Hotel Woodstock : Ang Lee signe une comédie surprenante autour du festival
Comment montrer Woodstock sans faire rugir une rifle de guitare ? Comment filmer l’événement musical le plus important de tous les temps sans avoir besoin d’une actrice capable d’incarner Janis Joplin jeune ? Réponse, en filmant Woodstock, le off. Le pari d’Ang Lee, qui retrouve là quelques thèmes qui lui sont chers comme l’amour homosexuel naissant de son personnage principal, est donc de faire une comédie sur ce petit village paisible et ennuyeux qui devient, le temps d’un festival, le plus gros repaire de hippies au monde. Ca prend des pilules, ça court tout nu, ça s’habille « en pyjama » pour reprendre les mots de la mère acariâtre du héros, et ça offre à certains personnages l’occasion de se découvrir enfin.
« Tu as donné du space cake à ma mère ? »
Comédie typiquement américaine dans sa mise en forme (les cadres, son final, l’utilisation de la musique de Danny Elfman), Taking Woodstock n’ose pas une seule seconde révolutionner les codes du genre. De l’humour de situation (la mère qui court avec son balai pour faire fuir les nudistes de ses buissons, le père accompagné d’un travesti retraité de l’armée pour sécuriser les abords de la maison) et des répliques bien senties, la comédie fonctionne sur tous les plans. Son agréable casting, loin d’être révolutionnaire, ne gâche rien.
Si le film traitait de la Fête de l’Huma, on se dirait qu’il ne manque rien. Mais face à un événement d’une telle ampleur et un réalisateur d’un tel talent, j’avoue avoir espéré un peu plus qu’une « très bonne comédie ».
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