Aujourd'hui à Cannes : Après Brockeback Mountain, Ang Lee nous emmène à Woodstock
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La compétition
Ils ont été projetés hier, et on ne parle plus que d’eux.
Bright star : Romance historique sur les traces d’un jeune poète à la fin des années 1800. Treize ans après sa Palme d’Or, Jane Campion a fait parler d’elle au Palais des Festivals en présentant une romance aérienne applaudie et appréciée par la majeure partie du public cannois. La Palme, c’est reparti pour un tour ?
L’épine dans le cœur (hors compétition) : Michel Gondry tente le documentaire intimiste, à table avec cousins et frérots, pour nous raconter les aventures de sa tantine Suzette, institutrice dans les Cévennes. Du style Gondry, il ne reste quasiment rien, à part quelques pointes, par ci, par là, d’originalité. Et avant de comprendre tout le sens du documentaire et la relation qu’entretient Suzette avec son fils, homo un peu faible et pas très fin, il faut se coltiner tout l’album de famille. Une demi-heure de films de vacances comme si vous y étiez. C’est déjà ennuyeux à la maison, alors à l’écran…
- Ses points forts : Des personnages attachants, parce que vrais.
- Ses points faibles : Documentaire ennuyeux et sans réel intérêt. Des comme ça, il en existe beaucoup, et ils ne sont pas montrés à Cannes. Sans doute parce que leur réalisateur ne s’appelle pas Michel Gondry. [lirelasuite]
Precious (Un Certain regard) : Precious apprend à lire, à 16 ans, dans une école alternative. Et si, soudain, elle devenait capable d’autre chose ? Pour son film, Lee Daniels a osé un casting de choc : Mariah Carey et Lenny Kravitz. On comprend la sélection à Cannes.
Et aujourd’hui
Taking Woodstock : Après Brokeback Mountain, Ang Lee change totalement de direction en nous montrant l’histoire d’une petite famille ennuyeuse au possible qui voit sa vie bouleversée par l’arrivée d’un million et demi de hippies. Une comédie agréable et pop où les acteurs passent plus de temps nus qu’habillés. Peace, brother.
- Ses points forts : Après un documentaire complet et réputé de trois heures (Woodstock, de Michael Wadleigh, 1970) sur le sujet, c’était un pari risqué de remettre le couvert. Pari réussi grâce à une farce relevée qui décide de miser sur l’intime sans montrer une seule guitare.
- Ses points faibles : Même si le film est agréable et fluide, Taking Woodstock est une comédie finalement assez traditionnelle dans son style, malgré ses moyens énormes et le phénomène historique. Un film à voir, sans doute pas à récompenser.
Un prophète : Après le brillant De battre mon coeur s’est arrêté, Jacques Audiard plonge dans l’enfer des prisons avec Malik, 19 ans. A peine un homme, Malik doit utiliser son intelligence pour créer ses réseaux et survivre. Tout ça « résumé » en 2h30, quand même. Dans Prison Break, ils mettaient moins de temps pour arriver à leurs fins.
Kinatay : Après les vampires de Thirst, encore un film de genre en compétition. Cette fois-ci, c’est un thriller de Brillante Mendoza, l’histoire d’une jeune étudiante recrutée par un gang de Manille. Deuxième compétition officielle en deux ans pour ce réalisateur qui présentait Serbis en 2008… Et repartait bredouille.
Les phrases
« Tu as donné du space cake à ma mère ? » - Demetri Martin, dans Taking Woodstock. Une des scènes les plus délirantes du film.
« Tu n’as pas fait la montée des marches. Mais tu fais quoi, alors, à Cannes ? » - des spectateurs, devant les marches.
Petit rappel historique : Cannes est avant tout un festival de cinéma, dont le but est de projeter des films qui n’ont jamais été montrés ailleurs que dans leur pays. La montée des marches est la « face visible de l’iceberg ». C’est ce qui fait sa renommée, ce qui fait parler des films aussi, mais c’est avant tout un symbole. Pour beaucoup, Cannes se résume plutôt au Marché du film (où les productions sont vendues à l’étranger), au petit-déjeuner des producteurs (rencontres entre producteurs), la Cinéfondation (découverte de jeunes réalisateurs brillants venus montrer leur premier travail), ou tout simplement de longues soirées au Martinez entre Penelope Cruz et Brad Pitt. Il en faut pour tout le monde. D’ailleurs, Brad et Penelope m’attendent.
Lu dans la presse
« On avait un camp d’entraînement hippies. On avait même ce qu’on appelle Le Petit Guide Hippie » - Ang Lee, dans The Hollywood Reporter.
Pour son film Taking Woodstock, il a ainsi réuni une documentation de masse pour fournir à ses milliers de figurants une base de travail afin qu’ils jouent les hippies sans que ça se résume à prendre des pilules et danser tout nu. Même si, à l’écran, c’est un peu ça quand même.
Et aussi
Présenté hors compétition, L’Epine dans le cœur de Michel Gondry était projeté dans une petite salle. Le problème des petites salles, c’est que quand les spectateurs la désertent, ça se voit vite. Et la salle pleine au générique du début était bien clairsemée à celui de la fin.
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