficile à dire car à l'époque, je ne pensais pas être encore là aujourd'hui. Il y a vingt ans, M6 était « la chaîne de trop » et perdait 150 000 euros par jour. Pour les gens qui travaillaient sur cette chaîne, on se demandait si on allait arriver jusqu'à la fin du mois. On n'imaginait pas que M6 deviendrait un objet compétitif sur le marché. C'est incroyable.

Pourquoi avoir refusé les propositions des autres chaînes ?
La fidélité, l'affectif, le fait d'avoir débuté sur cette chaîne et de grandir avec. On m'a laissé faire Fréquenstar, Graine de star, Moments de vérité… A chaque fois, on peut créer et grandir avec la chaîne, l'intérêt est là.

Et pourtant, contrairement à ce qu'on pourrait croire, votre contrat est renouvelé chaque année. Vous n'avez pas de CDI alors qu'on vous imagine bien installé sur la chaîne…
Pourtant, je suis dans le risque ! Au fond, c'est peut être tout ce qui est excitant. On n'est jamais installé donc il faut toujours chercher une idée. C'est la politique de la chaîne, on n'a jamais été là ad vitam eternam.

Vous êtes l'animateur emblématique des 20 premières années de M6. Qui sera celui des 20 prochaines selon vous ?
Leur animateur emblématique est sûrement à venir. Peut-être que d'autres resteront mais c'est vrai que les gens sont beaucoup passés sur la chaîne. Pour l'instant, il y Marc-Olivier Fogiel mais je ne sais pas s'il restera. Il y aussi Virginie Efira mais elle fait de plus en plus de comédie. Je ne sais pas qui pourrait faire vingt ans.

On se donne rendez-vous dans vingt ans alors ?
(rires) Je serai vraiment un vieux truc dans vingt ans ! J'espère que la chaîne aura quelque chose d'autre à se mettre sous la dent !

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