Romain Duris, valeur sûre du cinéma français
Romain Duris dans "Exils".
Du Péril jeune à Dans Paris, en passant par L'Auberge espagnole ou De battre, mon coeur s'est arrêté, Romain Duris s'est installé comme une des valeurs sûres du cinéma hexagonal. Itinéraire d'un des jeunes acteurs français les plus en vue.
Chacun cherche sa voie
Issu d'une famille d'artistes, Romain Duris ne pouvait que se diriger vers des sentiers plastiques. Ses premiers pas se feront dans une école de dessin. Il renoncera aux arts plastiques pour la musique, qu'il abandonnera à son tour.
1993, Arte lance sa série Les Années lycée. Cédric Klapisch cherche alors un acteur ayant assez de charisme et de désinvolture pour endosser le rôle de Tomasi, lycéen rebelle à l'écoute de ses hormones dans Le Péril jeune. Une rencontre indélébile se fait alors. Un directeur de casting remarque Romain Duris dans la rue et lui propose le rôle. Klapisch est séduit.
Le pouvoir de séduction du jeune hérissé ne s'arrêtera pas là. Le public est totalement irradié par la prestation des acteurs, à tel point que le film est porté sur grand écran deux ans après son passage à la télé. La carrière de Romain est lancée à toute allure.
La jeune garde de la réalisation française ne tarde pas à faire appel à l'acteur phare de sa génération que Romain Duris incarne peu à peu. Après une apparition furtive dans Chacun cherche son chat de Cédric Klapisch, Yann Kounen le sollicite pour jouer dans l'impressionnant Doberman. Une autre collaboration sera décisive dans la carrière de Romain Duris. Olivier Dahan, jeune cinéaste en marge d'un talent certain, offre le rôle de Marco à Romain dans un téléfilm Frères : la roulette rouge. Les deux cinéastes se retrouveront par la suite pour Déjà mort, et pour l'adaptation du conte Le petit poucet.
C'est Tony Gatlif qui offrira à Romain Duris son premier vrai rôle de composition en 1998 dans Gadjo dilo. Un an plus tard, le peu apprécié Je suis né d'une cigogne signe leurs retrouvailles. Romain Duris séduit, mais le film déçoit. Leur dernière rencontre se fait sur le très beau Exils, qui recevra le prix de la mise en scène à Cannes.
La liste de ses collaborations est longue. Graham Guit, Jean-Marc Barr, Christophe Honoré, Claude Duty, Benoît Jacquot, Roman Coppola, Laurent Baffie, Jean-Paul Salomé, autant de chemins divergeants qui traceront celui de Romain Duris dans la toile du cinéma français.
Mais c'est sa fidélité à Cédric Klapisch qui donnera à la carrière de Romain Duris un goût de franc succès. 2002, L'Auberge espagnole consacre la postérité de Romain. Une performance éclectique qui plaît au public. En 2004, la fougue et l'audace de Romain Duris s'adonnent à un tout autre genre. En enfilant le costume du gentleman cambrioleur Arsène Lupin, en compagnie de Kristin Scott-Thomas et Pascal Gréggory, dans un film a ranger dans le rayon « grosse production », le jeune acteur dévoile sa capacité à assumer n'importe quel contexte cinématographique. En 2005, nouvelle étape décisive dans l'ascension de Romain Duris : De battre, mon cœur s'est arrêté de Jacques Audiard.
De battre, nos cœurs se sont arrêtés
Face à l'interprétation félicitée de Romain Duris dans De battre, mon cœur s'est arrêté, notre système cardiaque n'a pu s'empêcher de marquer une pause de réflexion.
En effet, l'adolescent touffu a disparu. Une performance d'acteur à la solde d'un scénario d'une sincérité exhaustive propulse le film de Jacques Audiard vers un succès artistique complet.
Laissons parler les chiffres : plus d'un million d'entrées, 10 nominations aux Césars, 8 récompenses. Entre autre César du meilleur film, César du meilleur réalisateur, César du meilleur montage, nomination pour l'Ours d'or au festival de Berlin 2005… Bref, Jacques Audiard signe son plus grand chef d'œuvre. Mais un trophée semble manquer à l'appel. Où est le César du meilleur acteur pour Romain Duris ? Un oubli ? Une erreur peut-être ? Et bien non. Ce dernier a été raflé par Michel Bouquet pour son interprétation dans Le promeneur du champ de Mars.
De battre, mon cœur s'est arrêté est Un film qui arbore un combat personnel d'une humanité rare, où Romain Duris dépasse totalement ses limites dramaturgiques en nous offrant un personnage tenace, charmeur et blessé. Faute de ne pas suffire à décrocher le César du meilleur acteur, cette densité talentueuse donnera à Romain Duris une nouvelle facette à sa crédibilité.
Un acteur physique
D'après ses propres dires, Romain Duris était gêné et frustré par ses premiers rôles. Pas de pudeur ni timidité aucune ; simplement un confort culpabilisant, une facilité dérangeante. <
Décrit comme totalement non conforme aux registres typiques d'un comédien français, Romain Duris dit puiser son inspiration dans les acteurs américains des années 70. <
Là où les autres comédiens français restent dans quelque chose de très verbal et de très conditionné, Romain Duris se complaint dans des attitudes gesticulante, dans un jeu en perpétuel mouvement. Lorsqu'une journaliste lui propose cette interprétation, une phrase presque anodine sort de la bouche de Romain : <
Une destinée incomparable, un parcours quasi sans fautes, Romain Duris marque les esprits par sa sincérité, sa témérité, sa modestie, son éclectisme et son talent. Du cinéma indépendant à la comédie romantique américaine, en passant par la case réalisateur fétiche, il a su se démarquer, sortir des sentiers battus pour emprunter les voies les plus élogieuses.
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