Obispo : "Les maisons de disques se sont gavées" (vidéo)

Très engagé contre le piratage, il revient sur la loi Hadopi qui n'a pas été votée, faute de députés. « On va venir avec des caméras chez tous les députés qui votent pour le téléchargement, qui votent pour la piraterie. On va aller chez eux et se servir et on va voir leur tête. On va voir ce qu'ils vont dire » nous explique-t-il. Selon lui, les maisons de disques devraient rapidement disparaître si la situation n'évolue pas.
Ozap.com vous propose de découvrir cet entretien exclusif :
Ozap : Comment s'est faite cette collaboration avec Goom et un de ses fondateurs, Roberto Ciurleo ?
Pascal Obispo : On se connaissait puisqu'on avait travaillé ensemble directement sur NRJ. En fait, il m'a proposé de faire une radio avec toutes les chansons que j'ai écrites et toutes les chansons que j'ai généré avec Atletico, mon pool d'auteurs-compositeurs. On va aussi retrouver beaucoup toutes les chansons que j'écoute comme les Beatles, Coldplay, Police... C'est un mélange de mes chansons et des chansons que j'aime.
Y-a-t-il un accord financier entre vous et Goom ?
Il n'y a aucun rapport avec le côté économique des choses. Moi, ça ne me rapporte rien du tout, c'est juste l'idée d'exister. Il faut bien le préciser car on peut penser que ça génère des choses mais en fait, ça génère juste l'envie d'y être et la possibilité de montrer des choses différentes.
Goom Radio, c'est une alternative au piratage ?
Je ne sais pas si c'est un moyen de l'éviter. Moi, j'ai des idées très claires et très précises par rapport à ça. Si j'étais môme, je le ferais sans doute mais je suis aussi dans la production, avec les jeunes auteurs-compositeurs, et je trouve ça dommage de ne plus laisser la possibilité aux nouvelles générations d'avoir des gros disques, des beaux disques, et simplement des choses fabriquées avec des bouts de ficelles.
Vous vous êtes engagé vivement dans les médias contre le piratage, pourquoi avoir été si cash ?
J'ai dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas, voilà. Je n'ai pas vu beaucoup d'artistes en parler. Il y a beaucoup d'artistes qui pensent la même chose que moi. Après, je ne suis pas dans la même situation parce que j'ai la chance de pouvoir travailler en dehors du chanteur, de faire de la production, d'aider les jeunes, de produire des disques, découvrir des auteurs. C'est important pour moi de pouvoir aider ces jeunes là. Si je ne peux pas les aider et que les maisons de disques ne sont pas là pour faire le relais et financer des projets avec des gens qui ont du talent, comment on va faire ?
La crise du disque, c'est un frein dans votre carrière ?
Pour l'instant, c'est un frein pour les maisons de disques. En même temps, elles ont beaucoup abusé pendant un certain temps. Les disques étaient beaucoup trop chers, c'était n'importe quoi. Je pense qu'ils se sont un peu moqué du monde avec des prix qui dépassaient tout entendement. S'ils n'avaient pas aussi abusé de leur côté, peut-être qu'il n'y aurait pas eu une recrudescence de ce système. Maintenant, je pense que les prix sont à un prix raisonnable, qui correspondent un peu à la production. Ils se sont un peu gavés et ils sont en train de payer. Bientôt, il n'y aura plus de maisons de disques si on continue ce système : si tout le monde charge des disques, plus personne ne va vouloir investir dans la musique. On est en train de passer à une nouvelle étape et c'est pour ça que je trouve que c'est intéressant d'exister sur Internet. En même temps, je ne vais pas non plus pouvoir filer trop de nouveautés parce que c'est toujours pareil...
Vous êtes soulagé de voir que la loi Hadopi est de retour à l'Assemblée à la fin du mois?
Soulagement... Moi, je suis pour les règles, voilà. Je ne vais pas chez les députés qui ne votent pas et je ne vais pas me servir dans leur frigo pour prendre tous les trucs ou prendre les clés de leur voiture et me barrer avec, c'est pareil. On va venir avec des caméras chez tous les députés qui votent pour le téléchargement, qui votent pour la piraterie. On va aller chez eux et se servir et on va voir leur tête. On va voir ce qu'ils vont dire. Ils vont nous dire, 'Ne touchez pas à ma voiture, ne touchez pas à ma bouffe'. Les gars, on ne peut pas raisonner comme ça. Il faut être raccord avec une philosophie. Peut-être que la loi est trop dure mais il faut des règles. Ce n'est pas moi qui établit les règles. Pour l'instant, je suivais les règles qu'on m'avait donné et il y en a qui déconnent un petit peu donc il faut faire quelque chose pour la musique de demain.
Où en est votre nouvel album ?
Je prépare un nouveau spectacle qui s'appelle "Le capitaine Samouraï Flower" où j'incarne un personnage qui est raccord avec la nouvelle génération pour parler aux adultes et leur dire 'Arrêtez votre maquillage, passez à un nouveau chapitre. Vous vous êtes bien moqués de nous et maintenant, on a très bien compris ce qui se passait, qu'est-ce que vous nous laissez ?'. La nouvelle génération a pris les choses en mains mais il va falloir déterminer des règles.
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