
n an après avoir remporté la quatrième édition de Popstars, Sheryfa Luna s'est rapidement imposée comme une artiste R&B avec qui il faut compter. Elle a collectionné les tubes, récolté un disque de platine pour son premier opus, et a sorti la semaine dernière un deuxième album
"Vénus". A cette occasion, la jeune maman nous a accordé un entretien où elle discute de sa jeune carrière, de son nouvel album, ainsi que de l'état du milieu du R&B français.
« Je n'ai pas revu Ophélie et Mya »
Ozap : Ca fait un an que tu as sorti ton premier album. Quel bilan tires-tu de cette année ?
Sheryfa Luna : Une bonne expérience. Je garde un très bon souvenir de
Popstars, parce que c'est elle qui m'a propulsée, et qu'elle m'a permis de rencontrer des gens. Et puis cette année, il y a eu un vrai succès, un disque de platine, un bébé, une carrière qui s'est bien déroulée... C'est une très bonne année ! Il y a eu des hauts et des bas, mais si je devais le refaire, je le referais sans hésiter !
Tu as encore des liens avec le jury ?
Je n'ai plus de liens avec Benjamin Chulvanij, qui a été mon manager, et depuis la fin de l'émission je n'ai pas eu de contact avec
Mia Frye ou
Ophélie Winter, que je n'ai jamais revues ou même croisées. Et Sébastien Farran, je le croise de temps en temps, et c'est lui qui s'est occupé de ma tournée en avril 2008.
« Je me suis entourée des bonnes personnes »
Tu as fait des folies cette année ?
Mon niveau de vie a changé, c'est clair, parce que je gagnais 400 euros par mois ! Maintenant, ce n'est pas extraordinaire, il faut remettre les choses au clair : je sors d'une télé-réalité ! En fait, j'ai plus acheté aux autres qu'à moi. La plus grosse folie que je me suis faite, c'est un ordinateur ! (Rires) Sinon, j'ai acheté une voiture au père de mon fils et j'ai fait un chèque à mes parents pour les remercier, ce qui me semblait normal.
Tu es plutôt bien acceptée dans le milieu du R&B, malgré ton étiquette télé-réalité. Comment tu l'expliques ?
Je pense que c'est parce que je me suis entourée des bonnes personnes au début. Les gens de ce milieu qui ont travaillé avec moi ne m'ont pas jugée, ils ont écouté et ils ont apprécié. Je ne suis pas appréciée par tout le monde, mais ça se passe plutôt bien. Et puis on me définit comme une artiste R&B, mais j'ai aussi des influences pop.
« Je ne vais pas cracher sur la télé-réalité »
Quand on t'a proposé le duo avec Mathieu Edward, tu n'as pas eu peur de te recoller l'étiquette télé-réalité ?
C'est vrai qu'en termes d'étiquette,
Star Ac c'est encore pire que
Popstars, je crois. On m'a dit plusieurs fois que j'en faisais peut-être trop, entre mon duo avec
Léa Castel, qui sort aussi de
Popstars, et celui avec Mathieu, qui sort de la Star Ac. Mais moi, peu importe si tu sors de la ville la plus paumée de France, je m'en fous. A partir du moment où tu as du talent et qu'il y a du feeling, je le fais. Donc c'est moi qui ai contacté la maison de disques après avoir vu ses prestations à la Star Ac, et quand il a signé avec eux, je l'ai rencontré, on a discuté, il m'a joué des morceaux au piano et j'ai été étonnamment surprise parce que ça n'avait rien à voir avec ce qu'il faisait à la
Star Academy. On s'est très bien entendu, et le lendemain on rentrait en studio ! Donc moi, je ne vais pas cracher sur la télé-réalité, c'est elle qui m'a révélée !
Le fait que tu sois allée à la Star Ac, ça n'était pas bizarre ?
Ca m'a fait super drôle, si ! Il y a déjà eu huit saisons, et j'ai suivi je crois les quatre premières à fond. Donc j'étais flattée d'être invitée, déjà parce que c'est TF1, une chaîne que tout le monde regarde, et puis parce que dans le cadre du concept Star Ac, je venais en tant qu'artiste chanter avec les élèves. Et ces élèves-là, c'étaient des gens qui avaient écouté ce que je faisais !
« Si ça ne marche pas, je n'aurais pas de regrets »
Un an après "Sheryfa Luna", tu sors "Venus", ton deuxième album. Ton son a-t-il évolué ?
J'ai essayé de rester dans la continuité du premier album, parce qu'il ne s'est passé qu'un an, et qu'il faut suivre le public et ne pas le brusquer en changeant trop radicalement. Et j'ai aussi essayé d'écouter ce que demandait mon public pour faire ce deuxième album. Au niveau des thèmes, j'ai évidemment abordé celui de la maternité, mais aussi des paparazzi, et j'ai écrit la suite de "Il avait les mots"... j'ai fait plein de nouvelles choses, j'ai pris quelques nouvelles influences, tout en gardant la continuité du premier.
La pression est plus forte ou moins forte que pour ton premier album ?
Plus forte ! Le deuxième album, c'est la confirmation. Le succès du premier était-il lié à la chance, à la médiatisation, ou vraiment au talent ? C'est la grande question ! J'ai envie de prouver que le succès n'était pas un hasard. On a beaucoup travaillé, et s'ils accrochent tant mieux. Si ça ne marche pas, j'aurais de la peine, mais je ne me dirais pas que j'aurais dû faire autrement. J'ai vraiment fait ce que je voulais sur cet album : j'ai co-écrit, donné mes idées pour la réalisation, pour les musiciens, et j'ai même imaginé le visuel de l'album.
« Je respecte beaucoup la démarche de M. Pokora »
Tu fais partie de la nouvelle scène R&B féminine avec Lea Castel, Vitaa, Shy'm... c'est important que le R&B laisse la place aux femmes ?
Oui, c'est bien, mais même si on toutes dans le style R&B, on a toutes quelque chose de différent. Il n'y en a pas une qui se ressemble, et c'est bien. Mais aujourd'hui il faudrait aussi faire de la place au R&B masculin, parce qu'en France pour l'instant, ce n'est pas ce qui est le plus demandé !
A propos de R&B masculin, M. Pokora a enregistré son album en anglais. C'est quelque chose que tu envisagerais ?
Pas du tout ! Je ne l'imaginerais jamais ! Deux mots en anglais dans une chanson, je veux bien, mais pas plus ! Après, c'est son choix, c'est un rêve qu'il avait. Il a été ambitieux, donc on ne peut que le respecter dans sa démarche. Il se moquait de ce que les gens pouvaient dire : il voulait bosser avec
Timbaland, et chanter en anglais, et il l'a fait. Je ne suis pas forcément à fond dans le projet, parce que c'est pas ma came du tout de chanter en anglais, je parle pas un mot d'anglais, mais je respecte beaucoup le fait qu'il ait fait ce qu'il voulait vraiment faire, et qu'il y soit allé jusqu'au bout. Mais c'est vrai que ça a peut-être été trop brutal pour son public...
« Il faudrait organiser des journées sans musique ! »
Il n'a peut-être pas été aidé par la crise du disque et le piratage. Quelle est ta position sur le sujet ?
Qu'est-ce qu'on peut faire contre le piratage. Je crois que c'est
Laurent Voulzy qui disait ça l'autre jour à la télé : comment peut-on donner aux enfants une machine qui leur donne de la musique gratuitement, et leur dire "non" ? Moi, j'aurais fait pareil ! Et puis la tentation, l'interdit, ça joue aussi. Il faut arrêter de se plaindre, et on ne peut pas cracher sur les gens, même si ça fait chier parce que nous, on se prend la tête à travailler et on aimerait avoir un salaire comme tout le monde, et récupérer ce qu'on nous doit.
Qu'est-ce qu'on devrait faire ?
Le téléchargement illégal ne devrait même plus exister ! Ils devraient faire fermer tous ces sites, et essayer de trouver un système pour les contrôler, même si c'est très difficile et que ça peut prendre beaucoup de temps. Ou il faudrait faire des journées sans musique : ni à la radio, ni à la télé... il n'y aurait plus rien quand les gens allument la télé ou la radio. Il n'y aurait rien, nulle part, même sur le net, pour que les gens réalisent ce qui pourrait se passer s'ils continuent à télécharger. Maintenant, pour mettre une telle chose sur pieds... faut arrêter de rêver je crois !
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