Stéphane Rotenberg : « Mettre Pékin Express en prime-time est un pari risqué »
Véritable phénomène inattendu de la saison dernière, Pékin Express revient ce soir en prime-time sur M6. Stéphane Rotenberg, la nouvelle star de la chaîne, en est pour la seconde fois le présentateur. Il revient pour ozap sur cette aventure extraordinaire.
On pensait que ce serait plus facile… mais on s’est trompé ! (rires) On croyait que l’expérience acquise lors du premier nous faciliterait la tâche, mais le tournage du second a été nettement plus difficile. Cela a été très compliqué sur le plan logistique. On a eu plus souvent maille à partir avec les autorités locales, même si dans l’ensemble ça s’est bien passé. Mais on quand même dû arrêter la course plusieurs fois !
Quelles sont les nouveautés de Pékin Express 2 ?
Le parcours déjà. On traverse la Chine, le Népal avec l’Himalaya et le nord de l’Inde. Le parcours est d’une longueur comparable au premier, mais on va à la rencontre de civilisations très éloignées de la nôtre. Pour les candidats, cela entraîne un dépaysement et des problèmes de compréhension encore plus grands. En Chine, au Népal et en Inde vous êtes complètement perdus. On n’écrit pas pareil et les signes ne sont pas les mêmes. Lorsque vous faîtes « 1 » avec le pouce levé en Chine, cela veut dire « 6 » ! Les candidats sont donc perdus car ils n’arrivent pas à se faire comprendre. Cela rajoute au stress. En revanche, les paysages et la découverte des gens restent la grande force du programme.
Pouvez-vous nous parler de votre rôle de « directeur de course » ?
Il a été de nouveau compliqué et stratégique cette année, car ce programme est bien sûr une aventure humaine extraordinaire, mais c’est aussi une course et il faut donc faire respecter les règles. C’est compliqué de maîtriser les choses sur un parcours aussi grand. Donc c’est important d’être là, de les soutenir quand il faut, mais aussi de sanctionner lorsque c’est nécessaire. Il y a beaucoup de travail hors caméra. Il faut être un meneur de jeu mais aussi être là lorsque les candidats ont des coups de blues. C’est un rôle multiple et c’est ce qui est vraiment galvanisant dans ce programme.
On sait que pour ce type d’émission le choix des candidats est primordial…
La force de ce programme, c’est qu’ils partent à deux. C’est la clé de tout. C’est la relation au sein de ce couple, au sens large du terme, qui est passionnante. De leur cohésion, viendra leur victoire ou le fait qu’ils arrêteront plus vite que les autres. Les couples sont de différentes natures : mari et femme, frère et sœur, père et fille, meilleurs amis… Et cette année on a pris le risque d’associer des personnes qui ne se connaissaient pas, parce que l’on a eu énormément de demandes, dont des gens qui s’inscrivaient tout seul. On a donc tenté de les associer, mais c’est beaucoup plus dur pour eux que pour les autres.
Le principe était de ne pas prendre de baroudeurs professionnels. Peu des candidats ont voyagé, et c’était dans des conditions qui ne sont évidemment pas comparables. Il n’y a pas de préparation physique spécifique. Ce sont des gens qui rêvaient d’aventure. La grosse différence par rapport à l’année dernière, c’est que les candidats ont déjà vu Pékin Express, donc ils pensent savoir à quoi s’en tenir. Mais en réalité, c’est beaucoup plus dur que ce qu’ils pouvaient imaginer.
Si vous n’en étiez pas le présentateur, vous auriez aimé être un candidat ?
C’est vraiment dur… Je ne sais franchement pas si je suis de taille !
Désormais Pékin Express est diffusé intégralement en prime-time. Le pari n’est pas un peu risqué ?
Si, le pari est risqué, c’est clair. D’un autre côté, le succès a été tel l’année dernière que c’était tentant pour la chaîne de le mettre en prime-time. Ca aurait été dommage de ne pas tenter le coup. La décision a été prise à la vue des premiers épisodes.
M6 vient de fêter ses 20 ans… Quel regard portez-vous sur l’évolution de la chaîne et sur son avenir ?
C’est impressionnant. J’ai vu cette chaîne grossir année après année. Moi je suis arrivé juste quand la chaîne n’était plus considérée comme celle de trop. C’était la première année où elle faisait des bénéfices. Il y avait donc encore ce traumatisme de la chaîne qui pouvait disparaître. Maintenant quand on la voit réussir, c’est vraiment extraordinaire. C’est un développement unique dans le monde de la télévision. Et malgré tout, il y a une ambiance qui est très spécifique. Malgré bien sûr la pression pour les résultats, il y a une décontraction unique.
Depuis le départ de Benjamin Castaldi en septembre dernier, vous êtes devenu la nouvelle coqueluche de la chaîne… Quel effet ça fait ?
J’ai la chance que les programmes que j’ai présentés, qui étaient tous signés bien avant le départ de Benjamin Castaldi, aient marché ! A chaque fois, on me demande si je bénéficie de ce départ. On verra plutôt sur la saison d’après ! Mais c’est vrai que d’année en année, on me propose des choses très différentes, et c’est ça qui est très sympa. Je suis celui qui fait des choses un peu décalés, des coups de poker qui peuvent marcher ! (rires)
Vous variez énormément les émissions… C’est pour éviter d’avoir une étiquette ?
C’est peut-être une erreur stratégique mais c’est mon vrai goût. J’aime beaucoup de choses différentes en télévision et donc je suis partant pours des concepts variés. Je serais bien embarrassé si je devais faire la même émission pendant 15 ans. D’un autre côté, il faut reconnaître que lorsqu’on tombe sur un truc aussi fort que Pékin Express, on a bien envie d’en prendre pour dix ans quand même ! Je ne sais pas s’il y aura un Pékin Express 3, mais toute l’équipe a envie que ça reparte.
Une émission quotidienne ou hebdomadaire, ça ne vous tenterait pas ?
Si pour être très honnête. Mais du coup, ce serait incompatible avec des programmes comme Pékin Express. C’est un choix cornélien.
Vous avez été reporter pour Turbo, puis chef d’édition... Ca ne vous tenterait pas de présenter ce magazine ?
Non, justement d’abord parce que c’est une hebdo et que donc on est obligé de s’y consacrer à 100%. Ensuite, parce que la voiture est une passion, et je ne veux pas que ça devienne un métier. J’en ai fait un métier quand j’avais 20 ans, et j’en suis super content, mais maintenant je veux que ça reste un violon d'Ingres.
Est-ce que ça vous aurez tenté de présenter Nouvelle Star ?
Je reconnais que c’est un programme extraordinaire. Virginie Efira est éblouissante dedans, donc il n’y a vraiment aucun problème ! (rires). Je n’aurais pas pu pas présenter à la fois Pékin Express et Nouvelle Star, donc il faut choisir. Mais cela aurait été un grand plaisir.
Vous avez présenté de nombreuses émissions… avec le recul, il n’y a aucune que vous regrettez ?
On a tenté de faire du people il y a quelques années avec Stars intimes, et je suis très frustré que l’on n’ait pas réussi à imposer le truc. Je pense qu’il y avait vraiment un coup à jouer. Pour le reste, je n’ai pas à me plaindre. Bachelor, je reprends demain si jamais la chaîne décide de le remettre à l’antenne, car cela a été une aventure extraordinaire. J’ai plutôt eu du bol sur les émissions que j’ai faites pour M6.
Tout semble marcher pour vous actuellement… Aucune chaîne concurrente ne vous a courtisé ?
En fait, ce sont des cycles. Ca m’est arrivé assez régulièrement. Mais je suis un affectif... A chaque fois que le producteur d’une chaîne concurrente me contactait, j’en parlais immédiatement à Thomas (Valentin, vice-président du directoire et directeur des programmes de M6 ndlr). A chaque fois, il a instantanément réagi ! Je me sens apprécié par la chaîne. C’est agréable.
En revanche, j’ai eu une proposition de radio, assez ancienne maintenant, mais qui n’a jamais été compatible avec mes engagements télé. Là, ca a été des vrais crèves cœur. J’adorerais refaire de la radio.
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Arrêtée en 2007 au bout d'une saison, l'émission va revenir sous un nouveau titre dans les prochains mois.
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