
e soir, à partir de 20h15 dans
En direct de l'Elysée,
Nicolas Sarkozy sera à la télé pour «recadrer son action». Pour renouveler l'exercice, l'Elysée accueille de nouveaux journalistes venus de TF1, France 2, France 3 mais aussi LCI, ce qui a provoqué la stupéfaction d'i-TELE et BFM TV, les autres chaînes d'information en France. Finalement, les deux chaînes diffuseront l'interview et comptent bien participer à la prochaine, comme nous l'explique Guillaume Dubois, directeur de la rédaction de BFM TV.
Ozap.com : Dans un communiqué, vous regrettez que votre chaîne n'ait pas été conviée à l'interview présidentielle et vous étonnez du choix de LCI. Que vous a-t-on répondu à l'Elysée au sujet du choix des journalistes présents ce soir ?
Guillaume Dubois : Qu'il n'y avait qu'à demander ! Que les chaînes retenues avaient été les premières à solliciter la présidence. Je crois cependant que l'Elysée a eu un rôle moteur dans l'organisation de l'émission.
Comment expliquez-vous que LCI soit la seule chaîne info invitée ?
J'imagine que le "cahier des charges" était de renouveler l'exercice par rapport à la dernière fois. Et dans un grand souci d'ouverture et de modernité, il a été demandé à plusieurs filiales de France Télévisions et TF1 - au lieu d'une seule - de participer ! Le bouleversement est modeste : on reste dans l'ancien périmètre de l'ORTF.
Au départ, vous regrettiez ne même pas pouvoir retransmettre l'entretien diffusé en direct sur TF1 et France 2.
Nous sommes finalement autorisés à diffuser cette interview en participant aux frais de production. Nous allons donc le faire pour nos téléspectateurs, en espérant continuer à faire évoluer les esprits sur ces questions de prise de parole présidentielle.
Et à combien s'élèvent ces «coûts de production» ?
C'est le coût de plusieurs missions à l'étranger…
«Peut-être que le président ne sait pas que LCI n'est plus que la 3ème chaîne d'info»
Dans le traitement de cet entretien sur l'antenne de BFM TV, allez-vous clairement faire part de votre désapprobation au sujet de l'organisation ?
Non. Autant un communiqué de presse permet une prise de parole institutionnelle sur les principes, autant l'antenne n'est pas là pour ça. Nos téléspectateurs pourront voir l'intervention du président de la République, ce qu'ils étaient en droit d'attendre de la chaîne d'info leader. L'essentiel est là.
Vous êtes en concurrence frontale avec i-TELE sur le terrain des chaînes d'information gratuite. Néanmoins, envisagez-vous de vous lier pour réclamer d'être présents à l'avenir ?
Pourquoi pas. Nos intérêts sont convergents quand il s'agit de défendre les intérêts des chaînes d'information gratuites. On ne compte toutefois pas sur ce type d'événement pour nous développer. La concurrence avec i-TELE est en train de tourner clairement à notre avantage sans que l'on ait besoin d'une interview exclusive du Président de la République. Il s'agit en l'occurrence d'une question de principe.
Selon le magazine Le Point, Valérie Lecasble, directrice générale d'i-TELE aurait refusé de discuter avec Alain Weill car l'Elysée lui aurait promis de participer à l'avenir, ça s'est vraiment passé comme ça ?
Il n'y a jamais eu refus de dialogue de quiconque. L'Elysée nous a d'ailleurs également promis qu'il y aurait d'autres opportunités.
Pensez-vous que l'Elysée veut vous faire «payer» l'organisation du débat Bayrou-Royal lors de l'entre-deux tours de la présidentielle ?
Non. Jamais l'organisation de ce débat nous a été reprochée. Peut-être le président de la République ne sait-il tout simplement pas encore que LCI n'est plus que la troisième chaîne d'info en France.