
'est un des animateur-producteurs phares du service public.
Nagui sera de retour à la rentrée avec de nombreux projets. Celui qui a initié le retour de Patrick Sabatier sur France 2 revient également sur cette collaboration... qui n'aura pas de suite. Nagui a choisi Ozap pour faire sa rentrée. Animation, production, fiction et radio : il dit tout.
Ozap : Vous avez produit tout l'été Patrick Sabatier sur France 2. Le jeu N'oubliez pas les paroles a réalisé de bonnes audiences. Vous êtes un producteur heureux ?
Nagui : Le producteur est content parce que le jeu a mieux fonctionné que les précédents access des différents étés de France 2. Après, c'est sûr que tout est perfectible. Ça s'est bien passé : la chaîne était contente, le public visiblement aussi, et l'animateur aussi. Donc il faudrait vraiment faire la fine bouche pour que le producteur ne soit pas content !
Le jeu est pourtant absent de la grille de rentrée. Va-t-on le retrouver sur France 2 ?
On va repartir dans une nouvelle série à partir du mois de décembre et il y aura au moins trois prime-times avec des célébrités. Il n'est absolument pas question que France 2 abandonne « N'oubliez pas les paroles ». Tout est prévu. Il peut aussi bien y avoir des rafales en quotidienne à 19 Heures, et revenir aussi rapidement d'une manière hebdomadaire.
Qui va présenter le jeu pour son retour, vous ou Patrick Sabatier ?
C'est moi. La chaîne destine Patrick Sabatier à travailler sur d'autres programmes.
Ca vous aurait gêné de laisser Patrick Sabatier aux commandes du jeu ?
Ce n'est que la volonté de la chaîne. Moi, je vous avoue qu'avec tout le travail que j'avais entrepris à ses côtés pour préparer
N'oubliez pas les paroles, je pensais justement qu'en cas de réussite, on serait amenés à continuer à travailler ensemble. France 2 a préféré demander à un autre producteur de travailler avec lui, sans m'en parler, ce que je n'ai d'ailleurs pas trouvé très élégant, pas très classe. C'est le diffuseur qui décide. Ils veulent que Patrick Sabatier bosse sur d'autres programmes sans Air prod.
On a parlé de Frank Saurat pour produire Sabatier…
Je ne sais pas.
Comment France 2 vous a justifié ce choix ?
Ils n'ont pas vraiment à se justifier. L'explication fut extrêmement courte. J'ai vu et lu des choses comme vous dans la presse. Patrick m'en a parlé en pensant que la chaîne m'avait prévenu. Nicolas Pernikoff (directeur de l'unité divertissements de France 2, NDLR) décide de demander à un producteur et à un animateur de travailler ensemble. Les deux font ce que la chaîne demande, je ne peux pas leur en vouloir. J'aurais en effet aimé qu'on me prévienne ou qu'on me pose la question. Visiblement, je ne devais pas être joignable, je devais manquer de réseau à ce moment là…
Avant l'été, vous aviez évoqué des projets avec Patrick Sabatier. Que deviennent-ils ?
Je pense qu'il va les faire avec cet autre producteur. Les idées sont à Patrick donc il en fait ce qu'il veut.
Sur Ozap.com, Olivier Minne évoquait les problèmes de communication qu'il avait eus avec la direction de France 2. On a l'impression que c'est un petit peu la même chose quand on vous écoute…
On va dire que c'est rassurant. Ça prouve que je n'ai aucune raison d'être paranoïaque et que je suis traité normalement (rires).
On a pourtant l'impression que vous aviez retrouvé une certaine stabilité sur France 2…
Là, pour être franc, on a repris hier (lundi, NDLR)
Tout le monde veut prendre sa place en dépassant les 20% d'audience, ce qui n'était pas facile après les JO et un changement de public etc. Le public est au rendez-vous et cette émission est donc installée, attendue et elle plait. C'est une bonne nouvelle.
Taratata est bien installé en termes d'image sur France 4. On va produire à nouveau Les victoires de la musique, on va reprendre
N'oubliez pas les paroles et on va avoir des prime times. Je suis en bons rapports avec ma chaîne. J'évoquais simplement un comportement qui aurait pu être respectueux vis-à-vis de récolter des fruits du travail d'une collaboration avec Patrick Sabatier. Ca n'a pas été le cas.
Des spéciales de Taratata en prime-time sont-elles déjà prévues ?
On n'en est pas encore là. On prépare une « nouvelle formule » de Taratata. On fait des petits changements qui auront une incidence sur la qualité de l'émission. On va changer les images du générique, le coin interview du décor. On va avoir des reportages et des images pendant les interviews pour avoir un côté plus vivant, plus magazine. Les bonus, qui étaient rajoutés après le tournage de l'émission, vont être diffusés pendant l'enregistrement pour que l'artiste puisse y réagir. Tout ce petit côté vivant supplémentaire va apporter un plus à l'émission qui sera désormais programmée le mercredi en prime-time sur France 4. Concernant les spéciales, on en prépare mais ce ne sera pas avant 2009. J'espère encore faire La fête de la musique avec Taratata : ça fait quelques années que l'émission est revenue sur France 2 et qu'on ne peut pas faire la fête de la musique. Je trouverais légitime qu'il y ait un roulement qui s'installe après avoir laissé des producteurs la faire quelques années. Je pense que Taratata est une jolie marque de France Télévisions pour symboliser la fête de la musique le 21 juin.
On a lu dans la presse qu'une spéciale Taratata serait consacrée à Carla Bruni en prime time…
Non. Carla Bruni fait partie des invités normaux dans une émission normale avec une présence normale ! N'en déplaisent à tous ceux qui écrivent tout et n'importe quoi : j'ai lu des choses incroyables comme quoi elle avait exigé de faire la programmation, que ce serait forcément un prime… Elle est déjà venue plein de fois dans Taratata, elle revient comme les autres fois, et comme les autres fois, elle fera son titre et un duo, une reprise… comme tout le monde.
Vous aviez fait part de votre envie d'en faire une autour de Francis Cabrel. C'est toujours d'actualité ?
On avait prévu de faire un Francis Cabrel mais la chaîne a préféré demander à Franck Saurat de faire cette spéciale.
Vous avez d'autres projets d'émissions en cours ?
On a tourné des pilotes de nouveaux jeux et on prépare des émissions qui seront des « one –shot ». On travaille aussi sur de nouveaux jeux, des séries, des fictions unitaires, des documentaires… La rentrée est chargée.
Dans les formats de jeux, on a pu lire que vous aviez acheté le format québécois « Paquet voleur ». Ce jeu est destiné à France 2 ?
C'est pour Air Productions ! Nous avons des petites épaules d'un producteur indépendant, nous ne faisons pas partie d'un grand groupe. Mon travail est d'avoir un catalogue de propositions, d'idées et de les proposer à toutes les chaînes.
Vous avez également des projets dans la fiction cette saison.
On en avait déjà fait par le passé et on veut continuer d'en faire. La nouveauté est que ce sera une série que je ferai avec
Philippe Labro pour France Télévisions.
Dans ce mercato agité, avez-vous été contacté par d'autres chaînes ?
Oui mais je ne l'ai pas dit. Je trouve toujours bizarre que des sur-communications soient faites pour faire peur ou monter des enchères. J'ai eu l'agréable surprise de savoir que je pouvais travailler ailleurs parce que ça fait toujours plaisir à son ego. Dans l'état actuel des choses, je n'ai aucune raison d'abandonner mes émissions tant que France Télévisions veut de ces émissions. Après, le jour où ils veulent arrêter, peut-être que c'est moi qui irait voir d'autres diffuseurs.
On a également évoqué votre arrivée sur Europe 1 après l'arrêt de votre matinale sur Virgin.
Didier Quillot (président du directoire de Lagardère Active, NDLR) m'avait proposé de faire la matinée d'Europe 1. Mais depuis le début, j'avais dit que je voulais arrêter pendant un an ou deux de faire de la radio tous les jours.
N'avez-vous pas envie d'être l'animateur d'une émission produite par quelqu'un d'autre ?
Sûrement pas. J'éprouve beaucoup de plaisir à être à l'antenne mais aussi à ne pas être devant. J'adore produire et mettre des gens à l'antenne. J'ai adoré produire Sabatier, être en régie et échanger avec lui des idées de ce qu'on pourrait faire ou pas. Ce n'est pas que je sois lassé d'être à l'antenne mais plus je pourrais jouer un rôle de producteur, mieux je me porterais.