La sélection DVD de l'été : les meilleurs films avec la Tour Eiffel et/ou du fromage
Comment choisir les six meilleurs films Français? La question parait si difficile qu’il fallait bien restreindre le nombre de nominables. Alors j’ai décidé de me rattacher aux meilleurs films français des six dernières années, ces derniers ayant deux points communs. D’abord, qu’ils soient fous, névrosés, psychopathes ou encore passionnés, tous les personnages principaux ont la faculté de nous embarquer dans leur univers bien à eux. Ensuite, ces films ont tous un coté sombre, parfois triste, mais en même temps terriblement esthétiques. Installez vous confortablement, c’est parti.
Le film carte-postale : Le Fabuleux Destin d’Amélie poulain – Jean-Pierre Jeunet (2001)
Je ne pourrais pas mieux commencer qu'en vous présentant LE chef d’œuvre de Jean-Pierre Jeunet, véritable merveille du cinéma français de ces dix dernières années. Le fabuleux destin d’Amélie Poulain, Die fabelhafte Welt der Amélie, El fabuloso destino de Amélie Poulain, ou encore Amelie from Montmartre a attiré plus de 32 millions de cinéphiles à travers le monde. Autant de personnes qui ont suivi les aventures de cette jeune fille qui, un beau jour, décide de se consacrer entièrement au bien-être des autres. L’idée du film peut paraître anodine, mais ce que le réalisateur parvient à construire autour d’elle est tout simplement remarquable. Les différents lieux du film sont désormais mythiques, et le Café des 2 moulins où travaille Amélie dans le film est devenu aujourd’hui une escale à ne pas manquer pour les touristes de passage à Paris.
Au final c’est une réalisation originale et artistique qui nous est présentée, un scénario réussi, une musique émouvante signée Yann Tiersen, et des acteurs talentueux. Le personnage d’Amélie Poulain crève l‘écran, Audrey Tautou détient là LE rôle de sa vie, au plus grand plaisir du spectateur. Qu‘on le veuille ou non Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain restera un film gravé dans le panthéon du cinéma français au vu du succès populaire qu’il a engendré.
Le thriller français : A la folie, pas du tout – Laeticia Colombiani (2002)
«..Je t’aime… un peu… beaucoup… passionnément… à la folie… pas du tout...» Vous avez sans doute tous un jour employé ce proverbe dans votre vie. Seulement, on ne se rend vraiment compte de ses véritables ressorts que lorsqu’il prend vraiment sens. Laeticia Colombiani nous en propose une interprétation machiavélique et terriblement accrocheuse. Sorti en 2002 dans l’ombre du Fabuleux destin d’Amélie Poulain (qui à ce moment là propageait une aura toujours plus importante autour de lui), A la folie, pas du tout dresse le portrait d’une jeune femme, Angélique (Audrey Tautou), étudiante au beaux-arts, prête à tout afin d’avoir l’homme qu’elle aime (Samuel Le Bihan). Emprunte de folie, de ruse et de schizophrénie palpitante dans ce film, Audrey Tautou casse l’image de gentille fille de son précédent rôle. Et le fait bien. Elle nous épate tout du long. La réalisatrice réussit le pari osé de nous procurer un thriller français original. La manière dont le film est monté est astucieuse, il nous présente une discontinuité temporelle intéressante, qui colle parfaitement avec l’esprit versatile d’Angélique. Et surtout… Ne ratez pas la fin du film. Si vous pensiez l’avoir deviné, vous allez être soufflés.
Amélie Poulain bis : Jeux d’enfants – Yann Samuell (2003)
Alors oui, beaucoup d’entre vous trouveront que ce film est en quelque sorte Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain bis avec une réalisation fantaisiste aux effets de montage similaires et des couleurs qui ne finissent plus de nous éblouir. Mais non, Jeux d’enfants est bien plus qu’une réalisation artistique. L’histoire, tout d’abord, marque par son originalité. Elle porte sur un jeu, «..Cap ou pas cap..?..» entre deux enfants, Sophie et Julien, dont le but est de pousser les interdits toujours plus loin afin d’oublier une enfance malheureuse. Seulement le jeu durera toute une vie et prendra l’avantage sur les sentiments, les privant ainsi d’une relation amoureuse. Les deux amis-fous-presque-amants ne sauront se dire Je t’aime, l’amour du jeu étant plus fort. Le plus admirable dans cette histoire est la dimension tragique, l’amour impossible qui vient s’immiscer à l’intérieur d’une intrigue aux allures enfantines. Le trio Sophie-le jeu-Julien fonctionne parfaitement, la mise en scène est réussie et les dialogues amusants. Marion Cotillard, qui interprétera la môme Piaf quatre ans plus tard, nous étonne déjà par son charisme. Quant à Guillaume Canet, le rôle du vilain garçon lui va comme un gant. Au final, c’est beaucoup d’émotions, d’humour et de tristesse que l’on récolte. Jeux d’enfants est la réelle surprise de l’année 2003.
Le film qui parle des films : La petite Lili – Claude Miller (2003)
La petite Lili : Je tenais vraiment à vous présenter ce film qui à mon goût n’a pas reçu l’accueil nécessaire à sa sortie. Pourtant, Claude Miller, une fois de plus, nous offre un film rempli d‘émotions et de simplicité. Transposition moderne de La Mouette de Chekov, La petite Lili aborde avec justesse l’opposition de deux mondes : celui du cinéma indépendant, loin des conventions cinématographiques, revendiqué par le jeune cinéaste, bohème et idéaliste, Julien (Robinson Stevenin) ; et celui du cinéma plus conventionnel porté par Brice (Bernard Giraudeau). Au milieu de ces deux mondes, Lili (Ludivine Sagnier), la petite amie de Julien va devoir faire un choix. Indécise, elle finira par suivre Brice et choisira le cinéma le plus attrayant à ses yeux. Lili deviendra une star, laissant son copain dans ses aspirations. Le décor est magnifique, on se croit à l’intérieur de cette magnifique propriété bretonne le temps du film, aux côtés, notamment, de Julie Depardieu, Nicole Garcia et Jean-Pierre Marielle. Bien que le titre soit à l’avantage de la jeune héroïne du film, Robinson Stevenin demeure quand même la révélation de ce film, avec une interprétation éblouissante et sans bavure. Merci à Claude Miller de nous offrir un film qui présente une mise en abyme sur le cinéma, réalisé par un amoureux du cinéma, qui nous fait aimer le cinéma à son tour. Splendide, tout simplement.
Son père n’aurait pas fait mieux : De battre, mon cœur s’est arrêté – Jacques Audiard (2005)
César du meilleur film en 2006, le dernier long métrage de Jaques Audiard se distingue des autres films français, tant il mêle les différents genres. Remake du polar américain Mélodie pour un tueur de James Toback, De battre, mon cœur s’est arrêté à la force d’un thriller au tempo vif, parfois brutal, ou l’on reste focalisé sur le personnage de Tom (Romain Duris), suivi de près, caméra sur l’épaule. Tout comme son père, Tom est un agent immobilier véreux. Dur, antipathique et haineux durant son «..travail..», il se métamorphose le temps d’une sonate de Bach, véritable exutoire à tous ses ressentiments. Ces deux facettes sont interprétées magistralement par Romain Duris, qui confirme son talent et tourne le dos au gentil étudiant parti à Barcelone le temps d’un Erasmus dans L’Auberge espagnole. Jaques Audiard parvient à nous concocter un film à la fois intimiste, sombre, aux plans séquences parfois violents, qu‘il adoucit au rythme du piano... Écoutez, regardez et admirez.
L'autre petite Lili : Je vais bien, ne t’en fais pas - Philippe Lioret (2006)
Je vais finir ce tour d’horizon du cinéma français de ces dernières années par LE film de l’année 2006 et LA révélation féminine de ce film, Mélanie Laurent. Certes, ce long-métrage pourra paraître terriblement triste et dramatique pour la plupart d’entre nous, mais il dégage une telle force qu’il en deviendrait presque serein. Le combat de cette jeune écorchée afin de retrouver son frère jumeau est passionnant. N’ayant plus de nouvelle de sa part, Lili n’a plus faim et sombrera dans l’anorexie. Dans ce film où l’implicite est de mise, Phillipe Lioret nous dresse le portrait d’une famille avec une sobriété exemplaire. Kad Merad confirme de plus en plus ses qualités d’acteur. Enfin, Mélanie Laurent brille. Oui, c’est bien ça, elle brille de talent, de gravité, de sincérité et de beauté.
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