Stanislas : « Participer à la Star Ac' ? J'y ai pensé ! »
Chef d'orchestre et passionné de musique classique depuis son plus jeune âge, Stanislas dévoile en cette fin d'année une nouvelle facette de sa personnalité avec son premier album pop, "L'équilibre instable", sur lequel il a travaillé avec son ami Calogero. L'artiste, qui mêle dans ses chansons musique classique et variété, a reçu ozap et nous a parlé de lui, de son univers musical, et même de la Star Academy, à laquelle il rendra visite en janvier.
imédias : Vous êtes un nouveau venu sur la scène française, comment vous décririez-vous au public ?
Stanislas : C’est toujours difficile de résumer 35 ans… et 32 ans de vie musicale ! Disons que j’ai commencé par le classique, je me suis nourri de tout ça, et je suis toujours chef d’orchestre. J’ai commencé à faire des arrangements de cordes pour plusieurs artistes, et assez naturellement, à force de voir passer des chansons, et comme j’en avais écrit pas mal quand j’étais plus jeune, j’ai eu envie de faire des chansons à ma façon. Donc je chante des chansons de variété, mais avec un orchestre symphonique.
C’est ça, l’équilibre instable ? Allier musique classique et variété ?
Oui, essentiellement. Pour moi, l’équilibre instable c’est le mouvement, marcher sur deux jambes que sont le classique et la pop, mais aussi le mouvement tout court. La musique c’est une façon d’écrire le temps qui passe, c’est une façon harmonieuse de tuer le temps. L’équilibre instable, c’est ce mouvement harmonieux, plein de surprises. J’essaie que, dans mes mélodies, on ne soit pas assis, on ne soit pas installé, j’essaie de surprendre. Ca fait partie de mon caractère, je suis toujours un peu instable, insatisfait, dans mes chansons aussi…
Combien de temps vous a-t-il fallu pour préparer cet album, si vous avez retravaillé sans cesse les titres ?
Un premier album, c’est toujours une somme d’influences, mais aussi de tout ce qu’on a vécu. Donc sur cet album, il y a certaines des chansons dont j’avais des couplets depuis des années, d’autres que j’ai écrites il y a très peu de temps et qui sont venues d’un coup. Pour toutes ces chansons, j’ai beaucoup retravaillé, je ne me satisfais jamais complètement. Mais même si on n’est jamais satisfait, il y a un moment où il faut quand même montrer son travail aux gens.
Après vous être inspiré de votre passé, de toutes vos expériences… que reste-t-il pour un deuxième album ?
Je pense que, pour le deuxième, j’aurais une autre ambition. Ce sera peut-être un album à thème, ou un album en collaboration avec des copains. J’essaierai de ne surtout pas refaire la même chose que le premier. Maintenant, je sais que je veux chanter et que je peux le faire…
Ce n’était pas quelque chose d’évident avant ?
J’étais surtout musicien, je travaillais surtout pour les autres. L’évidence est venue à partir du moment où je me suis rendu compte que j’étais la meilleure personne pour défendre mon univers. S’il y a un deuxième album, et je l’espère, j’essaierai de me trouver de nouveaux territoires musicaux à conquérir.
Et qu’est-ce que ça fait de sortir son premier album ?
Ca donne l’impression d’être à poil. J’avais déjà entendu cette réponse de la part d’autres artistes et je ne pensais pas que c’était aussi vrai. Quand on présente son travail en solo, c’est assez impudique, et en même temps, quand on doit répondre à beaucoup de questions, ça permet aussi de réfléchir sur soi. La difficulté est de ne pas devenir égocentrique !
Et qu’avez-vous déjà appris sur vous ?
J’ai appris que ce n’est pas si simple de définir qui on est, que quand on parle de sa musique, on finit par comprendre des choses sur soi. Ca m’a apporté aussi des joies profondes, j’ai reçu des réactions sur myspace qui sont super touchantes… des choses qu’on ne peut pas inventer, et qu’on n’a pas si on ne montre pas son travail. Quand une jeune fille de 12 ans me dit qu’elle adore ma chanson « Le Manège »… jamais je n’aurais imaginé qu’une valse puisse plaire à une gamine de 12 ans !
Est-ce que, lors de l’enregistrement de cet album, c’était une mission pour vous de faire découvrir le classique ?
C’est quelque chose qui vient se greffer ensuite, mais au départ j’ai construit cet album avec un orchestre parce que, en tant que chef d’orchestre, les gens et les instruments avec lesquels je travaillais habituellement étaient les mieux placés pour m’accompagner. En revanche, quand je dirige l’orchestre de Massy, oui, on a comme vocation de sensibiliser les gens à la musique classique.
Quand on arrive sur le marché du disque tel qu’il est aujourd’hui, en 2007, qu’est-ce qu’on attend ?
Je gagnais déjà ma vie avant de sortir cet album, donc je ne suis pas comme un gamin de 20 ans, qui a besoin des ventes de disques pour manger. Certes, je ne suis pas non plus complètement détaché de la réalité, mais je ne regarde pas les ventes de mon disque chaque semaine. Je pense que je perdrais une forme de naïveté, et je commencerais à tricher, à agir en fonction de ce qui plait ou ne plait pas. Et puis je reste optimiste : je pense qu’on est dans une phase de transition et que les choses vont s’équilibrer.
Et, en tant que chef d’orchestre, quel regard portez-vous sur l’immatérialité de la musique ?
Je ne suis pas spécialement attaché au côté physique, même si le livret permet de rentrer dans l’univers de l’artiste. Et en tant qu’internaute, ça ne me choque pas tellement que les gens aient envie de télécharger – même si je préfèrerais que ce soit légalement. Maintenant, si je croise quelqu’un qui télécharge illégalement mon album, je ne vais pas lui faire une remarque désobligeante, ce serait malvenu ! Tout le monde télécharge illégalement, ça n’aurait pas de sens de leur reprocher. Je pense qu’il faut encourager les gens à aller vers le téléchargement légal. Le jour où ça sera plus pratique d’acheter légalement en un clic, ça s’équilibrera sans doute.
Y a-t-il un artiste dont vous enviez la carrière ?
Je n’ai pas de plan de carrière, mais en termes artistiques, j’aimerais bien réussir à faire ce que fait Etienne Daho. Il a su rester frais musicalement, rester lui-même et se renouveler, sans pour autant faire du jeunisme et surfer sur les tendances. On sent une sincérité musicale.
Et les artistes qui commencent leur carrière à la Star Academy… ?
Les concours de chant, les télé-crochets, ça a toujours existé. Après, il y a effectivement l’aspect télé-réalité, le fait qu’on puisse suivre la vie des candidats tous les jours, mais sincèrement, je pense qu’il y a des choses plus choquantes à la télé ! Quant aux artistes qui critiquent le formatage de l’émission, ils tiennent un peu un double discours. Après tout, ils font bien des titres de 3 min 30 pour rentrer dans le format radio ! Pourquoi être regardant sur ce type de format et pas sur d’autres ?
Auriez-vous participé à l’émission en tant que candidat ?
J’y ai pensé mais d’abord, je n’étais pas sûr d’être pris, et puis je ne savais pas si ce n’était pas une mauvaise idée de mener mes études de direction d’orchestre et d’aller me donner en spectacle. A travers mes études, je cherchais aussi une sorte de crédibilité face aux musiciens que je serai amené à diriger, et je ne suis pas sûr que je ne l’aurais pas compromise en faisant le mariol à la télé.
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