Rouillan retourne en prison après avoir accordé un entretien
Jean-Marc Rouillan, co-fondateur du groupe armé d'extrême gauche "Action directe", a vu son régime de semi-liberté révoqué par le Tribunal d'application des peines (TAP). Cette décision intervient après la polémique née lors de la publication d'une interview de M. Rouillan dans le magazine L'Express où, selon le parquet de Paris, l'ancien membre d'Action Directe a « enfreint une des obligations qui pesaient sur lui, celle de s'abstenir de toute intervention publique relative aux infractions pour lesquelles il a été condamné ».
Dans cet entretien, Jean-Marc Rouillan confirmait ne pas avoir le droit de parler, suite à une décision de justice. Il ne pouvait donc pas revenir sur les faits qui lui ont valu de passer plus de vingt ans en prison, c'est-à-dire les meurtres du patron de Renault et d'un haut fonctionnaire. « Mais le fait que je ne m'exprime pas est une réponse. Car il est évident que si je crachais sur tout ce qu'on avait fait, je pourrais m'exprimer. Mais par cette obligation de silence, on empêche aussi notre expérience de tirer son vrai bilan critique » avait-il expliqué à L'Express.
« (Les trois juges) ont estimé sans motivation qu'il y avait lieu à révoquer la semi-liberté », a déclaré l'avocat de Jean-Marc Rouillan, Me Jean-Louis Chalanset, d'après Lexpress.fr. Selon lui, son client a « simplement dit que s'il s'était repenti, il aurait le droit de parler, ça ne constitue pas une violation de l'obligation de ne pas évoquer les faits. ». « Le parquet qui a toujours été opposé à la semi-liberté, s'est saisi de ce prétexte pour que la libération conditionnelle prévue en décembre ne puisse avoir lieu », a ajouté Me Jean-Louis Chalanset.
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