Usuales suspectes
M6 inaugure le concept de série de l'été au printemps avec Les Suspectes. Une femme fort belle trouve une soudaine passion à passer à travers la verrière d'un hôtel que celui-ci vient juste de rénover. C'est triste surtout quand on a vu la séance précédant ce grand plongeon dans le vide d'une existence que l'on aurait souhaité plus empreinte d'amour. Avant de tomber de haut sur un piano à queue, cela ne s'invente pas, la jeune demoiselle a pris le temps d'emporter avec elle quelques menues affaires. Un pantalon en cuir, un soutien-gorge noir sur une peau glabre et bronzée et « tiens une liste », pour paraphraser les propos du commissaire. Sur cette liste de courses, quatre noms. Quatre suspectes. D'où le titre de cette série que l'on qualifiera d'éponyme. Sauf, que le quatuor se transforme vite en trio puisque Véronique s'amuse au deltaplane sans deltaplane près d'une falaise. Patatras. Quel est donc le lien entre ces quatre jeunes femmes que rien ne connecte a priori. Voilà le début d'une enquête, bien réalisée et pour tout dire non dénuée d'humour. A l'enterrement, dans un cimetière bondé comme un oeuf avant son passage dans la poêle familiale un soir de crêpe party, trois drôles de dames s'approchent d'un cercueil. Avant de constater que celui-ci n'est pas le bon et de reprendre la couronne de fleurs fraîchement déposée.
Intrigante intrigue
Bref, l'enquête, on l'aura deviné, sur pourquoi cette femme a t-elle confondu la verrière avec l'ascenseur. Oui, pourquoi ? D'autant que la jeune femme que l'on aurait bien accompagné n'est pas morte. De son coma post-traumatique, on ne saura pas grand chose. Le mystère reste entier. Un égorgeur se balade tranquillement dans les rues de la ville, baguenaudant à l'envi sur sa Harley Davidson, n'ayant peur de personne, scrutant, observant, suivant même sa prochaine victime. Avec Ingrid Chauvin dans le rôle de Marina Devaux, que je connais bien pour avoir voté pour elle lors du concours de tee-shirt mouillé du camping des Mouettes de Carantec, sur la côte nord du Finistère, en 1991. Sauf que là, on est à Bordeaux. Claude Perkins, jouée par Karina Lombard qui parle cinq langues, difficile de refuser la conversation. Elodie Freck campe Juliette Valle. Enfin, au générique on retrouvera Stan, le futur commissaire en charge de cette affaire décidément bien étrange et plutôt féminine, un rôle sur mesure pour Saïd Taghmaoui, qui fût à l'affiche de La Haine. L'amour, toujours l'amour. A noter que M6 pratique le teasing sur son site Internet pour la série en proposant aux internautes de deviner le nom de l'assassine. A vous de jouer les Columbo.
+ Retrouvez-moi sur un blog peu suspect de suspicion : www.mikael-cabon.com
- Génial0
- Incroyable !0
- Prévisible0
- Déprimant0
- Rien à faire0
"L'ordre et la morale" et "MNP".
Voir toute l'actualité sur La Haine
