Serge Moati : "Il me faut de nouvelles choses sur France 5"
Ce soir à 20h45 sur Vivolta, Serge Moati proposera un nouveau numéro de l'émission De vous à moi où il recevra ce soir Jacques Attali. Installés dans l'appartement de l'animateur, l'économiste va ainsi se laisser aller à la confession, une interview plus intimiste que ce que Serge Moati peut faire sur France 5. Pour Ozap, l'animateur-producteur parle de ce programme mais évoque aussi ses projets en télévision.
Serge Moati : Non, pas forcément, mais pourquoi se refuser à recevoir des gens que je connais depuis longtemps ? Il faut simplement qu'ils correspondent à ce que je cherche pour Vivolta, c'est à dire des gens dont le parcours rencontre le siècle.
C'est donc aussi une volonté de montrer des aspects de l'invité qu'on n'a pas l'habitude de voir ?
Exactement. On est dans un autre ton que celui de la télévision classique ou politique, autre chose m'intéresse. C'est de savoir comment l'invité a vécu les choses de sa vie et qui peuvent renvoyer à la vie de chacun de ceux qui regardent l'émission. Ce sont des témoignages au fil des générations. J'avais déjà interrogé Attali dans Ripostes mais on ne s'était pas parlé comme ça : sur Vivolta par exemple, la crise n'est évoquée que très rapidement.
Comment s'est fait ce projet avec Vivolta ?
Ils me l'ont proposé.
Vous estimez que ce genre d'émission n'est pas possible sur une chaîne plus grand public ?
Il se trouve que les autres chaînes ne me l'ont pas proposé et je suis très reconnaissant que Vivolta l'ait fait. Je fais une émission politique depuis dix ans et j'en suis très heureux aussi, mais là c'est un autre ton.
« Moi un producteur gourmand ? C'était de la calomnie »
Est-ce difficile de produire pour une petite chaîne comme Vivolta ?
C'est une économie très différente. Il faut se plier aux devis et aux exigences des petites chaînes. On produit donc autrement mais c'est intéressant pour une maison de production comme la mienne car ça oblige à réfléchir aux modes de production. Tout est limité mais en même temps, ça crée un ton. Par exemple, on tourne l'émission chez moi et ça ne nécessite donc pas la location d'un studio. Il faut donc transformer des inconvénients en avantages et le fait que ça se passe chez moi crée aussi un ton différent. Les gens que l'on reçoit chez soi ne vous parlent pas de la même façon.
Cette façon de produire à l'économie répond aussi au fait qu'on avait pu lire que vous étiez un producteur gourmand, notamment quand vous deviez produire Nicolas Demorand sur France 2 ? (lire notre brève)
C'était vraiment de la calomnie. Si vous avez retenu cela, c'est que vous êtes malveillant ou amnésique. Je n'ai jamais voulu répondre à cette histoire et je ne vais pas commencer maintenant.
Ripostes est devenu un rendez-vous incontournable sur France 5. Comment avez-vous fait évoluer la formule cette saison ?
France 5 a eu la bonne idée de me faire plus éditorialiser l'émission, notamment avec l'édito de quelques minutes que je signe au début et que je prends un formidable plaisir à écrire le dimanche matin. Tout est assez ritualisé maintenant dans l'émission et je dis aussi un peu plus directement ce que je pense, ce qui permet aussi aux invités d'avoir un ton plus direct avec moi.
Etant donné que ça marche très bien sur France 5, êtes-vous candidat à la future tranche 19h/20h ?
Je ne sais pas, à eux de me parler aussi. Je ne suis pas complètement transparent et s'ils ont une idée comme cela, qu'ils vainquent leur pudeur et qu'ils m'en parlent.
Ils sont trop pudiques aujourd'hui ?
Je pense, je ne vois pas d'autres explications.
« Il faut qu'on avance avec France 5 »
Quels sont vos autres projets ? On vous a aussi vu sur la chaîne avec les documentaires [documentaire:7730], allez-vous en faire d'autres ?
Non. Là aussi, c'est une question de pudeur et j'attends qu'ils m'en parlent. C'est une période étrange, un peu suspendue, il ne faudrait pas que ça dure longtemps. Heureusement, on produit beaucoup de fictions et de documentaires par ailleurs. En avril, je fais un documentaire sur Israël et Palestine pour Arte. Cet été, je tourne un docu-fiction pour France 2 sur De Gaulle et l'Algérie. On produit aussi la saison 3 de Mafiosa, on a recommencé Mademoiselle Joubert sur TF1 avec Laurence Boccolini. On fait aussi le feuilleton Un flic pour France 2. On a pas mal de projets de fiction avec France 2 et on a pas mal de projets avec Christophe Ono Dit Bio, directeur du service culture au Point.
On a compris que ça avançait moins vite avec France 5...
En ce moment, il faut qu'on avance. Moi, j'ai très envie de refaire des documentaires et de continuer la série [documentaire:7730] car ça me touche beaucoup de le faire. J'ai très envie de continuer ça et j'aime beaucoup France 5. J'y suis depuis dix ans et je suis très content donc il faut que de nouvelles choses se passent aussi pour moi et que je puisse retrouver le plaisir de la création dont j'ai besoin.
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Le programme de votre soirée du 10 mai.
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Sept mois à peine après le docu-fiction [documentaire:3486] de Serge Moati diffusé sur France 2, France...
Extrait du documentaire diffusé ce soir.
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