La dernière des Monican
Après un premier film très musclé (Girlfight), Karyn Kusama revient avec une adaptation d'une série animée, Aeon Flux, un film de science-fiction seulement intéressant pour ses scènes d'action et ses belles images.
La science-fiction présente l'indiscutable avantage de pouvoir laisser libre cours aux imaginations fertiles. En 2415, les kits mains-libres auront considérablement été améliorés (oui, ils sont greffés dans notre cerveau), mais les armes les plus courantes restent nos bons vieux fusils avec des viseurs dignes des guerres du XXème siècle. Sinon, on peut se faire greffer des mains à la place des pieds et également transmettre des messages par verre d'eau, mais au contraire de l'aspirine cela donne mal à la tête. Peu pratique.
Mis à part ces extraordinaires trouvailles, les problèmes restent les mêmes : les hommes. Enfin les méchants bien entendu, ceux avides de pouvoir, prêt à toutes les manipulations machiavéliques pour parvenir à leurs fins. Rassurez-vous, ils restent toujours reconnaissables à leur faciès. Il y a donc bien des gueules de méchants.
Si le jeu politique reste manichéen et les sentiments humains moteurs de nos actions, comme vous le savez, il faut toujours qu'un proche du héros (de l'héroïne dans ce cas) meurt au début du film. Ici ce sera la sœur d'Aeon Flux. Il faut savoir se sacrifier au nom du septième art. Charlize Theron en sait quelque chose. L'actrice sud-africaine s'est blessé au coup durant une scène éprouvante physiquement. Du coup, elle a demandé à être exemptée de toute cascade. Dommage, car les scènes d'action sont enlevées, et c'est ce qu'il y a de plus intéressant dans ce long-métrage. Tout le mérite ne lui en revient donc pas.
Histoire approximative
Passé des dialogues d'une qualité proche d'une série MTV, dont Aeon Flux est l'adaptation, on s'intéresse à la psychologie des personnages. Enfin, on aurait aimé plutôt car ils sont asseptisés comme tout ce qui les entoure. Concernant les acteurs, seule Charlize Theron en super woman sexy tire son épingle du jeu, comme elle retire les balles du corps de son compagnon d'infortune. Accordons une mention assez bien à Marton Csokas.
Si les images ont été particulièrement soignées, l'histoire est elle très approximative et un peu confuse. Karyn Kusama semble vouloir faire passer un message, malheureusement il reste obscure. La science-fiction permet de faire passer bien des idées, encore faut-il qu'elles soient compréhensibles. Quant à la fin, il faut le voir pour le croire… Non n'y allez pas, je peux vous le dire : elle est déroutante et gâche le peu de réflexion intéressante apportée par le film.