TF1 présente "Profilage", sa nouvelle série policière

A l'occasion de ce lancement, Ozap a rencontré les comédiens, les auteurs et l'équipe de production qui ont bien voulu répondre à quelques questions sur la conception de la série, son titre, la définition des rôles...
« Ce qu'on avait envie de voir en tant que téléspectatrices »
Qu’est-ce qui vous a inspiré pour concevoir cette série ?
Fanny Robert, Sophie Lebarbier : L’envie de faire du polar de filles entre guillemets. Une série policière qui se concentrerait beaucoup sur les mobiles et dont l’enjeu ne serait pas tant de trouver la personne qui est coupable du meurtre, que d’essayer de comprendre l’enchaînement malheureux et tragique qui a conduit à ce crime. L’angle psychologique nous semblait intéressant parce qu'il permettait de dire, de raconter ce que nous, on avait envie de voir en tant que téléspectatrices de télévision sur du polar.
Vous avez fait appel à des conseillers ?
Fanny Robert, Sophie Lebarbier : Tout au long de la série, on travaille avec Michèle Agrapart qui travaille en tant que consultante. Elle enseigne à l’Institut de Criminologie de Paris et elle est expert auprès de la Cour d’Appel de Paris. Elle a une dizaine d'enquêtes à son actif, ce qui est déjà énorme. On écoute ses conseils, mais on garde aussi de la distance parce qu’on fait de la fiction. De temps en temps, ce n’est pas exactement ce qui se passe mais ça reste logique. Un profiler travaille sur du crime en série, donc il cherche des récurrences de modes opératoires. Nous, on n'est pas du tout là-dedans. On va, encore une fois, essayer de creuser les circonstances de la rencontre entre la victime et son auteur. On ne va pas chercher un mode opératoire.
Et, en tant que comédien, êtes-vous particulièrement intéressé par ce genre de séries, les faits divers ? Qu’est-ce-qui vous attire ?
Guillaume Cramoisan : Moi, déjà, je n’ai pas la télé ! Je suis un petit peu déconnecté de tout ce qui est série. Je n’ai pas de référence du tout et je ne suis pas fasciné par les faits divers !
Il paraît que vous ne vouliez plus trop jouer les flics... ?
Guillaume Cramoisan : J’ai fait un an et demi, deux ans sur P.J.. Ensuite, y a eu La Prophétie d’Avignon. Bon, ce n’était pas vraiment un flic... Là, j’ai lu et relu les scénarios que je trouvais bien, puis, je me suis dit que je ne voulais pas refaire une série policière. Mais ensuite, il y a eu une rencontre avec Eric, et comme j'ai aimé les textes, je me suis dit que c’était quand même bien de participer à une première, à un premier jet sur une aventure comme celle-ci. Pour PJ, j’étais un des derniers arrivé. C’est toujours plus excitant d’être au départ d’une aventure comme celle-là.
Odile Vuillemin : « on ne dit pas non parce que c'est un cadeau fabuleux »
Pour Chloé, qu’est-ce-qui vous a plu pour ce rôle-là ? Qu’est-ce-qui vous a fait dire oui ?
Odile Vuillemin : Tout. Je crois que c’était surtout une rencontre avec le personnage. J’avais une idée très précise, ça m’a parlé tout de suite. C’est un personnage qui est hyper sensible, hyper touchant dans ses blessures et dans sa façon d’être, et c’est ce qui transpirait énormément dans le scénario. Et des rôles comme ça, on ne dit pas non parce que c’est un cadeau fabuleux.
Comment vous êtes-vous mise dans la peau de cette femme un peu bizarre ?
Odile Vuillemin : Comme j’ai pu ! J’ai beaucoup travaillé en amont sur le texte. Après, on l’a beaucoup créée physiquement. Avec Eric, on a beaucoup parlé de sa façon d’être, sa façon de se comporter vis-à-vis des gens, vis-à-vis d’elle-même. J’ai beaucoup travaillé sur les détails. Parce que, de toute façon, le texte existe déjà donc je n’avais pas besoin de l’expliquer. Après, j’ai fait un travail plus de fond sur la psychologie du personnage.
Ce personnage, vous le décrivez comment ?
Odile Vuillemin : C’est quelqu’un qui est à la limite de l’autisme, mais ça s’explique parce qu’elle a vécu quelque chose dans le passé qui l’a traumatisée et qui a fait qu’elle a dû, à un moment donné, fuir cette réalité parce qu’elle ne pouvait pas l’affronter. Donc elle s’est construit une sorte de monde parallèle pour pouvoir vivre avec ça. J’ai essayé de transcrire après dans toutes ses attitudes, ses costumes et sa façon d’être, ce côté décalé qui fait qu’elle a son monde dans lequel elle est à l’aise, qui n’est pas forcément voire pas du tout un monde qui est confrontable avec la réalité. Ca explique un peu le choc quasi-culturel quand elle affronte Guillaume.
« On avait peur qu'on la prenne pour un médium »

Odile Vuillemin : Quand elle a illustrations ? Oui, à un moment donné, elle essaye de se mettre dans la peau du personnage, de la personne dont elle parle en essayant de comprendre un peu ce qui a pu se passer psychologiquement dans son processus de pensée pour essayer de voir comment il a pu réagir pour arriver à une telle solution.
Vous avez appelé ça des illustrations ?
Fanny Robert et Sophie Lebarbier : Une de nos angoisses, c’était justement qu’on les assimile à des visions, qu'on la prenne pour une espèce de médium qui a des flashs. C’est le mot qu'on aimerait éviter. C’est pour ça qu'on appelle ça des illustrations. Parce qu’elle n’a pas de visions extra-lucides en fait. C’est juste un moment où elle se plonge dans son raisonnement. Notre but, c’était justement d’illustrer, de montrer aux spectateurs ce qu’elle imagine, sa thèse. Ce n’est pas une visionnaire, c’est juste ce qu’elle imagine. C’est un raisonnement déductif par rapport à toutes ses expériences, ses études... C’est un raisonnement construit, ce n’est pas un truc qui sort comme ça.
« On essaye de ne pas écrire d’énormités »
Tout ce que vous trouvez sur votre super écran, c’est vraisemblable ou totalement imaginaire ? Tous les comptes bancaires…
Raphaël Ferret (Hyppolite) : Oui, je pense que c’est quelque chose qui est vraisemblable. Hyppolite n’arrive pas comme ça pour débloquer des situations, quand, dans le scénario, on ne savait plus quoi faire alors on s’est dit « allez, Hyppolite, trouve la solution ». C’est toujours dans les processus d’enquête. Ce sont des choses assez vraisemblables, il n’y a pas de grosse découverte. C’est un personnage un peu comme celui de Chloé, quelqu’un qui essaye de trouver des solutions aux problèmes, plutôt que d’aller sur le terrain. C’est pour ça qu’il s’entend relativement bien avec elle tout de suite. En ça, il se reconnaît dans Chloé. C’est un peu au début, mis à part notre grand chef à tous, le seul à l’accepter un peu parce qu’il reconnaît cette différence et c’est ce qui lui plaît en elle.
Fanny Robert, Sophie Lebarbier : On l’a créé un peu aussi sur le bord pour pouvoir aller plus vite. Disons qu’on essaye de ne pas écrire d’énormités et de choses qui ne soient pas crédibles, mais ce qui est important, c’est d’abord les histoires qu’on raconte, les personnages, nos héros, qui sont les vecteurs de ces histoires ; et la procédure policière s’adapte ; dans les limites du crédible et du vraisemblable, elle se met au service de l’histoire qui est racontée.
« Je n'ai jamais su comment ça s'appelait mais j'y étais ! »
Pourquoi avoir appelé la série "Profilage" ? C'est un néologisme ?
Fanny Robert, Sophie Lebarbier : Oui, c’est un néologisme pour un métier qui n’existe pas encore et pour une réalité qui n’est pas américaine et pas encore totalement présente en France.
Eric Summer : Ce qui est drôle, c’est que le titre est venu très tard. A la fin du tournage, on a fait un tee-shirt pour l’équipe avec tous les titres barrés : Profilage, Profil, Intuitions, Psycho et au dos était inscrit « je n'ai jamais su comment ça s’appelait mais j’y étais ». Parce que vraiment, tout au long du tournage, on n’a jamais su comment s’appelait cette série. Sur le clap, il y avait écrit Psychofilage, à la fin, ça devenait n’importe quoi.
Je pense qu’un titre s’impose après avec les images et la série. Après les six épisodes, personne ne se posera plus la question sur le titre en lui-même. C’est mieux d’avoir une bonne série avec un mauvais titre plutôt qu’un bon titre avec une mauvaise série.
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