J'ai tué ma mère : Un premier film très personnel et bouleversant
Avant 25 ans, à part quand on s'appelle Orson Welles, on ne produit pas vraiment de chef d'œuvre, mais plutôt un premier film, une « proposition » intéressante, à suivre. C'est le cas pour J'ai tué ma mère du jeune Xavier Dolan, un film à la fois esthétique, violent, désespéré et juste, à l'image du personnage principal, Hubert.
Ce à quoi on assiste est à la fois savoureux, drôle (des dialogues et des scènes d'une violence verbale assez grisante) et assez recherché au niveau de la réalisation ; tous les personnages sont cadrés à l'extrême droite ou gauche du cadre, jamais au centre. On en ressort forcément touché, si ce n'est bouleversé.
Un traitement des relations mère-fils fouillé et « stylé »
Si le thème de l'homosexualité vient se greffer sur la relation mère-fils, c'est avant tout de cette dernière dont il est question. La découverte de la relation qu'Hubert entretient avec Antonin par sa mère ne change pas grand-chose à l'état de leur relation. Le but n'est pas là.
Evidemment, Hubert ne déteste pas sa mère « gratuitement », il faut bien avouer que le personnage de Chantal (magnifiquement interprété par Anne Dorval) a tout pour agacer. Evidemment, haïr sa mère revient à l'aimer comme un fou et à tout faire pour se faire aimer à son tour. C'est cette confusion des sentiments et cette quête désespérée que Xavier Dolan réussit très bien à véhiculer, à renfort de scènes, de bandes son et d'images assez marquantes.
Notre jeune réalisateur a donc du goût. Ceci ne l'empêche pas de mettre en avant certains poncifs qui facilitent l'empathie : la mère de son copain, Antonin, est forcément « super » cool : elle enchaîne les jeunes apollons, fume des joints avec son fils, se réjouit de voir que « ça fait deux mois » que son fils sort avec Hubert... Les jeunes hommes qu'on peut admirer dans le film sont tous très « beaux-gosses », Hubert est un jeune gay « hype », face à une mère qui fait figure de caricature de bonne femme en leggings léopard et veste en sky...
Peu importe, on lui pardonne. Quand on y pense, ce n'est pas un hasard si J'ai tué ma mère était aux côtés des Beaux Gosses de Riad Sattouf à la Quinzaine des réalisateurs de cette année. Deux beaux portraits de l'adolescence à ne pas rater.
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