Sébastien (X-Factor) : "On peut faire une grande émission et ne pas réussir !"
Hier soir, Sébastien a été sacré gagnant de la première édition de X-Factor en France. Les téléspectateurs de W9 ont décidé de le désigner, face à la jeune Marie. Pour Ozap, le candidat coaché par Alain Lanty dans la catégorie des plus de 25 ans, revient sur son aventure et évoque ses projets mais aussi ce qu'il est prêt à faire pour se faire connaître. Entretien.
Ozap : Comment te sens-tu quelques heures après ta victoire ?
Sébastien : Je me sens merveilleusement bien ! J'ai quelques heures de sommeil en moins que d'habitude parce que j'ai bien fêté ma victoire. Je suis super heureux de cette finale, de tout ce parcours et de cette aventure en général. Vraiment, c'est une belle récompense pour une belle aventure.
Comment as-tu vécu la soirée de lundi soir ? As-tu été surpris par ta victoire ?
Au cours de la soirée, j'ai essayé de ne pas trop y penser. Dès que je me disais "Tu vas gagner ou pas ?", je me disais "Fais le spectacle et profite à fond". Sur "Angels", ma dernière chanson, je me suis dit que je devais prendre du plaisir en étant à fond. En revanche, quand je me demandais si ça allait être moi ou Marie, je me disais pendant quelques secondes que ça allait être moi avant de penser l'inverse. On a vraiment chacun nos qualités et un public derrière. J'attendais cette victoire mais il n'y avait rien de sûr donc c'était quand même une surprise.
« Marie était populaire mais j'avais aussi des messages de soutien »
Vu de l'extérieur, on avait pourtant l'impression que Marie, par sa popularité notamment sur le plateau, partait un peu favorite. Tu as eu cette impression ?
C'est vrai qu'elle a une super belle bouille, une fraîcheur, c'est une belle artiste donc elle le méritait aussi. Elle a un public qui la chouchoute, c'est très bien. Je l'ai aussi senti mais en parallèle, j'avais aussi des messages de soutien de la part de fans, donc ça m'a permis aussi de ne pas me dire que c'était foutu et que ça ne servait à rien de me battre. Je savais que ça en valait la peine.
Julie Zenatti semblait déçue par le verdict. Tu as pu lui parler ainsi qu'à Marie ?
On s'est parlé et c'était bien de se voir une fois que c'était fini. J'aime beaucoup Julie, c'est une grande artiste.
Penses-tu que tu aurais eu le même parcours si tu avais été coaché par Julie ou Cerrone ?
Je suis super heureux d'avoir fait la connaissance d'Alain avec tout ce qu'il a pu m'apporter, notamment humainement. Même s'il m'a coaché, il était aussi là quand il n'y avait pas de caméras. Il me disait de l'appeler en cas de problème, il était toujours là quand j'en avais besoin. Un vrai rapport s'est créé entre nous. Marc et Julie, je n'ai forcément pas eu la même complicité puisque je ne les voyais que dans le cadre de l'émission donc c'est difficile de répondre...
« Ma mère m'a appelé deux jours avant le casting, ça s'est fait au pied-levé »
Connaissais-tu le format X-Factor avant d'y participer. As-tu regardé à quoi ressemblait l'émission à l'étranger ?
Oui, j'ai regardé un peu avant les castings parce que je m'y suis intéressé assez tard. J'avais très envie de faire quelque chose cette année et, pour l'anecdote, ma mère m'a appelé deux jours avant pour une date qui venait d'être ajoutée à Rennes. C'était un peu au pied-levé et j'ai envoyé valser beaucoup de choses pour pouvoir m'y consacrer. J'ai donc regardé ce qui se faisait en Italie, en Angleterre et c'est vrai que j'étais épaté ! Il y avait juste, à chaque fois, un niveau incroyable.
Tu as trouvé que c'était très différent avec la France et ce que tu as pu vivre ?
Je n'ai pas été sur les plateaux de l'émission à l'étranger mais il y a eu une très bonne ambiance de travail. C'était un vrai plaisir de travailler. Au niveau général, quand je vois les artistes qui m'ont entouré comme Basilic, Cyrielle ou Marie, il y avait un très bon niveau. Je suis donc très fier d'avoir fait partie de cette émission.
On dit que tu as gagné un contrat mais concrètement, qu'y-a-t-il derrière ce contrat ?
En fait, c'est un contrat d'artiste avec Sony pour un premier album. J'ai hâte de mettre au travail car ce n'est que le début.
A l'étranger, les gagnants sortent souvent, assez rapidement, un single. Il s'agit souvent d'une reprise. Est-ce prévu pour toi aussi ?
Je ne sais pas encore mais s'il y a une reprise, très bien. J'ai aimé toutes les chansons que j'ai pu chanter sur le prime. Après, c'est sûr que j'ai envie de faire des compositions.
« C'est important de ne pas faire toujours ce qu'on veut »
Si tu devais sortir en single une des chansons que tu as pu chanter dans l'émission, ce serait laquelle ?
Il me faudrait un peu de temps pour réfléchir. J'ai beaucoup aimé chanter "Dirty Diana" de Michael Jackson. Mais, j'aimerais bien faire quelque chose en français. Je ne sais pas encore mais ça vaut la peine d'y réfléchir. "Vivre ou survivre", "Lettre à France" étaient aussi très belles. L'émission m'a aussi permis de découvrir des morceaux vers lesquels je ne serais pas allé naturellement. On a vraiment travaillé avec Alain pour trouver des morceaux qui me collaient à la peau.
Pourtant, on a l'habitude d'entendre les candidats de télé-crochets se plaindre des chansons qu'on leur fait chanter, pas toi ?
C'est important de ne pas faire toujours ce qu'on veut. Il y a des chansons pour lesquelles je pensais que ce serait génial que je les chante alors que pas du tout ! C'est bien d'aller vers autre chose. Quand j'ai chanté "Somewhere Only We Know" de Keane, ce n'est pas un morceau vers lequel je serai allé mais quand on me l'a fait écouter, c'est devenu évident.
Tu as déjà des maquettes de chansons sur ton MySpace. Il y a des titres auxquels tu tiens et que tu comptes retravailler ?
Bien sûr. Il faut maintenant bosser avec des arrangeurs et de vrais ingénieurs du son. Là, j'ai fait ça tout seul en me plongeant dans un logiciel (rires) ! Maintenant qu'on peut faire ça de façon professionnelle, j'ai envie de bosser avec une vraie équipe.
Et tu souhaites donc rester dans ce style musical qu'on peut qualifier de pop-rock, c'est ça ?
Oui, c'est assez pop-rock dans l'ensemble, avec toujours des petits clins d'oeil à une musique plus classique ou baroque par moments. Il y aussi des ballades mais aussi des morceaux qui groovent un peu plus.
« J'avais tenté Nouvelle Star »
Le fait que l'émission soit diffusée sur la TNT la rend moins exposée qu'un programme comme Nouvelle Star. Il y avait 900..000 téléspectateurs hier soir par exemple. C'est un handicap ?
Je pense qu'on peut faire une grande émission et ne pas réussir... Je pense qu'on peut aussi entrer par la plus petite porte. Ce n'est pas la grandeur de la porte par laquelle on entre qui fait le chemin ! Je ferai mon chemin tranquillement, petit à petit. Et je suis vraiment super fier d'avoir fait cette émission : c'était la première fois en France donc c'est un honneur d'en être le gagnant...
Tu avais postulé à d'autres télé-crochets ?
J'avais tenté la toute première Nouvelle Star, ça s'appelait encore A la recherche de la Nouvelle Star (en 2003, NDLR). J'avais passé plusieurs étapes et je n'avais pas été pris... Durant ces années, j'ai travaillé pour des compagnies, j'ai fait des concerts, des comédies musicales... J'ai fait beaucoup de choses et j'ai pris un peu plus de métier pour arriver avec un bagage maintenant. Je suis plus serein, plus professionnel. J'avais peut-être besoin de plus de temps pour apprendre le métier.
L'huissier de justice a annoncé un résultat serré hier soir. On t'a communiqué les votes ?
On n'a jamais les chiffres de votes...
Et tu as envie de les avoir ?
Non, non, non... C'est très bien qu'il n'y ait pas eu les chiffres, d'autant plus qu'il y avait une très bonne ambiance entre nous tous. C'était bien de ne pas dire qui était plus ou moins en tête durant l'aventure. Ca a évité tout malaise, c'était sain.
De quoi as-tu peur aujourd'hui après cette victoire, de la médiatisation et ce que ça peut engendrer ?
Non, parce que c'est quand même quelque chose que j'attendais. je vais me contenter de faire mon métier et de partager ce que j'ai à partager. Au contraire, bienvenue aux journalistes ! J'en ai aussi besoin. J'ai besoin d'un vecteur pour aller vers mon public donc, merci aux journalistes !
Tu te fixes quand même des limites ?
Oui. La limite est de rester moi-même, voilà. C'est sur que ça ne m'intéresse pas qu'on vienne me filmer dans mon lit ou dans ma salle de bains. Quoi que, si c'est pour quelque chose de marrant (rires). Je suis dans le créneau artistique et j'ai envie que ça reste concentré là-dessus.
Bon, pour la prochaine fois, je réfléchis donc à une interview dans ta salle de bains...
(Rires) Ce que je voulais dire, c'est que j'aime qu'il y ait quelque chose qui se dégage de l'artiste lui-même, de sa façon de vivre son métier. J'aime bien que les gens voient aussi les coulisses du spectacle. Je trouve ça bien d'en apprendre un peu sur la vie de l'artiste donc je suis prêt à le partager. Après, j'ai forcément des limites. On a tous besoin d'un espace vital et de son cocon.
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