Rec : Messieurs les cardiaques, bonsoir !
La bande annonce de Rec a éveillé chez tous les grands fans d’horreur que nous sommes un brasier d’impatience. Même si elle aurait pu être encore plus traumatisante, la dernière perle made in Spain se révèle particulièrement troublante.
L’histoire de ce faux documentaire : Angela présente l’émission « ce qu’ils font pendant que vous dormez » (petit clin d’œil à la série citée ci-dessus) et suit avec son caméraman ceux qui travaillent la nuit. Ici, un groupe de pompiers appelés pour aller aider une vieille dame en difficulté. Les 10 premières minutes sont d’un comique et d’une légèreté désarmants, le spectateur baisse totalement sa garde et oublierait presque qu’il est devant un pure film de trouille. Et dans une pièce mal éclairée de ce grand immeuble, une petite vieille trempée de sang saute à la gorge d’un policier… Voila le film parti dans un énorme looping de grand-huit gigantesque, au rythme soutenu qui ne laisse personne respirer. Les habitants et l’équipe de secours se retrouvent enfermés dans l’immeuble mis en quarantaine, et la menace vient de partout, de préférence en hurlant et en se précipitant vers la caméra.
28 minutes plus tard
La force du film réside dans sa forme, un mockumentary - faux documentaire assumé jusqu’au bout (sauf dans la promotion du film, contrairement à Blair Witch) qui place le spectateur dans la peau du premier rôle, le caméraman. Se cognant à tous les obstacles, limité par sa technique (lumière, mise au point, vision nocturne) le pauvre cadreur se retrouve jusqu’au bout, enfin presque, comme l’œil et l’oreille témoin de cette violente nuit. Rec est stressant et fatigant, jouant avec le plus gros clichés du film de trouille (mettre des silences insoutenables avant qu’un monstre nous bondisse dessus) pour malmener le spectateur. L’isolement et la claustrophobie rappelleront à beaucoup de gamers les meilleurs moments des Resident Evil et Silent Hill.
Hélas, une fois passé les premiers coups de flippe, l’attente prend place et la tension descend quelque peu, avant de repartir de plus belle, heureusement. Le final se retrouve un peu embourbé dans une série d’explications pas si utiles que ça, mais s’achève par un cauchemar en vision nocturne avec l’ultime « monstre » (je ne parlerai pas de leur nature pour ne pas trop dévoiler) qui semblera familier à ceux qui suivent les films de Balaguero. Les dernières minutes sont d’un glauque insoutenable et d’une tension rappelant celle de The Descent. De la pure trouille qui prend aux tripes, on en redemande !
Malgré un jeu constant avec tous les éléments déjà connus des films d’horreur, le métrage du duo espagnol arrive à tirer son épingle du jeu pour aller plus loin que son ainé, Blair Witch, à qui il sera forcement comparé. Rec est un point fort de cette année cinéma. Un train fantôme remuant, jouissif, épuisant, non dénué d’humour et d’idées, qui saura achever les plus cardiaques d’entre vous.
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