Nouvelle Star / Star Academy : qui est le meilleur ?
Etes-vous plutôt Marianne James ou Raphaëlle Ricci ? Nikos Aliagas ou Virginie Efira ? Elodie Frégé ou Amel Bent ? Pour départager la Nouvelle Star et la Star Academy, imédias fait appel à Olivier Aïm, chercheur en communication, spécialiste de la question.
Les points forts de la Star Academy : un dispositif télévisuel très efficace, très rodé : les quotidiennes, les prime, la possibilité de voir la chaîne en continu. L’attachement au candidat se fait sur le mode de la quotidienneté plutôt que sur la fanitude. Ses points forts, c’est aussi le côté feuilletonesque et people. Les points faibles, c’est l’usure des prime : en partant avec 18 candidats, l’enjeu de l’élimination est souvent faible. Dans la Nouvelle star, les candidats sont moins exposés, il y a un côté plus show, plus compétition. Il y a un jury plus présent, qui fait plus le spectacle, des fortes personnalités, crédibles, ou du moins qui jouent de leur crédibilité. Je trouve que c’est extraordinairement construit dans la partie casting, sauf au théâtre où c’est un peu plus ennuyeux. Il y a une sorte de dynamisme et de spontanéité. Mais le point faible, c’est la deuxième partie du programme. C’est moins intéressant, il y a moins d’attachement aux candidats que dans la Star Academy.
Les candidats ont-ils des profils semblables ?
Les métaphores profondes des émissions c’est quoi ? La Star Ac’ transforme du plomb en or, tandis que La Nouvelle Star trouve des « pépites ». Cela se ressent dans le profil des candidats. On aime bien les cas un peu « sociaux » à la Star Ac’ : on va pouvoir parler de leurs problèmes et souvent, il y aura sublimation des problèmes des candidats, en vue d’une transformation de leur condition personnelle ou sociale. Cela s’explique aussi par la dimension people et psychologisante du programme : on a affaire à des gens dont on va tout connaître. Ce qu’on ne cherche pas à faire à laNouvelle Star où la condition sociale est secondaire.
Est-ce que les émissions ne tendent pas à se rapprocher?
Finalement, avec le temps, les deux émissions font système. Elles se nourrissent l’une l’autre : à la Star Ac, le jury prend plus de poids sous l’influence de La Nouvelle Star, dans le côté évenementiel du prime. Côté Nouvelle star, on va peut-être chercher des profils un peu plus sociaux, on le voit dans les castings avec des portraits assez orientés. On essaye de construire des personnages, il y a un goût pour l’atypicité : c’est « l’objet chantant non identifié » qui est recherché.
Quelle est la différence fondamentale entre la Nouvelle Star et la Star Academy ?
La Star Academy commence un peu là où La Nouvelle star s’arrête, puisque le casting, qui fait le cœur du spectacle de La Nouvelle Star, n’apparaît pas dans la Star Ac’. La Star Academy est finalement plutôt centrée sur les émissions quotidiennes : c’est le fond de roulement de l’audience du programme. Même le prime renvoie vers les quotidiennes : ce qui compte en fait pendant le show, c’est de voir comment la semaine de préparation va se mettre en place. Tandis qu’à La Nouvelle star, c’est seulement l’issue du prime qui prime. Les évaluations ne comptent que dans la 1ère partie.
Qu’impliquent ces différences de dispositif?
La Nouvelle Star c’est le spectacle des visages, la Star Academy le spectacle des corps : de leurs rapprochements et de leurs oppositions. En une émission de la Nouvelle Star, on voit une centaine de visages. C’est très différent dans la Star Ac’, où le spectacle est axé sur la peopolisation. Ce qui compte, c’est de voir ce qui va se passer dans le cadre expérimental, qui va être proche de qui, qui va être en conflit avec qui. Il y a d’ailleurs une forte porosité entre ce type de télé-réalité et la presse people, qui s’empare rapidement des « potins de la Star Ac’ ». Il y a aussi une forte psychologisation du candidat : on te raconte sa vie, on va essayer de faire ressortir la manière dont il vit l’expérience - d’où l’importance du confessionnal comme dispositif qui cite encore Loft Story. Une dimension totalement absente de la Nouvelle Star.
Quel dire du jury de La Nouvelle Star?
Le jury est plus central dans La Nouvelle Star. Notamment dans la 1ère partie de casting, où il est souverain. Il est au cœur du spectacle de l’évaluation. Pendant la 2e partie, le jury perd son rôle décisionnaire pour un rôle consultatif : dans ce déplacement, le jury doit tout de même faire spectacle. Par exemple, par le biais des coups de gueule : on quitte le plateau, on remet en cause le dispositif, on critique « la prod’ ». On est dans le spectacle de la parole vraie « anti langue de bois », qui rend possible des jugements très durs. La relation entre les membres du jury est également très mise en scène, chacun ayant son avis, ses critères d’évaluation : les oppositions entre eux mais aussi celles qu’ils manifestent vis à vis du public et de la production, dite « la prod ». « Mais ils ont de la merde dans les oreilles ! », s’exclamera Marianne James.
Et dans La Star Academy ?
Dans la Star Ac’, le jury a un rôle très différent. Le jury est présent dans les évals ; les candidats ne vivent que pour ça et c’est la quotidienne qui génère le plus d’audience. Mais leur fonction d’évaluation est plus limitée que dans la NS, parce qu’ils ont une autre casquette, celle de prof. Le jury a un rôle central dans la métaphore scolaire qui anime la Star Academy. On décline donc tout le spectre des relations pédagogiques possibles entre maître et élève. Kamel Ouali discipline les corps, Christophe Pinna incarne une sorte de maître spirituel bouddhiste. Cela va jusqu’aux débordements de la relation : l’un des questions de la SA2 était complètement people : mais jusqu’où est allé Mathieu Gonet avec Nolwenn ?
Comment évoluent ces émissions ?
On assume mieux qu’avant la dimension machine industrielle : les émissions s’institutionnalisent. De nombreux artistes sortis de l’émission ont eu du succès et légitiment par contrecoup le programme. Jenifer, Nolwenn, Olivia Ruiz, Patxi, pour TF1, Amel Bent, Chimène Badi, Miss Dominique, révélation de l’année aux victoires, pour M6. On assiste à deux phénomènes de légitimation : par le bas pour la Star Ac’, par des artistes très populaires type télé 7 jours, ou des gens qui n’ont pas gagné mais « auraient du gagner » (comme Sofia Essaidi) et par le haut pour la Nouvelle star. Steve Estatof passe pour le dynamiteur en interne du programme, Christophe Willem a une sorte de reconnaissance par la presse branchée, que je ne m’explique du reste pas totalement.
Alors, qui durera le plus longtemps?
La nouvelle Star est très rôdée au niveau casting, donc très complémentaire de la Star Academy mais le problème de renouvellement des candidats peut se poser. La matière humaine est la clé de voûte de ces émissions : si ça peut durer, ça peut durer très longtemps. Ça va être plus facile pour la Star Ac que la Nouvelle Star. En plus Les enjeux sont peut-être plus forts à la Star Ac’ parce qu’il y a l’idée que ça débouche quand même immédiatement sur un album et un million d’euros. Je ne suis pas sûr que Steve Estatof ou Myriam Abel restent dans les annales. Surtout, il me semble que la Star Academy a une puissance de renouvellement et d’institutionnalisation plus grande. Chaque année se met en place un nouveau match, un nouveau championnat : comme pour le spectacle sportif. La Star Ac c’est un peu la Ligue 1 de la chanson française…
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Alors qu'il interrogeait Pascal Obispo en direct sur Europe 1, Nikos Aliagas l'a remercié d'être... sur NRJ.
Il animera une interview quotidienne de 8 minutes à 8h35 où il interrogera des personnalités du spectacle.
Il devrait mener une interview quotidienne dans la matinale de Bruce Toussaint.
L'animatrice ne souhaite pas poursuivre l'aventure sans Nikos Aliagas.
L'animateur dément partir fâché avec la station musicale.
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