ugé trop mou par Nicolas Sarkozy, le duo Chabot-PPDA a été remplacé hier soir par cinq journalistes pour son interview. Retour sur leurs prestations.
L'exercice était solennel : un entretien à domicile, sous les dorures de l'Elysée, pour une émission clés en main fournie par Renaud Le Van Kim, déjà producteur d'un show présidentiel. En chefs d'orchestre :
David Pujadas, qui a ouvert l'émission et
Patrick Poivre d'Arvor. Tous deux étaient chargés de passer les plats entre le Chef de l'Etat et trois autres journalistes, qui ont bénéficié chacun d'une vingtaine de minutes d'interview.
Yves Calvi insistant
Première à ouvrir les hostilités,
Véronique Auger de France 3 pour les questions économiques. Visiblement stressée, elle s'est frottée au président avec une première question à rallonge. Le Chef de l'Etat ne manquera pas de lui faire remarquer tout en lui signifiant quelques minutes plus tard qu'il n'y a pas que ses questions qui ont du fond, ses réponses aussi.
Yves Calvi, adepte de la relance journalistique, s'est attaqué aux questions de société. Régularisation des sans-papiers ou éducation nationale ont été abordés par des questions sans détours. Le journaliste de France 5 est un habitué du débat et de son recadrage : il officie quotidiennement dans
C dans l'air et une fois par mois dans
Mots croisés, deux émissions de débat . Enfin, Vincent Hervouët, spécialiste des questions internationales, est resté fidèle à son style sur LCI : des questions à angle réduit appelant une réponse précise. Il obtiendra ce qu'il attend sur la Chine et le cas d'Ingrid Betancourt. En fin d'émission, PPDA et
David Pujadas reprennent la main de l'interview. Au programme : l'avenir de François Fillon, les couacs récents au gouvernement et la vie privée du président. Mais pas une question n'a été posée sur le « style Sarkozy », à l'origine du mécontentement d'une large partie des Français dans les sondages.
PPDA absent
Le Chef de l'Etat aura-t-il réussi à dépoussiérer le casting journalistique en invitant trois nouvelles têtes dont deux peu connus du grand public ? Sur la forme, aucune fausse note, la réalisation était sobre et soignée. Sur le fond, comme pour un match de football à domicile, il reste incontestablement plus facile de le disputer quand on est chez soi. Seul habitué à cet exercice,
Patrick Poivre d'Arvor a brillé par son… absence. Pour ce casting new look, c'est sans surprise
Yves Calvi qui s'est montré le plus insistant, allant jusqu'à poser trois fois la même question au Chef de l'Etat sur la suppression des postes dans l'éducation nationale. Mais l'absence de contradicteurs a offert à Nicolas Sarkozy des largesses dans ses temps de réponse, rendant parfois cet entretien long et ennuyeux. C'est aussi ça, la présidentialisation.
Notre zapping de la prestation des journalistes :