Dans les coulisses de la télé du Festival de Cannes
Sous le tapis rouge, ils sont 150 à s’activer, du matin au soir, pour TV Festival de Cannes, un événement éphémère qui naît avec la cérémonie d’ouverture et meurt moins de deux semaines plus tard. Diffusée sur le câble, le satellite, les hôtels cannois et bien sûr dans le Palais des Festivals (8 millions de téléspectateurs potentiels), elle est la première sur les lieux, la ligne de front, en haut des marches comme devant l’écran. La plupart viennent de Canal +, qui produit la télé avec Orange. Le budget ? C’est secret.[lirelasuite]
En bas des marches, les premiers à interviewer les stars... Ce sont eux.
Ca fait 5 mois environ qu’ils préparent leur semaine et demi de diffusion. Ils vont y montrer les montées des marches, évidemment, mais aussi les conférences de presse, des interviews, des présentations de films et même des shootings photos. « Notre seule obligation, explique Samantha Longoni, la responsable de la rédaction, c’est de couvrir un maximum de films, en leur donnant le plus de visibilité ». Un rêve pour les journalistes habitués aux formats cadrés qui peuvent ici laisser tourner leur caméra. « Si un sujet mérite 5 minutes, il aura 5 minutes ».
Parmi les journalistes qui partagent les locaux au sous-sol du Palais du Festival, quelques têtes connues, comme Pierre Zéni (rédacteur en chef des magazines de CinéCinéma), ou Didier Allouch (correspondant cinéma à Los Angeles de Canal +). « C’est important, ajoute Samantha Longoni, ça donne une crédibilité, et surtout ça créé du lien avec les spectateurs ». Les premiers à avoir le privilège, en haut comme en bas des marches, d’interviewer les stars au moment le plus crucial du festival. « On a une chance de folie, » reconnaît Didier Allouch qui explique que pour son premier festival, en 1986, il était là avec son petit badge qui ne lui donnait quasiment aucun droit, à mendier une projection ou une interview. « Aujourd’hui, j’interviewe les stars en bas des marches ! ». Au plus près de l’action, au plus près de l’émotion, donc.
« Johnny Hallyday était super stressé. Lars Von Trier tremblait »
Et sous leurs lunettes de soleil, les célébrités sont souvent plus frileuses qu’on ne le pense. « Johnny Hallyday était très impressionné, Lars Von Trier (pourtant un habitué) tremblait, même, pour sa montée des marches », précise le journaliste, rappelant aussi la bourde de Lio, venue pour la projection de Vengeance avec Johnny Hallyday et chantant aux journalistes "Gabrielle" (de Johnny) sur l’air de… Daniela (chanson coquine des années 60).
Le stress des stars qu’il faut gérer pour avoir le droit à un peu de moment de cinéma, un peu d’émotion. « C’est ça qui nous motive, comme l’explique Samantha Longoni. A TV Festival de Cannes, on n’est pas là pour faire de la critique. Je suis qui pour faire ça ? Notre idée, c’est avant tout de communiquer une curiosité, un amour du cinéma ».
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