Valérie Durier : "On savait que ce serait difficile"
Depuis le 15 septembre, Valérie Durier a quitté la radio (où elle présentait les journaux d'Europe 1) pour présenter A la carte, un nouveau magazine de services diffusé chaque jour à 16h30 sur France 3. Sur Ozap, elle évoque le lancement de cette émission et assure que France 3 lui laisse le temps de s'installer.
Commençons par la question qui fâche. Votre émission connaît un démarrage difficile. Vous vous y attendiez ?
Ça ne fâche pas du tout (rires) ! En passant d’un programme jeunesse à un programme adulte, avait-on imaginé une seule seconde garder tous les téléspectateurs ? Non, on savait qu’on changeait de cible. En plus, on va chercher ces nouveaux téléspectateurs avec une émission nouvelle et une tête nouvelle. On sait qu’il faut du temps pour installer le projet. Depuis deux jours, on a fait nos meilleures audiences : on se dit que ça bouge, qu’il y a peut-être eu du bouche-à-oreille qui a fonctionné, que ceux qui arrivaient en fin d’émission arrivent plus tôt… Il se passe un truc et on espère que ça va durer !
Quels sont les objectifs fixés par la chaîne ?
On n’est pas pressés. La chaîne savait vers quoi elle s’engageait en mettant par terre un programme jeunesse pour y mettre un programme adulte. On savait que ce serait difficile au départ.
Vous êtes en contrat jusqu’en décembre ?
Je ne suis pas en contrat avec la chaîne mais avec Maximal, qui produit l’émission, et les termes de mon contrat ne sont peut-être pas forcément tout à fait les mêmes que ceux avec la chaîne.
Et votre producteur a un contrat toute la saison avec France 3 ?
Oui. De toute façon, c’est un programme auquel la chaîne tient en termes d’images, de cibles et ça va donc au-delà de l’audience. Quand on se lance dans une telle aventure, on est tous conscients qu’il faut du temps pour l’installer. En plus, on teste en fonction des sujets : on voit ce qui marche ou pas et on ne peut pas tirer de conclusions sur une semaine.
Sur le choix des sujets, vous restez sur de la consommation pure et dure ?
Ce n’est pas une émission conso ! C’est une émission vie quotidienne, pratique et de services. Quand on fait le sujet « Quel sport à quel âge ? », on n’est pas sur de la conso pure et dure. On s’en rapproche quand on parle des produits bancaires mais on peut aussi aller sur l’éducation, les loisirs. On est dans la vie quotidienne.
Est-ce qu’il y a des sujets que vous vous interdisez ? On sait que des sujets sont fédérateurs comme « la guerre des voisins » par exemple.
On ne s’interdit rien mis à part des thèmes qui ne nous ressembleraient pas du tout. On peut faire le voisinage mais on ne fera pas la guerre des voisins. On sera plus sur le pratique mais pas sur le conflit. On ne traite pas les sujets en état de crise. On ne s’interdit pas le conflit mais on ne vit pas sur les peurs ou les conflits, ce n’est pas notre point de départ. Dans un domaine, on s’intéresse aux règles pour y voir plus clair.
On parle beaucoup de la crise financière qui traverse France Télévisions et d’émissions qui ont peu de moyens. Est-ce votre cas ?
On n’a pas les moyens d’une grande chaîne privée. On n’a pas un budget exorbitant sur ce type d’émissions, on est obligés de calculer. Je pense que je n’ai pas le salaire d’une présentatrice d’une heure quotidienne sur une chaîne « paillettes » privée. A la différence, au bout d’une semaine sur une chaîne privée, on nous aurait dit que nos audiences n’étaient pas suffisantes.
Alors, quel est votre salaire Valérie Durier ?
Ça ne vous regarde pas. Venez la faire et vous verrez combien on vous paie !
L’annonce de la suppression de la publicité vous inquiète ?
Ça ne me regarde pas. J’ai une émission à faire, un contenu à travailler et je suis tout à fait pour le cloisonnement des rôles. Je ne vais pas aller me mêler de la façon dont est financée France Télévisions. Néanmoins, je ne pense pas que ce soit un danger. Le président de France Télévisions souhaite que « le compte soit bon » et il a un tempérament qui me fait penser qu’il va s’y tenir. De toute façon, il faut remplir les grilles. Renouveler la cible en journée peut aussi être intéressant en termes de publicité et les changements opérés en ce moment n’y sont pas forcément étrangers.
Vincent Meslet, le directeur des programmes de France 3, croit beaucoup en vous. Avez-vous d’ores et déjà d’autres projets sur France Télévisions ?
Non, chaque chose en son temps. Je ne vois pas où je pourrais caser un autre projet car on travaille du soir au matin sur l’émission. Je sais qu’ils me font confiance et il m’a dit qu’il ne s’était pas trompé quand il avait vu l’émission.
Aucun regret d’avoir quitté Europe 1 et arrêté la radio ?
Aucun, même si je continue à adorer le métier radio. Y revenir par la suite fait partie de mes projets mais pas maintenant, je n’en ai pas le temps.
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